Salut
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Comme promis à la fin de mon dernier article sur mon séjour à Bali en février, voici un retour sur la dernière expédition de l’Himalayan Canyon Team (que j’administre avec Rodolphe, du bureau), qui vient juste de se terminer, dans le massif du Daulagiri (8167m), au Népal. Ce cru 2012 est la 8ème expédition organisée et menée dans l’Himalaya népalais par notre asso depuis 2004 et elle a duré tout le mois de mars. Après le massif des Annapurnas (en 2004, 2005, 2007 et 2011) et celui du Manasalu (2010), le Daulagiri est le troisième massif culminant a plus de 8000 d’altitude dont nous explorons des canyon. Et autant le dire tout de suite, il a tenu ses promesses!
L’objectif cette année consistait à aller ouvrir au moins 3 canyons repérés en novembre dernier par des membres de l’équipe lors d’un repérage. Il s’agissait également de faire le point avec les autorités népalaises sur les retombées des 2 évènements internationaux mis en place l’année dernière sur le tour des Annapurnas par la Nepal Canyoning Association (fédé locale de canyon) et l’Himalayan Canyon Team : l’expédition « Chamje Khola : ouverture du plus gros canyon du monde » et le 10ème Rassemblement International Canyon.
Sur ce point, nous avons été rassurés : ces deux projets ont largement contribués à l’identification de l’activité par les népalais, grâce notamment aux très nombreux articles de presse et reportages télé diffusés dans le pays après leur réalisation. Jusqu’alors nous ne rencontrions que des regards intrigués ou interrogateurs lorsque nous disions que nous faisions du canyoning, les népalais (comme beaucoup de français et d’occidentaux en fait) confondant notre sport avec le rafting ou le kayak. Nous avons constaté une très nette différence cette année, beaucoup de locaux nous disant avoir vu des images de canyon à la télé ou lu des articles. Positif donc
. Et puis la NCA nous a appris qu’elle préparait l’organisation du premier Rassemblement Natioanl de Canyon, prévu pour mi-mai… L’odyssée suis son cours…
Coté exploration, le contexte a été un peu particulier cette année car l’équipe, bien que composée de canyoneurs
connaissant bien, voir très bien le Népal (mais n’ayant quasiment jamais pratiqué sur place), était totalement inédite et inexpérimentée en terme d’ouverture. En fait, j’étais le seul membre « historique » de la HCT et nous étions seulement 2 à avoir déjà participé à des explorations. La première partie de l’expédition à donc consisté à former l’équipe aux techniques d’ouverture : équipement sur relais dyneema, répartition des rôles de chaque équipier et fonctionnement de l’équipe en canyon, optimisation de l’organisation et de la logistique, rigueur et fiabilité de chacun afin d’assurer un rendement maximum sur le terrain… tout un programme de formation en fait…
L’équipe, 8 canyoneurs + 3 accompagnateurs, dont Minouche, doyenne de l’équipe, mon pote Julien, professionnel du canyon sur l’ile de la Réunion et mon père, Gilles (soient 11 personnes en tout), s’est donc rendue sur le secteur de la Marsyangdi, sur le tour des Annapurnas, où a eu lieu l’année dernière le 10ème Rassemblement International Canyon. Nous y avons répété Sansapu, Raindu et Babou Khola, le temps de se familiariser avec les spécificités des canyons népalais, très verticaux, ainsi qu’avec l’ambiance en montagne dans l’Himalaya. Ce temps d’adaptation et d’échauffement sur un secteur déjà équipé s’est avéré être important et plus que nécessaire afin de souder l’équipe et de caler tous les équipiers sur les techniques employées en ouverture. Nous sommes restés 5 jours sur place.
Direction ensuite Pokara, a 6h de bus, où nous avons préparé la logistique pour la session d’ouverture, engagé des porteurs et rechargé un peu les batteries. Le lendemain, départ en bus pour Béni (8 canyoneurs + 5 porteurs), puis en jeep pour Darbang, bout de la piste et début du trek sauvage du tour du Daulagiri. Histoire de vous donner une idée, nous avons mis 8 heures pour faire 150 km… De Darbang, 1 journée et demi de marche pour rejoindre Boghara (4 maisons et 20 habitants), notre camp de base, au pied du Manapathi, crête du Daulagiri culminant a 6390m d’altitude.
Le trek du Daulagiri est technique et engagé et il est très peu fréquenté. Pas d’électricité donc, un confort minimum – mais suffisant : eau froide pour se laver et paillasse en guise de matelas – et des locaux toujours aussi souriants, accueillants, curieux et bienveillants. Ce pays est aussi remarquable pour ces paysages somptueux que pour ces habitants. Un vrai séjour hors du temps…
De Boghara nous avons ouvert Khamo et Jeltung Khola cumulant chacun 300 m de dénivelé et présentant de très beaux enchainements de cascade, même si le débit dans Jeltung était un peu bas. Nous avions également prévu d’ouvrir Amarke Khola, un beau bébé de 400m de dénivelé prenant sa source sur les contreforts du Manapathi. Engagés et techniques, ses amonts sont visibles depuis le chemin du trek, en l’occurrence une énorme cascade distante de 1 ou 2 km à vol d’oiseau se formant juste en dessous d’un glacier bien visible, à 5000m d’altitude. Température de l’eau : 6°… Un canyon engagé et encaissé, une eau glaciale, une orientation plein ouest (ce qui veut dire peu de soleil) et un enchainement de cascades visiblement technique et aérien… L’équipe manquait d’expérience pour se lancer dans l’ouverture de ce canyon. Pas là pour se mettre také comme on dit dans le milieu… Nous avons donc suivi la voix de la raison et sommes redescendus vers le bas de la vallée pour ouvrir Chaari Khola, aux dimensions plus modestes (250m de dénivelé) mais très esthétique.



Nous sommes ensuite rentrés à Pokara, puis a Katmandou, en 3 jours. Retour à la « civilisation »…En tout, nous avons passé 17 jours en montagne, cohabitant à 14 dans un confort spartiate mais au milieu de décors à couper le souffle. Nous projetions d’ouvrir 3 canyons et 900m de dénivelés : à 50m près, la mission est remplie ! Le secteur est magnifique, très sauvage et prometteur car nous avons repéré au moins 3 autres courses à ouvrir, de dimension modeste, excepté Amarke Khola. Après cette première expérience, l’équipe est désormais prête à s’attaquer à cette course technique, surement l’année prochaine…

Encore une expérience humaine et sportive d’une rare intensité donc, immergé au cœur des montagnes népalaises au milieu de somptueux paysages et entourés de gens d’une rare gentillesse. Que du bonheur donc !
Si vous en avez l’occasion, allez au Népal, vous en reviendrez transformé ! Comme nous !
Allez, prenez soin de vous et à bientôt pour de nouvelles aventures arrosées !
Merci a nos sponsors, Béal, Aventure Verticale et vade Retro et à la fédération française de spéléologie
Yann
Pour plus d’infos, le blog de l’Himalayan Canyon Team, c’est par la.