Pâques autour d’En Beys
L’année dernière, j’avais convaincu Julien d’ouvrir une dizaine de jours le refuge d’En Beys. Le faible niveau d’enneigement nous avait permis de mettre en route le refuge sans trop de difficulté : électricité et eau…
Cette année, c’est avec un groupe de six Flamandes que je suis remonté pour Pâques à En Beys. Julien, Sylvain et l’ami Manu nous précédaient pour ouvrir le refuge après ces 5 mois d’hibernation. Et les conditions de neige étaient tout autre : encore un bon mètre cinquante autour du refuge… et pas d’alimentation en eau. Et l’eau, c’est important ! Boire, laver la vaisselle, le sol, faire cuire du riz ou des pâtes, tirer la chasse d’eau : des pratiques courantes dans nos pays riches. En allant remplir les bidons de 30 litres au lac, je me remémorais mes cours de géographie intitulés « pays en voie de développement ». La problématique de l’eau reste l’une des principales difficultés pour plus de la moitié de nos concitoyens vivant sur Terre… Se remettre dans ce contexte aide à soulever ses pieds qui s’enfoncent sans crier gare dans la neige molle de la fin d’après-midi.
« Mes » Flamandes, en tout cas, apprécièrent pendant ce temps les bords du lac, lézardant dans cette ambiance de rêve : neige, soleil sans vent… L’après-midi passa tranquillement entre papotage et sieste, ponctué par les prouesses d’un Manu fier d’être monté en ski et peignant de godilles l’entourage du refuge.
Julien, en cuisine, s’activait au repas du soir, démarré comme dans n’importe quel restaurant 5 étoiles par un apéritif accompagnant un foie-gras délicieux.
Le soir, apprentissage au coin du feu des règles de la belote, jeu inconnu dans le Nord de la Belgique. Rires et partage de refuge.
Le lendemain, la montagne nous gratifiait d’un autre visage, faisant cavaler les nuages et la neige dans des tourbillons de lumière. J’en profitais pour réaliser un nouvel itinéraire en raquettes entre vallée de la Grande Porteille et Couillade d’En Beys.
Un repas une fois de plus fameux (de la salade au refuge !) plus tard, nous descendions d’abord sous l’orage puis dans une lumière presque divine vers le parking, abandonnant marmottes et isards à leurs jeux printaniers…
Stéphane

















































