La Pique d’Estat, 3143m, sommet de la Catalogne !
Lorsque l’on fait de la montagne, il faut parfois se forcer un peu, voire prendre le destin par les cornes pour vivre de jolis moments. Pour exemple, gravir les 1000m de dénivelés positifs qui séparent le parking de L’Artigue du refuge du Pinet avec comme seul panorama cette brume enveloppante qui s’insinuent jusque sous les os, représente un plaisir tout relatif.
Heureusement, Perrine, Sylvain, Maurice et Vaughan (prononcez « wohon ») ont de l’énergie à revendre et des traits d’humour plein la musette. Du coup, pas à pas, girolle après girolle, Manu, mon stagiaire et néanmois ami (entre voisins…) et moi sommes parvenus tranquillement dans ce refuge réputé pour son ambiance chaleureuse et musicale.
A 2246m d’altitude, la vue est encore splendide en ce vendredi après-midi : gris clair ou gris foncé, c’est au choix ! A l’intérieur, Patrick, le gardien charismatique sort de sa sieste. Avec son équipe (Linda, Marion, Max et Antonin) ils nous préparent les girolles ramassées dans le bois de Fontanal, remplissent les verres d’un petit rosé bien frais et invitent les quelques randonneurs ayant bravé le mauvais temps à partager un apéro improvisé en cuisine.

Quelques parties de « coinche » plus tard (mettez 1 prof de math et un instit amoureux de la même matière ensemble et vous saurez ce que le terme « stratégie » veut dire… analyse, calculs savants, et finalement victoire pour cette équipe pratiquement professionnelle!), le repas, délicieux d’ailleurs, est servi.
Puis tout à coup, vers 21h, un son mélodieux s’échappe d’une guitare … Les yeux quittent les magazines de montagne ou les jeux de cartes et Max distribue les cahiers de chants : « Tiens, et si on commençait par la page 12 : Etoile des neiges ! ». D’abord timides, les convives prennent petit à petit de l’assurance, grâce notamment aux cerises délicatement relevées d’alcool que nous sert Patrick. Des Basques présents au refuge nous interprêtent quelques uns de leurs « tubes » et je décide de proposer a cappela un « Ariejo o moun païs » chanté avec ferveur à défaut de justesse !
Vers 22H30, la plupart des randonneurs rejoignent les dortoirs et nous poursuivons encore quelques minutes le répertoire du cahier de chants, accompagné par Antonin, cuistot et violoniste de talent ! Vaughan, Manu et Sylvain partent se coucher avec cette démarche chaloupée si caractéristique des marins en fin de soirée… Dehors, les étoiles ont pris le dessus sur la couche nuageuse et je rentre serein et rejoint ma couche, confiant en la météo du lendemain.
A partir de 6h samedi, les dortoirs s’agitent presque frénétiquement. Les Catalans font profiter à tout le refuge de leurs douces voix caverneuses. Le petit déjeuner est rapidement avalé, la lumière du jour sur les montagnes agissant comme un aimant sur toute la petite troupe des itinérants. Mer de nuage à 1800m, ciel limpide en altitude, couleurs chatoyantes du lever du jour sur les versants du Guins de l’Aze et du Pic du Port de Sullo : il faut partir, grimper, se laisser envahir par cette ambiance montagnarde !
Après quelques heures d’effort, nous parvenons heureux au sommet de la Pique d’Estat. Pour Perrine, gravir le sommet de la Catalogne représente un symbole. Maurice est ravi de franchir enfin l’altitude mythique dans les Pyrénées : 3000m. Sylvain goûte à certaines joies subtiles et personnelles en montagne tandis que Vaughan découvre l’altitude et la haute randonnée. Manu joue les grands reporters souvent en serre-file, parfois devant. Il « apprend » le métier d’accompagnateur, médite sur le rythme de marche, se passionne pour la flore d’altitude…

Sommet, pique-nique, « culing » (j’y reviendrai un jour prochain), quadriceps parfois en surchauffe, la fatigue se fait sentir dans la descente et le refuge est atteint comme un premier soulagement. Il ne reste finalement QUE 1000m à descendre…
A l’étang Sourd, une petite trempette et un petit remontant s’imposent : café, chocolat, friandises sont sortis du sac. La fin de la descente s’effectue doucement, au rythme deVaughan, bien fatigué par ces deux jours de randonnée en Ariège. Les discussions vont bon train sur les autres sommets emblématiques de nos montagnes et le Valier est longuement évoqué.
Finalement, nous retrouvons les voitures vers 19H et vite, vite, je file sur Ax pour participer aux pot d’accueil organisés par le camping du Malazéou pour les nouveaux petits veinards en vacances en Ariège.
Recette pour une sortie réussie : un groupe motivé + une météo changeante dans le bon sens (!) + un refuge à l’accueil parfait + un très beau sommet au panorama splendide… vraiment facile !!!
Stéphane






















![IMG_9763[1]](http://www.guides-ariege.com/blog/wp-content/uploads/2010/07/IMG_97631-225x300.jpg)
![IMG_9660[1]](http://www.guides-ariege.com/blog/wp-content/uploads/2010/07/IMG_96601.jpg)
![IMG_9704[1]](http://www.guides-ariege.com/blog/wp-content/uploads/2010/07/IMG_97041.jpg)
![IMG_9712[1]](http://www.guides-ariege.com/blog/wp-content/uploads/2010/07/IMG_97121.jpg)
![IMG_9759[1]](http://www.guides-ariege.com/blog/wp-content/uploads/2010/07/IMG_97591-300x225.jpg)














