avr 12 2012

Pâques autour d’En Beys

L’année dernière, j’avais convaincu Julien d’ouvrir une dizaine de jours le refuge d’En Beys. Le faible niveau d’enneigement nous avait permis de mettre en route le refuge sans trop de difficulté : électricité et eau…

 

Cette année, c’est avec un groupe de six Flamandes que je suis remonté pour Pâques à En Beys. Julien, Sylvain et l’ami Manu nous précédaient pour ouvrir le refuge après ces 5 mois d’hibernation. Et les conditions de neige étaient tout autre : encore un bon mètre cinquante autour du refuge… et pas d’alimentation en eau. Et l’eau, c’est important ! Boire, laver la vaisselle, le sol, faire cuire du riz ou des pâtes, tirer la chasse d’eau : des pratiques courantes dans nos pays riches. En allant remplir les bidons de 30 litres au lac, je me remémorais mes cours de géographie intitulés « pays en voie de développement ». La problématique de l’eau reste l’une des principales difficultés pour plus de la moitié de nos concitoyens vivant sur Terre… Se remettre dans ce contexte aide à soulever ses pieds qui s’enfoncent sans crier gare dans la neige molle de la fin d’après-midi.

 

« Mes » Flamandes, en tout cas, apprécièrent pendant ce temps les bords du lac, lézardant dans cette ambiance de rêve : neige, soleil sans vent… L’après-midi passa tranquillement entre papotage et sieste, ponctué par les prouesses d’un Manu fier d’être monté en ski et peignant de godilles l’entourage du refuge.

Julien, en cuisine, s’activait au repas du soir, démarré comme dans n’importe quel restaurant 5 étoiles par un apéritif accompagnant un foie-gras délicieux.

Le soir, apprentissage au coin du feu des règles de la belote, jeu inconnu dans le Nord de la Belgique. Rires et partage de refuge.

Le lendemain, la montagne nous gratifiait d’un autre visage, faisant cavaler les nuages et la neige dans des tourbillons de lumière. J’en profitais pour réaliser un nouvel itinéraire en raquettes entre vallée de la Grande Porteille et Couillade d’En Beys.

 

Un repas une fois de plus fameux (de la salade au refuge !) plus tard, nous descendions d’abord sous l’orage puis dans une lumière presque divine vers le parking, abandonnant marmottes et isards à leurs jeux printaniers…

 

Stéphane

 


avr 8 2012

Despertaferro Paroi d’Aragon Montrebei 570m Abo- 7a/A1 ou 7b+ ?

Charles est un des jeunes que j’encadre au sein de l’équipe jeunes alpinistes de la FFME.

Depuis quelques semaines, il avait pas mal de temps libre et ayant pour ma part bien envie de retrouver la forme en escalade, nous avons pas mal grimpé en falaise ensemble.

Comme nous commençons à être affutés et à bien nous connaître, je lui propose de passer à la vitesse supérieure en allant en paroi d’Aragon à Montrebei. La période est idéale, il ne fait pas encore trop chaud et les jours commencent à rallonger.

Après hésitation, je lui propose d’aller faire Despertaferro. Cette  voie récente ouverte par le prolifique Albert Salvado accompagné de Joan Maria Esquirol passe à l’endroit le plus élégant de la paroi sur un  pilier déversant. Cette voie hallucinante a aussi la particularité d’avoir été volontairement très peu équipée dans les longueurs, avec obligation de pitonner en libre avec des difficultés jusqu’à 7a obligatoire et seulement 2 répétitions…

Après 2 H d’une approche un peu pénible, nous arrivons au pied de la voie dans le brouillard avec un vent de fou qui souffle dans la gorge…

Nous attaquons par les 3 premières longueurs de la « CADE ». J’ai l’onglée et je grimpe en doudoune … Vive le printemps !

Notre voie quitte cette grande classique et attaque directement dans une longueur de 6c+ impressionnante dans un dièdre qui vient buter sous un toit. Pas facile à protéger et un peu « à froid », cette longueur va me mettre dans le bain…

Charles enchaîne par une longueur de traversée en 6c où il doit pitonner à 4 reprises tellement le rocher est compact et ne se prête pas à la pose de friends et coinceurs.

Nous arrivons au pied de la longueur une diagonale déversante dans un rocher rouge cotée 7a+. Les premiers mètres en rocher douteux sont protégés par quelques spits avec un pas vraiment pas facile sur une micro réglette que je n’arrive pas à serrer… Je dois redescendre à 2 reprises sur une bonne prises en dessous pour me refaire et mieux étudier mes placements. Je ne voudrais pas tomber là et après quelques hurlements, je parviens à me rétablir dans une conque. Reste 30 m tout en continuité, le soleil est revenu et j’arrive au relais bien desséché…

Nous sommes au niveau de la vire de bivouac, mais histoire de gagner un peu de temps sur la journée de demain, Charles part dans la longueur au dessus, 6c+ expo au dessus d’une virette. Calme et sérénité sont de mise et il rejoint assez vite le relais commun à une autre voie « existancialisme ». En un rappel un peu compliqué avec un pendule sur la gauche, nous nous posons sur la vire 4 étoiles où nous allons bivouaquer. Pour une fois, ce n’est pas un lieu inconfortable, où on arrive à l’arrache, de nuit…

Nous prenons donc le temps de siroter une bière en profitant du magnifique coucher de soleil qui embrase la paroi de Catalogne.

Après une nuit réparatrice, nous remontons ( en moul’ s’il vous plait) au relais atteint la veille. Charles gravis rapidement la petite longueur en 6b qui fait suite et nous nous retrouvons au pied des principales difficultés, sur le fil du pilier.

Le début de cette 9 ème longueur annoncée potentiellement à 7b+ commence gentiment avec une fissure facilement protégeable. Ca va pas durer tout ça…

La ligne d’ascension semble aller un peu sur la gauche, mais j’ai un doute…Dans ce type d’escalade engagée, le plus stressant est de ne pas aller se mettre dans une impasse, où il serait impossible de se protéger ou de grimper.

Après quelques mouvements vibratoires, pieds à plats, protégés par quelques petits friends posés à la hâte, je parviens à accéder à une zone moins raide où je peux faire un peu retomber la pression et mettre 2 bonnes protections. La suite est déroutante sur une dalle grise ultra compacte… Le topo parle d’un piton en place mais je ne vois rien sur les 10 mètres qui me séparent du relais… Je traverse légèrement à gauche et je me rétablis sur ce rocher magnifique. La section n’est pas tout à fait verticale et j’arrive en équilibre à planter un bon universel qui me permet de faire quelques mètres très techniques sur de micro écailles typiques de ce rocher verdonnesque… Il ne me reste que quelques mètres pour atteindre une zone plus prisue et rejoindre le relais mais j’aimerais me protéger avant de sortir. J’essaye à 2 reprises de pitonner mais ces petites prises à arquer me font gonfler sévèrement les avants bras. Ne trouvant pas de solution et ne pouvant plus faire marche arrière, je finis par me poser sur un crochet… Je me rends compte assez vite que le seul emplacement pour une protection possible était en fait dans la prise que je tenais main gauche… Un peu dégouté, je place un petit coinceur et après encore quelques mouvements durs, j’atteins le relais. Dommage, il s’en est fallu de peu pour que cette longueur fasse tout en libre…

Deux BASE jumpers viennent de nous frôler en criant… Notre voie est vraiment dans leur ligne de chute et c’est vraiment hallucinant de les voir passer aussi près !

La longueur d’après est pour Charles et honnêtement, j’en suis bien content ! Un mur gris vertical rayé de strates qui nous le savons tout les 2 n’offrira que de pauvres protections… Heureusement, il excelle dans cette escalade technique et comme prévu doit se lâcher au dessus de mauvais friends placés dans ces strates bouchées…

Arrivée à R10, il nous reste encore une longueur dure. Le soleil nous cogne déjà dessus depuis quelques heures et nous commençons à avoir quelques longueurs dans les bras…

Mon élan libérateur dans cette onzième longueur est stoppé quelques mètres au dessus du relais… Impossible de se protéger en  « clean » et obligation de pitonner… Vu que c’est raté pour le libre, j’opte pour l’efficacité. J’utilise à plusieurs reprises mes crochets pour me poser et pitonner en grimpant en mi libre – mi artif en plaçant les 9 pitons que nous avions amenés ! Les dernières longueurs bien que nettement plus faciles n’en demeurent pas moins magnifiques sur un rocher de toute beauté.

Nous sortons vraiment enchantés de cette voie incroyable à l’ambiance unique. Même si nous n’avons pas tout libéré, nous avons le sentiment d’avoir donné notre maximum dans des longueurs d’une qualité exceptionnelle.

Le lendemain matin, histoire de finir en beauté (et parce que c’est toujours ainsi quand je viens à Montrebei), je reviens à la sortie de notre voie, et parachute sur le dos parcoure moi aussi en sens inverse (et en 9s !!!) la voie que nous avons mis 2 jours à gravir.

Voir une petite vidéo réalisée par Charles sur http://vimeo.com/39653493

Romain Wagner

 

 

 

 

 

 


avr 7 2012

Edition 2012 du Festival du film d’aventure Explos : du 16 au 20 mai, Ax les Thermes

Salut

La 5ème édition du festival du film d’aventure Explos se tiendra cette année du 16 au 20 mai, au palais des congrès de Ax-les-Thermes, en Ariège.

En quelques années ce festival s’est imposé comme étant un rendez-vous incontournable des amoureux des sports de plein air et de cinéma dans les Pyrénées, offrant à un public toujours plus nombreux une occasion rare de pouvoir visionner sur grand écran les dernières productions cinématographiques issues du monde des expéditions et des sports extrêmes. Et la possibilité de rencontrer en chair et en os les plus fameux acteurs de ce milieu : réalisateurs, photographes et sportifs de renommée internationale, responsables d’expéditions et de projets, scientifiques…

Le festival Explos se veut également être un lieu de rencontre et d’échange à travers des conférences (cette année « les sommets de plus de 8000m », par Claude Labatut et « La plongée en spéléologie » par Franck Vasseur), des séances spéciales pour les scolaires, un concourt vidéo amateur, une expos photos, des concerts et autres animations… l’objectif premier étant de permettre au grand public de découvrir et/ou d’apprécier l’infinie richesse et diversité des sports de plein air à travers des films d’exception et leurs représentants les plus emblématiques, selon le principe qu’il en faut parfois « peu » pour créer des vocations…

 

Et l’équipe du festival sait de quoi elle parle!  Phil Bence, l’organisateur de l’évènement, est lui même un spéléologue d’exploration de renommée mondiale, cumulant plusieurs centaines de kilomètres de « première » souterraine. Il est secondé dans son effort par toute l’équipe du Bureau des Guides d’Ariège, qui comporte également en son sein quelques aventuriers bien actifs dans leur spécialités…

 

Cette année encore l’équipe du festival nous a concocté un programme au petits oignons qui permettra à tout un chacun d’apprécier le très large éventail de disciplines pratiquées dans les milieux naturels. Ajouter à cela un film du National Geographic sur la découverte de la plus grande galerie souterraine du monde (au Vietnam) et une production Canal+ sur une expédition de naturalistes dans le massif du Makay à Madagascar et vous aurez l’assurance de voyager à travers le monde directement depuis l’Ariège et Ax-les-Thermes! Vous en doutez? Jetez un coup d’œil au programme, par ici.

Les films présentés (dont certains le seront en avants premières!) vous emmèneront entre autres au Népal (canyon), en Chine, au Maroc et a Cuba (escalade), en Inde (alpinisme), dans le Verdon (slickline), dans le Vercors, au Vietnam  et en Espagne (spéléo), à Madagascar… Avec des invités aussi prestigieux qu’Arnaud Petit, Nina Caprez, Evram Wendenbaum, Christophe Dumaret, Laurent Triay, Mike Fuselier, Serge Caillaut…

A noter que l’Ariège sera représentée au sein de cette brochette d’explorateurs internationaux, en la personne de Rodolphe Sturm et Yann Ozoux, membres du Bureau des Guides d’Ariège et administrateurs de l’association ariègeoise Himalayan Canyon Team, organisatrice l’année dernière de l’expédition « Chamje Khola : ouverture du plus gros canyon du monde », dans l’Himalaya népalais. Le film de l’expédition, réalisé par Laurent Triay, sera présenté dans sa version longue la soirée du vendedi 18.

Par ailleurs, un repas gastronomique aura lieu samedi soir dans la grande salle du palais des congrès. Au menu, spécialités ariégeoises, vin bio et convivialité, suivi par 2 concerts pour faciliter la digestion et se décrasser les oreilles : Elisa Do Brazil, DJ drums n’ bass et Dancer In Red, la relève du rock toulousain.

Voilà vous savez tout, ou presque. Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site du festival, par là.

Au passage, le succès de la formule et le plébiscite du public lors des éditions précédentes (entre 200 et 250 pers par soirée) m’incite à vous conseiller vivement de réserver vos places!

Au 16 mai donc, venez nombreux!

D’ici la portez vous bien!

Yann


avr 5 2012

Expédition Canyon au Nepal 2012 « objectif Daulagiri », une réussite!

canyon ariegeSalut

(cliquez sur une photo pour lancer un diaporama)

Comme promis à la fin de mon dernier article sur mon séjour à Bali en février, voici un retour sur la dernière expédition de l’Himalayan Canyon Team (que j’administre avec Rodolphe, du bureau), qui vient juste de se terminer, dans le massif du Daulagiri (8167m), au Népal. Ce cru 2012 est la 8ème expédition organisée et menée dans l’Himalaya népalais par notre asso depuis 2004 et elle a duré tout le mois de mars. Après le massif des Annapurnas (en 2004, 2005, 2007 et 2011) et celui du Manasalu (2010), le Daulagiri est le troisième massif culminant a plus de 8000 d’altitude dont nous explorons des canyon. Et autant le dire tout de suite, il a tenu ses promesses!

L’objectif cette année consistait à aller ouvrir au moins 3 canyons repérés en novembre dernier par des membres de l’équipe lors d’un repérage. Il s’agissait également de faire le point avec les autorités népalaises sur les retombées des 2 évènements internationaux mis en place l’année dernière sur le tour des Annapurnas par la Nepal Canyoning Association (fédé locale de canyon) et l’Himalayan Canyon Team : l’expédition « Chamje Khola : ouverture du plus gros canyon du monde » et le 10ème Rassemblement International Canyon.

Sur ce point, nous avons été rassurés : ces deux projets ont largement contribués à l’identification de l’activité par les népalais, grâce notamment aux très nombreux articles de presse et reportages télé diffusés dans le pays après leur réalisation. Jusqu’alors nous ne rencontrions que des regards intrigués ou interrogateurs lorsque nous disions que nous faisions du canyoning, les népalais (comme beaucoup de français et d’occidentaux en fait) confondant notre sport avec le rafting ou le kayak. Nous avons constaté une très nette différence cette année, beaucoup de locaux nous disant avoir vu des images de canyon à la télé ou lu des articles. Positif donc :-D . Et puis la NCA  nous a appris qu’elle préparait l’organisation du premier Rassemblement Natioanl de Canyon, prévu pour mi-mai… L’odyssée suis son cours…

 

Coté exploration, le contexte a été un peu particulier cette année car l’équipe, bien que composée de canyoneurs connaissant bien, voir très bien le Népal (mais n’ayant quasiment jamais pratiqué sur place), était totalement inédite et inexpérimentée en terme d’ouverture. En fait, j’étais le seul membre « historique » de la HCT et nous étions seulement 2 à avoir déjà participé à des explorations. La première partie de l’expédition à donc consisté à former l’équipe aux techniques d’ouverture : équipement sur relais dyneema, répartition des rôles de chaque équipier et fonctionnement de l’équipe en canyon, optimisation de l’organisation et de la logistique, rigueur et fiabilité de chacun afin d’assurer un rendement maximum sur le terrain… tout un programme de formation en fait…

L’équipe, 8 canyoneurs + 3 accompagnateurs, dont Minouche, doyenne de l’équipe, mon pote Julien, professionnel du canyon sur l’ile de la Réunion et mon père, Gilles (soient 11 personnes en tout), s’est donc rendue sur le secteur de la Marsyangdi, sur le tour des Annapurnas, où a eu lieu l’année dernière le 10ème Rassemblement International Canyon. Nous y avons répété Sansapu, Raindu et Babou Khola, le temps de se familiariser avec les spécificités des canyons népalais, très verticaux, ainsi qu’avec l’ambiance en montagne dans l’Himalaya. Ce temps d’adaptation et d’échauffement sur un secteur déjà équipé s’est avéré être important et plus que nécessaire afin de souder l’équipe et de caler tous les équipiers sur les techniques employées en ouverture. Nous sommes restés 5 jours sur place.

Direction ensuite Pokara, a 6h de bus, où nous avons préparé la logistique pour la session d’ouverture, engagé des porteurs et rechargé un peu les batteries. Le lendemain, départ en bus  pour Béni (8 canyoneurs + 5 porteurs), puis en jeep pour Darbang, bout de la piste et début du trek sauvage du tour du Daulagiri. Histoire de vous donner une idée, nous avons mis 8 heures pour faire 150 km… De Darbang, 1 journée et demi de marche pour rejoindre Boghara (4 maisons et 20 habitants), notre camp de base, au pied du Manapathi, crête du Daulagiri culminant a 6390m d’altitude.

Le trek du Daulagiri est technique et engagé et il est très peu fréquenté. Pas d’électricité donc, un confort minimum – mais suffisant : eau froide pour se laver et paillasse en guise de matelas – et des locaux toujours aussi souriants, accueillants, curieux et bienveillants. Ce pays est aussi remarquable pour ces paysages somptueux que pour ces habitants. Un vrai séjour hors du temps…

De Boghara nous avons ouvert Khamo et Jeltung Khola cumulant chacun 300 m de dénivelé et présentant de très beaux enchainements de cascade, même si le débit dans Jeltung était un peu bas. Nous avions également prévu d’ouvrir Amarke Khola, un beau bébé de 400m de dénivelé prenant sa source sur les contreforts du Manapathi. Engagés et techniques, ses amonts sont visibles depuis le chemin du trek, en l’occurrence une énorme cascade distante de 1 ou 2 km à vol d’oiseau se formant juste en dessous d’un glacier bien visible, à 5000m d’altitude. Température de l’eau : 6°… Un canyon engagé et encaissé, une eau glaciale, une orientation plein ouest (ce qui veut dire peu de soleil) et un enchainement de cascades visiblement technique et aérien… L’équipe manquait d’expérience pour se lancer dans l’ouverture de ce canyon. Pas là pour se mettre také comme on dit dans le milieu… Nous avons donc suivi la voix de la raison et sommes redescendus vers le bas de la vallée pour ouvrir Chaari Khola, aux dimensions plus modestes (250m de dénivelé) mais très esthétique.

canyon ariege

Nous sommes ensuite rentrés à Pokara, puis a Katmandou, en 3 jours. Retour à la « civilisation »…En tout, nous avons passé 17 jours en montagne, cohabitant à 14 dans un confort spartiate mais au milieu de décors à couper le souffle. Nous projetions d’ouvrir 3 canyons et 900m de dénivelés : à 50m près, la mission est remplie ! Le secteur est magnifique, très sauvage et prometteur car nous avons repéré au moins 3 autres courses à ouvrir, de dimension modeste, excepté Amarke Khola. Après cette première expérience, l’équipe est désormais prête à s’attaquer à cette course technique, surement l’année prochaine…

Encore une expérience humaine et sportive d’une rare intensité donc, immergé au cœur des montagnes népalaises au milieu de somptueux paysages  et entourés de gens d’une rare gentillesse. Que du bonheur donc !

Si vous en avez l’occasion, allez au Népal, vous en reviendrez transformé ! Comme nous !

Allez, prenez soin de vous et à bientôt pour de nouvelles aventures arrosées !

Merci a nos sponsors, Béal, Aventure Verticale et vade Retro et à la fédération française de spéléologie

Yann

Pour plus d’infos, le blog de l’Himalayan Canyon Team, c’est par la.

 


mar 18 2012

Traversée Puymorens Orlu

Durant tout l’hiver j’ai encadré des sorties raquettes sur les massifs ariégeois. L’été je change de métier pour accueillir avec Julien, mon collègue,  les randonneurs au refuge d’En Beys dans la réserve d’Orlu. L’ouverture du refuge se rapprochant à grand pas il était temps d’aller lui rendre visite pour voir si les grands froids de ce mois de février n’avaient pas fait trop de dégâts…

Nous en avons profité avec Julien et Stéphane pour réaliser une belle traversé en ski de randonnée entre le col de Porté Puymorens et la vallée d’Orlu. Nous sommes partis tôt du col, en passant par la Coume d’en Garcie, en espérant que la neige ne ramollisse pas trop vite avec les températures estivales des derniers jours.

La descente en direction du refuge des Bessines  s’est déroulé d’abord sur de la neige gelé puis poudreuse dans la forêt exposée bien au nord mais devant traverser en direction des étangs Moulsut nous n’en n’avons pas trop profité…

Nous avons remonté ces merveilleux vallons de Moulsut en projetant avec Stéphane, également accompagnateur du bureau des guides, de futures randonnées en raquettes dans le secteur. Le passage de la Portella du Lanoux se fait sans encombre et le paysage s’ouvre sur le grand étang du Lanoux avec en fond le Pic Carlit.

Ensuite nous effectuons une grande traversée jusqu’à la grande Porteille d’Orlu. La descente sur l’étang d’En Beys est très agréable en neige transformée juste ce qu’il faut tant que l’on évite les versants est. La traversée du lac en skating est toujours un moment particulier pour nous qui avons l’habitude du paysage sans neige…

On passe au refuge faire une petite visite. A priori pas de gros souci, l’accumulation de neige autour du refuge a du servir d’isolant.

La suite de la descente devient plus variée avec de très bons passages au début puis de la neige très lourde, du slalom entre les arbres et les cailloux puis plus de neige du tout…

On a tout de même pu avec quelques courts portages arriver jusqu’au pont du Bisp en ski.

Sylvain

 


mar 8 2012

Alpinisme hivernal au Pic du midi d’Ossau

Ce WE, j’ai retrouvé les jeunes de l’équipe espoir FFME des Pyrénées. L’intitulé de ce stage est « alpinisme hivernal »… Mais c’est la canicule, les cascades sont en déliquescence et la sécheresse de cet automne n’a pas vraiment permis aux grandes classiques du massif d’être en condition… Il va falloir que je me creuse la tête…

J’ai alors une idée saugrenue… Pourquoi ne pas aller faire une hivernale sur une voie plutôt parcourue l’été avec toutes les problématiques et l’adaptation que cela demande…

J’opte alors pour l’emblématique Pic du midi d’Ossau et sa face Nord. La voie Ravier-De Bellefon a une réputation austère et sauvage et je ne l’ai encore jamais faite… Bingo !

Haute de 650 m, cotée ED- , c’est la numéro 99 des cent plus belles des Pyrénées… Ca promet pour une grosse journée…

Levé 4h et après 2h de marche d’approche, la face N apparait… première réaction de Charles et Joseph : « Putain, c’est haut !!! »

Et dès la première longueur, le ton est donné…Une cheminée englacée surmontée d’un bouchon de neige me donne déjà du fil à retordre… Les 4 longueurs suivantes sont du même acabit… Du mixte malcommode et pas facile à protéger.

Quand nous arrivons à la vire médiane, la journée est déjà bien avancée… Tout le haut de la face est orienté NW et prend le soleil. Changement d’ambiance, le rocher est sec et nous enfilons les chaussons. Quelques longueurs plus « classiques » donnent accès au bastion final. J’ai déjà pas mal donné dans le mixte du bas et les jeunes me relaient.

Après quelques moments de bravoure de la part de mes deux acolytes, Charles en finit avec le dièdre en 6a+.

Il est 19h30 la nuit arrive, et nous sommes à R10… Pas trop rassurés à la lecture du topo et des difficultés à venir, mes compagnons me proposent de repasser en tête.

Je prends la meilleure frontale des trois (qui n’éclaire pas trop…) et c’est parti pour de longues heures d’errance nocturne… Les fissures de sorties sont verglacées et je me retrouve à artifer copieusement alors que mes seconds patinent en chaussons…

Après 18 h d’ascension, nous touchons enfin le somment. Une première expérience pour Charles et Joseph qui gouttent aux joies d’une voie ambitieuse de longue haleine… Leurs regards hagards et leurs sourires alors que nous finissons nos derniers vivre avant d’attaquer la descente me donne à penser qu’ils recommenceront….

Romain Wagner


mar 8 2012

Une journée avec le Stade Toulousain…

Le rugby fait partie intégrante de notre culture « sud ouest » et le Stade Toulousain représente pour nous l’équivalent de l’Olympique de Marseille pour les amoureux du ballon rond… le palmarès en plus !

Aussi, c’est avec une certaine fierté que nous avons répondu à la demande des responsables de ce club trois fois champions d’Europe pour l ‘encadrement en raquettes à neige de ces beaux « bébés » (la plupart dépassant allègrement les 100 kg). Objectif pour le groupe : oxygénation et cohésion.

La question de la correspondance taille des pieds/taille des raquettes réglée, nous avons fait appel à Laurent Bocquet de la « Boutique de la Ferme » à Ax pour nous fournir un pique-nique champêtre gargantuesque. Nous étions prêts pour la « confrontation » ! Direction le Chioula pour une journée hors norme : faire la trace pour ces athlètes de haut niveau et partager quelques moments de convivialité furent aussi important pour eux dans leur préparation que pour nous pour changer le quotidien de la haute saison hivernale.

Tous ces gaillards, courtois et cabotins, gros comme 3/4, participèrent avec entrain … pour certains surtout à l’heure du pique-nique !

Au final, une journée réussie sous un soleil radieux et une température clémente ; des clients du Chioula éberlués et heureux de pouvoir côtoyer leurs idoles ; des joueurs convaincus de la beauté de la montagne pratiquée en raquettes à neige et de l’exercice physique réalisé ; et aucun blessé !

Et si les futures phases finales en Top 14 et en H Cup devaient permettre au Stade Toulousain de réaliser un doublé historique, nous pourrions en toute modestie mais avec fierté nous sentir associés à cette réussite… Et accepter le défi des joueurs du S.T. : réaliser une séance de plaquage avec eux lors d’un entrainement à Ernest Wallon…

Stéphane


mar 7 2012

Expédition en Papouasie: de retour au camp de base!

Des spéléologues ariégeois, dont Phil Bence, moniteur spéléo du Bureau des guides d’Ariège, se trouvent en ce moment même en Papouasie-Nouvelle Guinée, dans le cadre de l’expédition nationale de la Fédération Française de Spéléologie.

«1er mars 2012: de retour au camp de base!

Nous voici de retour après 4 jours en camp avancé à plus de 7 kilomètres de notre camps de base.

Depuis mardi dernier, les explorations continuent et vont bon train.

Une nouvelle escalade dans les plafonds du réseau Wowo a permis de découvrir encore plus de 2 kilomètres de nouvelles galeries qui s’enfoncent sous le plateau du Yan Koki.

L’accès se fait au-dessus du puits de la douche à 200 mètres de profondeur, un véritable carrefour en étages, des passages difficiles d’accès mais riches en découvertes.

Des escalades nous ont donné la chance de parcourir de nouvelles galeries féériques par la blancheur et l’exubérance des concrétions.

Le souterrain Wowo dépasse maintenant les 20 kilomètres de développement avec trois entrées connues et n’en finit pas de nous surprendre. Une belle réussite pour notre expédition!

Le gouffre Kou où nous mettions de beaux espoirs nous a fait un sale coup: juste après avoir passé les 400 mètres de profondeur, une faille géologique majeure a créé une zone de broyage importante et les dimensions des galeries ont rétréci comme peau de chagrin.

Nous avons insisté pour pousser les explorations au maximum, en passant deux voutes mouillantes avec seulement 10 centimètres d’air entre nous et le plafond.

De vrais pièges en cas de montée des eaux… La troisième a eu le dernier mot.

L’eau rejoint le plafond dans des dimensions ne permettant pas de plonger. Terminus à -423 mètres.

Une petite partie du siphon a livré quelques centaines de mètres d’un petit actif. Au bout de plusieurs heures d’efforts, une petite équipe de 3 a réussi à tailler un sentier pour descendre au fond des gorges de la Matali 800 mètre en contrebas du camp avancé.

Après deux jours de repos bien mérités, ils sont repartis à 4 pour plusieurs jours voir si une entrée pourrait donner accès à l’impressionnante rivière souterraine que l’on voit résurger sur les photos aériennes.

Nous n’avons pas de nouvelles d’eux depuis lundi. Les gorges sont trop étroites pour avoir une réception avec le téléphone satellite.

Une équipe de deux est partie 4 jours en camp avancé. De nombreuses entrées de la zone se sont toutes révélées décevantes. Impossible de descendre en dessous de moins 100 mètres.

Comme sur toutes les Karsts du monde, il y a une part de chance pour atteindre les zones profondes d’écoulement pénétrable.

Aujourd’hui, une nouvelle escalade sera réalisée dans Wowo, qui continue de révéler ses secrets»

Explos – Expédition Wowo 2012
Le site de l’expédition: www.2012.papouasie.org
(Posté par Rod)


mar 7 2012

Canyon a Bali…

Salut.

Après l’ile de la Reunion, Madagascar et la Thailande en oct, nov, dec et janvier, j’ai passé tous le mois de février en Indonésie, sur l’île de Bali, dans le cadre d’une collaboration entre l’Himalayan Canyon Team (l’asso que nous administrons avec mon collègue Rodolphe du Bureau) et les canyoneurs locaux. L’équipe est assemblée autour de l’Indonesian Canyon Team et de Mika Denissot, français très actif installé sur place depuis une dizaine d’années.

Bali est une île volcanique culminant a 3 142m d’altitude, recouverte de jungle luxuriante et soumise a un régime de pluies tropicales. Les conditions sont donc réunies pour en faire un spot de canyons… Et c’est le cas! Les locaux ont ouverts et équipés une dizaine de très beaux canyons offrant des configurations très variées : encaissements, grandes verticales, sauts, toboggans…

L’atmosphère est plutôt végétale, genre « Indiana Jones » : roches sombres et profonds encaissements, jungle impénétrable, forêt de bambou, fougères arborescentes, arbres géants, lianes et racines inextricablement enchevêtrées, chaleur humide, volcan et montagnes… Ajoutez a tout cela des plages paradisiaques, des rizières somptueuses, une multitude de temples et de statues postés a chaque coin de rue et une population très accueillante et vous aurez un petit aperçu de ce que peut être le paradis sur terre. Et la meilleure (et souvent la seule!) façon d’en visiter et d’en explorer les coins les plus reculés et inaccessibles, c’est de descendre ses rivières encaissées!

L’activité se développe sur place assez rapidement grâce au travail d’exploration, d’équipement et de formation effectué par l’Indonesian Canyon Team. La démarche est professionnelle mais Mika fait parti de ces pro habités par une forte conscience « fédérale » et qui incluent dans la mise en place de leur projet personnel les intérêts et point de vue collectif. Pour preuve, sa structure « Adventure and Spirit » organisera en 2014 le 13ème Rassemblement International Canyon qui se tiendra donc a Bali, en Indonésie.

Au programme nous avons répété Kalinudah et Kerenkali, de belles courses d’initiation parfaites pour la découverte et l’initiation sportive. Nous avons également ouvert et équipé une C100 cachées dans un renfoncement volcanique au milieu de la foret vierge. Et comme nous sommes avant tout des passionné de sport de plein air, nous sommes également fait quelques bonnes session surf et kite, histoire de découvrir les trésors cachés du littoral balinais.

Nous avons également beaucoup travaillé sur la conception d’une nouvelle structure internationale canyon,appelée l’International Canyoning Association for professionals. Ayant pour vocation première de permettre et de faciliter le développement d’un réseau professionnel de l’activité canyon a travers le monde, ICOpro a pour mission de développer et de promouvoir un réseau professionnel international de haut niveau a travers un système d’affiliation et des cursus de formation original et novateur . Son lancement est prévue pour le début de l’ete, vous en entendrait surement parler bientôt…

En attendant je suis toujours a Katmandou, au pied des Himalayas et nous nous appretons avec les membres de l’Himalayan Canyon Team, a nous rendre dans le massif du Daulagiri pour y ouvrir au moins 3 beaux canyons repérés sur place en novembre dernier… Des nouvelles de cette « Expedition Canyon au Nepal 2012 : objectif Daulagiri » a notre retour, fin mars…

A bienôt

Yann


mar 2 2012

ski trip au Canada

Après un mois de roc trip en Thaïlande et un passage rapide en Ariège à profiter de la poudreuse abondante, cap vers le Canada à Vancouver pour deux semaines de ski trip avec les potes d’enfance auvergnats.

Le trip s’organise autour de Vancouver, en étoile, où nous avons un pied à terre. Au programme, 6 journées de ski de randonnée et 2 journées de station. En effet, les tarifs des forfaits, la fréquentation et l’envie de neige vierge nous invitent largement à la randonnée.

2 premiers jours de ski dans le secteur « back country » de la station de Whistler à 2 heures de Vancouver qui est réputée comme étant la meilleure station du nord-américain. 50 Dollars pour une remontée qui nous permet d’accéder à domaine uniquement dédié au ski hors-piste et au ski de rando. Pour rentabiliser la remontée mécanique, nous restons 2 jours avec une nuit en « Snow cave » c’est-à-dire en igloo : 4 heures de pelletage pour une petite nuit à 0 degré. Le massif autour de la station est idéal pour la randonnée, il propose de court dénivelé, mais des pentes assez raides. Des couloirs jusqu’à 50 degrés: que du bonheur, avec en prime le soleil, chose assez rare dans ces contrées. Et oui, il neige la plupart du temps sur ces massifs.

La suite du trip s’organise autour de la « high way one » traversant le Canada d’Ouest en Est, avec de multiples arrêts sur les plus beaux spots de ski et leur légendaire « champagne powder »

Coquihalla, Roger Pass, 2 cols permettant de commencer les randonnées à 1300 m d’altitude.

Rogers Pass est la Mecque du ski freeride dans les sapins. La quantité de poudreuse invite à toutes les folies ; profonde et légère, elle nous fait disparaitre à chaque réception de saut, le must. Des lignes hallucinantes, comme les « pillows », amas de blocs recouverts par plus de 2 m de neige qui obligent à des jumps successifs ; juste incroyable.

Ensuite, un passage à la station de Kiking Horse afin de faire un plus de descente. La plupart des stations canadiennes sont peu équipées en remontée mécanique, mais les crêtes et couloirs sont délimités et protégés afin d’utiliser le maximum du domaine et d’aller chercher à pied les plus belles lignes.

Enfin, de retour à Vancouver et une petite sortie nocturne en station avec encore 50 de peuf mais plus lourde ce coup-ci, proximité de l’océan oblige.

Un ski trip hors du commun, de la poudreuse plein les yeux, la destination Canada pour le ski reste un must.

Rémi

2 petites vidéo en attendant le montage