avr 24 2010

Exotisme toulousain…

Alors que la plupart des toulousains quittaient la ville rose en ce vendredi soir pour chercher l' »exotisme » et le dépaysement à la montagne, je circulais dans l’autre sens pour renouer avec une soirée « en ville ». En effet, cela faisait quelques mois que je n’avais plus quitté les montagnes pour assurer la gestion du Bureau des Guides tout en exerçant mon métier d’Accompagnateur en Montagne lors des sorties en raquettes à neige ou pour mon plaisir en ski de rando.

D’ailleurs, la veille au soir, je grimpais de nuit à la frontale sous le porche de Génat alors que la pluie s’abattait sur l’Ariège.

Ainsi, je ressentis un certain émerveillement en arrivant sur Toulouse, comme si je partais dans un autre pays fonctionnant différemment du mien : des jeunes jouaient au foot sur un terrain synthétique du côté d’Empalot, les jardinières municipales étalaient leurs couleurs et comble du renouveau, tous les arbres affichaient les feuilles éclatantes !

Bien-sûr, je loupais la rue pour retrouver des amis et devaient affronter les nombreux sens interdits et voies à sens unique qui agrémentent la cité… Mais comme le touriste qui cherche à se perdre dans un nouvel endroit inconnu, je prenais un certain plaisir à hésiter, à contourner, à explorer…

Programme de la soirée : apéro tapas dans un bar près de Saint Cyprien puis exploration ethnographique d’une poissonnerie faisant également restaurant. Cet ovni est tenu par un cuistot nonchaland un brin extraterrestre mais très simple dans son approche de la relation patron/clients. C’est bien simple, il me fit penser à l’approche très convivale des gardiens de refuge que je fréquente.

Titi, comme l’appelle les habitués de ces lieux aux murs couverts de vieilles pochettes de disque portant les portraits de Reggiani, Brel et Aznavour, ne nous propose par de menus écrit. Il récite tel un artiste son poême du soir : nous assortiment de moules et gambas à la Plancha, agrémentées d’une « persillade » maison où se combinent une vingtaine d’ingrédients tenus secrets. Après avoir choisi nos poissons sur l’étalage de la poissonerie, nous les retrouvons bientôt délicatement préparés dans nos assiettes, accompagnées de frites maison succulentes. J’en salive encore à l’écriture de ces quelques lignes !

Après une belle discussion sur l’évolution sociologique du quartier et les difficultés rencontrées aujourd’hui par les petits commerçants de sa génération, nous quittons dans l’affirmation d’une visite prochaine notre capitaine cuistot (comme celui décrit dans le petit roman « Le Port de la Mer de Glace » de Potart que je vous recommande) pour rejoindre la Loupiotte pour un dernier verre…

Bref, une vraie belle soirée toulousaine, exotique et poétique à renouveler bientôt !


avr 19 2010

Montée printanière au refuge d’en Beys (18/04/10)

Les fleurs égaient à nouveau les jardins. Les arbres fruitiers fleurissent les uns après les autres. Les morilles titillent le cueilleur avisé…

Et pourtant, la montagne n’a pas encore revêtue son habit végétal ! Et les personnes qui contactent les refuges actuellement s’étonnent des réponses des gardiens dont les mots clés sont : neige, raquettes, crampons-piolet, fraicheur et refuges non-gardés.

Le mois d’avril porte bien son adage et la montagne doit encore être abordée avec prudence. Des avalanches de fonte emportant toute la couche de neige peuvent être impressionnantes et les itinéraires estivaux sont encore parfois dangereux. Les quelques photos qui suivent montrent notre montée au refuge d’en Beys, Juju, le gardien, Mathilde sa muse et votre serviteur.

Nous avons croisé lors de cette magnifique journée des gens à pied, en raquettes, à ski et même en VTT !

Pour honorer mes 34 ans, Juju avait transporté une belle côte de boeuf à l’os que nous avons dégusté face aux aiguilles d’en Beys sous l’oeil incrédule de marmottes tout juste sorties de leur hibernation.

Voici les clichés qui montrent les conditions d’enneigement durant la montée au refuge :

1. La vue du psa de Balussière, aussi appelé « pla des marmottes »

2. Début de la neige à 1780m d’altitude au niveau de la fourche GR7 / chemin des gardiens

3. Un peu plus haut là où les avalanches de fonte peuvent encore sévir et où les raquettes sont bien utiles l’après-midi pour éviter de « passer au travers » et s’abîmer chevilles et genoux.

4. Le petit collet et l’étang d’En Beys, encore totalement gelé malgré un état neigeux plus proche d’un débu mai que d’une mi-avril

La montagne est belle. Respectons là, respectons nous !

Stéphane


jan 24 2010

Jour blanc dans le vallon d’Ayguesine (24/10/01)

Le vallon d’Ayguesine ? … Peu de gens connaissent ce beau vallon sauvage alors que beaucoup le surplonbent chaque année ! En effet, l’une des voies normales menant au fameux Pic des Trois Seigneurs emprunte la crête entre Fontanette et Barrès depuis le Port de Lers. Le vallon d’Ayguesine est alors juste en dessous, caractéristique par sa grande tourbière circulaire.

Aujourd’hui, c’est en raquettes que nous avons rendu visite à ce petit coin de paradis. En hiver, la montée est aisée dès que la neige est transformée et stabilisée dans ce versant sud, ce qui était le cas aujourd’hui.

Mais le plafond nuageux mi-neige, mi-grésil, nous a contraint à revoir le parcours. Dans le jour blanc, nous avons rejoint le port de lers par une série de glissades sur les fesses  plus ou moins bien maîtrisée !

Le manteau neigeux, dont l’épaisseur est faible en versant sud est bien stabilisé avant le nouvel épisode neigeux qui devrait amener une dizaine de centimètres de neige fraiche.

Stéphane


jan 8 2010

Ski de piste à Ax-Trois-Domaines (08/01/10)

Les multiples danses interprétées durant toutes les vacances ont fini par payer : la neige est là!

Il est tombé environ 35cm de neige à 1400m entre hier et aujourd’hui vendredi. Cette neige poudreuse est légère et très agréable à skier. Les petits chanceux qui étaient avec nous à la station d’Ax-Trois-Domaines ont tous le sourire… et les cuisses en feu ce soir : grosse session de peuf !!!!

Par contre, le vent a soufflé modérément aujourd’hui, transportant cette neige froide dans les versants exposés à l’est. Des accumulations peuvent être importantes et le risque d’avalanches marqué (niveau 3) communiqué par le BRA concerne principalement ces mêmes versants (un niveau 4 ne serait à mon avis pas exagéré). Les artificiers qui ont sécurisé la station ce matin ont déclenché à chaque fois de belles coulées… donc prudence en hors piste, ski de rando et raquettes à neige !

Stéphane


nov 13 2009

Le retour de la neige !

Ca y est ! Après un automne une fois de plus magnifique (peut-etre meme un peu trop chaud…), la caravane hivernale montre à nouveau le bout de son nez. Le froid revenu, c’est une véritable déferlante neigeuse qui sévit le week-end dernier dans les Pyrénées. Et c’est tant mieux !

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Les plus accros ont déjà ressorti les skis ou les raquettes et ont profité en début de semaine de conditions idéales pour une reprise tout en douceur des joies de la glisse.

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Hier, le vent du sud a retrouvé de la vigueur et la température est remoontée brusquement, nous permettant un pique-nique torse nu à 1500m d’altitude à la cabane de Gireys (mais nous en reparlerons…).

En attendant, voici des photos d’une sortie sur la station d’Ax encore fermée en ski de randonnée : belle ambiance hivernale et neige de qualité !

Merci à Sylvain pour les photos.

Stéphane


oct 24 2009

Premières neiges sur les sommets

Après une arrière saison une fois de plus superbe (quoiqu’un peu sèche…), les premiers frimats de l’hiver sont arrivés. Ce sont d’abord les températures qui ont chutées de façon vertigineuses en quelques jours : de 20°C à – 8°C à 2000m d’altitude !

Puis une première chute de neige significative s’est produite avant hier, laissant un manteau neigeux d’une vingtaine de centimètre au delà de 2200m en Ariège. Et même si la douceur est revenue et la limite pluie-neige est remontée largement au dessus de nos plus hauts sommets, le temps est aux préparatifs de la nouvelle saison hivernale : les planches de ski vibrent dans les armoires et les gants couinent dans les tiroirs !

L’an dernier, les premières sorties en raquettes à neige et en ski de rando avaient eu lieu début novembre. Pour cette année, à quand la première chute dans la neige, n’est-ce pas Johan ?…

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Stéphane


oct 24 2009

Les coulisses du montage d’un séjour hivernal…

Pendant vos vacances et week-end, les membres du Bureau des Guides sont sur le terrain, avec vous, essayant de vous transmettre la passion qui les anime et vous faire vivre des instants inoubliables!

Mais quand les groupes se font plus rares, c’est-à-dire principalement durant les mois d’octobre, novembre et jusqu’à Noël, que font-ils?…

Un peu de repos certes, pour recharger les « accus ». Mais pas tant! Car il faut analyser les choix d’itinéraires, les discours transmis, les textes et photos utilisés, imaginer les produits qui vous feront saliver derrière votre ordinateur pour l’hiver, le printemps et l’été suivant… Et ce n’est pas si simple de se remettre en question, revisiter chaque prestation pour en presser le meilleur et améliorer le  « peut mieux faire ». Alors ça discute, ça  cogite, ça palabre parfois tard…

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Et l’on se met à créer un nouveau produit : tiens! par exemple un séjour raquettes. Dans un premier temps, il faut regarder ce que font les autres… et tenter de trouver le petit plus qui permettra de se démarquer de la « concurrence » : un itinéraire un peu différent, une prestation supplémentaire, une cible particulière… et surtout un séjour que l’on va avoir plaisir à encadrer pour partager tous ensemble des moments forts!

Personnellement, j’aime l’autonomie et la liberté : des notions de plus en plus artificialisées dans notre société, qui tente de les faire correspondre à celles de confort, de facilité et à toute absence d’effort!

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Il faut donc trouver le bon équilibre entre tous ces éléments pour que chacun y trouve son compte : la durée, le lieu, l’itinéraire et les possibilités d’hébergement… Aller sur le terrain pour s’imprégner du milieu et trouver le bon cheminement entre sécurité et intérêt patrimonial ; valider la capacité d’accueil des hébergements ; calculer le temps de marche ; bref, le repérage terrain! C’est la partie la plus agréable puisqu’elle se pratique dehors, en montagne, là où l’on est le mieux! En ce moment, c’est la traversée entre le Plateau de Beille et Ax-les-Thermes qui me travaille…

Il y a quelques années, les stations d’Ax et de Beille avaient monté un challenge en raquettes qui reliait les deux stations en passant par le refuge du Rulhe. Faisant partie de l’organisation, j’avais notamment fait la trace une année sur l’itinéraire « bis », celui utilisé en cas de mauvais temps. Moins haut en altitude, il déambulait dans l’étage forestier sur un itinéraire particulièrement adapté à la raquette à neige. Je me souviens de cette montée épique la veille dans le blizzard jusqu’à la petite cabane de Bertounels au dessus de la vallée de Savignac. Le lendemain matin, je partais seul à la pointe du jour pour faire la trace jusqu’au replat de Gireys dans 40cm de neige légère, au milieu d’une forêt claire de pins à crochet et dans un lever de soleil étincelant d’une lumière pure et chaude malgré la température glaciale… l’un de mes plus beaux souvenirs en raquettes à neige !

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Retrouver cette sérénité matinale, ce calme laiteux caractéristique du milieu enneigé, ces espaces vierges de tout aménagement et le petit sourire lorsque se dévoile la cabane que l’on sait accueillante : voilà pèle-mèle les sensations que je veux faire partager en montant ce petit raid entre Beille et Ax.

Au delà de la rêverie du repérage terrain, vient le temps du montage de la fiche technique : textes de présentation, programme détaillé, bulletin d’inscription, conditions de vente, calcul du meilleur tarif… de longs moments assis devant l’ordinateur ou au bureau, des coups de fil, des discussions… loin du terrain!

Il faut ensuite décider des photos, déterminer un titre accrocheur mais adapté, rentrer toutes ces informations sur le site internet, faire le référencement, provoquer des demandes en diffusant le produit aux personnes potentiellement intéressées, avoir confiance dans son produit, ne pas se décourager… et enfin, parfois, faire partager en vrai, sur le terrain, durant vos vacances ou week-end, la passion qui nous anime dans ces circuits que nous fabriquons petit à petit, tels des artisans orfèvres, pour notre plus grand bonheur commun! 

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Quand vous jetterez un petit coup d’oeil sur notre offre de loisirs en montagne, essayez de regarder derrière le texte et les photos et imaginez nous, nous grattant la tête dans une moue dubitative durant la création ou validant fièrement un nouveau produit empli de promesses de belles bambées ! C’est cette profondeur que nous essayons de vous transmettre avant, pendant et après le temps des vacances…

A très bientôt pour de nouvelles aventures !

Stéphane


mai 25 2009

Week-end « baroudeur » au refuge d’En Beys

Quand des amis de « 20 ans » décident de se retrouver régulièrement pour réaliser un séjour « baroudeur », il était évident qu’un jour ou l’autre, leurs pas les entraineraient vers En Beys!

Et c’est ce long week-end de l’Ascension qui fut le théâtre de ce nouveau défi : prendre du bon temps ensemble tout en sacrifiant au rituel de « l’exploit » physique et sportif…

Des quatre coins de l’Hexagone (sic!), nos dix valeureux héros des temps modernes affutent leurs armes (raquettes à neige, pelle, sonde, ARVA), vérifient une dernière fois les lacets de leurs chaussures de montagne et attaquent la longue montée à En Beys la tête haute et le torse fièrement bombé… Et même si la fin dans la neige entame leurs réserves physiques, ils passent haut la main le test de l’apéro au refuge d’En Beys!

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Repas, belote coinchée, la soirée s’étale et la lune est déjà haute quand les premiers ronflements font vibrer les murs des dortoirs.

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Le lendemain, les objectifs divergent quelque peu : certains redoutent la neige, d’autres la pente, d’autres encore fixent les sommets avec envie… La remontée vers la grande porteille d’Orlu offre tout un panel de nouvelles sensations jusqu’au moment du choix du lieu de pique-nique… instant toujours épique à plusieurs, notamment quand le vent se joint à la fête. Les plus courageux montent à l’étang Faury pendant que le reste du groupe tente une partie de cache-cache oral (fallait y être pour comprendre!!!). Afin de préparer un prochain séjour « baroude », un igloo est construit en quelques coups de pelle et un peu d’huile de coude.

Le soir, à la lumière d’une simple bougie , Rapatou, la bête de Naguilhe, Blanchette Seguin et autre ours mal lêchés s’invitent au refuge par la voix d’un être étrange réputé pour son pouvoir hypnotique de conteur… 

Est-ce la légende de la Couillade où la volonté d’aller plus haut, le lendemain, les 4 plus courageux attaquent au petit jour la belle ascension de la désormais célèbre Couillade d’En Beys. 

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Malgré un vent à faire chuter Roland, l’exploit est là! Les muscles souffrent mais la victoire agit comme un anti-douleur formidable et le groupe enfin reconstitué regagne triomphalement la civilisation et les Bains du Couloubret.

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Bravo à tous pour ce week-end réussi à tous points de vue!

Stéphane


avr 21 2009

Souvenir : Raquettes en janvier 2008 en haute vallée de Mounicou

Souvenez-vous… L’hiver 2007-2008 était resté bien sec. Inconvénient : pas de neige pour le ski. Avantage : la possibilité d’aller plus haut en véhicule pour pratiquer la raquette dans des espaces en général très difficilement accessibles.

Du coup, nous voilà partis Fred, Sylvain et moi avec un groupe vraiment très sympa au dessus de Soulcem, dans le haut Vicdessos. La boucle Roumazet/ Soucarrane est une classique estivale. Nous l’avons revisité en janvier 2008 pour notre plus grand plaisir!bgpa-fevrier-2008

Un peu de glace, le Roumazet gelé, les orrys endormis sous le manteau neigeux… et des paysages plein les yeux!

Certains se reconnaitront forcément…

Stéphane GROCHOWSKI