sept 27 2010

Premières neiges au Valier

Personnellement, j’adore autant que je crains lorsque la montagne se met en colère, qu’elle affiche toute sa puissance. Les éléments se conjuguent et se déchaînent pour nous rappeler notre fragilité d’Homme : le vent, la neige et le froid modifient notre perception, nos repères et notre confiance en nous. Nous sommes en montagne des transhumants, et non des permanents !

Ce week-end, le groupe que je devais emmener au refuge des Estagnous s’est effrité devant les prévisions (justes !) de Météo France. La décision de reporter l’aventure à l’année prochaine fut douloureuse d’un point de vue financier mais salutaire d’un point de vue éthique : il faisait effectivement bien mauvais samedi et très froid dimanche là-haut.

Je suis donc monter tout seul au refuge pour passer la soirée avec les copains gardiens du refuge des Estagnous. Ma nuit de samedi à dimanche fut agitée : ma conscience m’ordonnait de me reposer alors que mon subconscient s’emballait et rêvait de sommet enneigé, dépassant d’une mer de nuage épaisse dans un ciel d’un bleu si pur orné de rayons dorés…

 Au réveil vers 6h30, les nuages persistaient mais une première trouée enclenchait le mécanisme : partir au sommet pour profiter de cette première ruade hivernale. Pas le temps de manger, il fallait monter, retrouver les habitudes de la marche dans la neige, accepter le vent, le froid et faire la trace. D’une petite dizaine de centimètre sur la terrasse du refuge, la couche de neige ventée atteignait presque le mètre en arrivant au col de Faustin.

La remontée vers les croix du Valier,le souffle court dans une ambiance polaire de début des temps, constituait une sorte de rite initiatique auquel je me pliais avec délectation. La température ressentie au sommet avoisinait les -15°C sous les rafales de vent et la mer de nuage remplissait l’espace. Seuls quelques ilots blancs surnageaient au dessus de ces fjords flottants. Le temps s’arrêta.

Puis les pieds commençairent à s’engourdir, les doigts perdant leur sensibilité. Un frisson me traversa le dos : il fallait redescendre, dévaler ce versant et plonger dans l’obscurité de cet océan de ouate…

Montagne, j’aime ta diversité et tes ambiances si affirmées !

Stéphane


juin 16 2010

Kayak sur le lac d’En Beys…

Une fois de plus, me voici reparti vers En Beys. Avec Juju, nous remontons en papotant ce sentier ami dans la lumière splendide d’un matin de juin. Les ruisseaux amorcent la décrue mais leur traversée réveille encore quelques orteils. La neige se rencontre au passage du petit col en arrivant au lac.

Le refuge est désert et Sylvain s’affère autour du pied du nouveau parasol. La météo a annoncé du mauvais pour le lendemain dimanche, occasionnant une absence de réservation pour le samedi soir.

Après une petite visite sur le « spot » où j’avais l’année passée observé une gentiane acaule blanche, fait rarissime, je reviens penaud au refuge et annonce à Sylvain mon désir d’aller tester le kayak monté récemment par hélico. Justement, Sylvain souhaitai me le proposer afin que nous réalisions la PREMIERE traversée du lac d’En Beys en kayak…

Quelques années auparavant, j’avais traversé dans le sens de la largeur le lac sur un petit bateau mal gonflé pour faire traverser le tuyau d’arrivée d’eau de source, armé de piolet pour franchir les « icebergs » qui flottaient en ce mois de mai 2003 sur le lac d’En Beys.

L’utilisation d’un kayak fourni par nos amis de « La Belle Verte », base d’eaux vives située près de Saverdun, s’avéra moins rock-n-roll et particulièrement grisante grâce à la neige, encore présente sur le bord du lac, mêlée aux éboulis plongeant dans le lac… un petit goût de Grand Nord inexploré !

Comme quoi, sans aller au bout du monde, le rêve est bien possible et l’ »aventure » encore réalisable, à condition de rester modeste et de laisser dériver patiemment son imagination, pourvu que cela se termine par un bon steak de boeuf élevé dans la Réserve d’Orlu !

Stéphane


oct 3 2009

Le Mont Rouch : nouveau commencement!

Ca y est, nous voilà revenus à la voiture après deux journées en montagne. Les jambes sont un peu lourdes et le dos encore un peu endolori malgré la pose du sac… Une nouvelle ère débute pour Philippe. En effet, il a réussi son pari, son aventure personnelle : rendre visite à tous les sommets visibles depuis sa terrasse, sur les hauteurs de Gabre !

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Pour cette dernière rencontre, le soleil s’est voulu autant joueur que boudeur : une ultime éclaircie sur la crête à 200m du sommet puis certainement d’autres histoires à faire briller… Et c’est la tête dans les nuages dans une ambiance de début des temps que nous nous sommes restaurés quelques instants auprès des « hommes debouts » du sommet du Rouch avant de rejoindre la brêche qui sépare le Rouch de France de son voisin espagnol. Seuls dans notre procession à l’intérieur d’un brouillard épais et glissant sur des pierres noirâtres, nous avons redescendu sans autre regard le raide couloir  d’échappatoire menant vers la lumière et la chaleur de la cabane du Clot de Dessus, celle du Papy du Léziou…

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Car les meilleurs moments de ces deux jours se déroulèrent plus bas, dans cette cabane parfaitement intégrée dont l’histoire est agitée de destructions en reconstructions : en 2001, reconstruction d’une cabane sur les ruines de l’ancienne cabane complètement laissée à l’abandon sur un promontoire face au vide ; en 2005, le vent tempêtueux d’un hiver sans neige arrache les cables et entraîne les murs plus bas dans la vallée ; en 2006, reconstruction plus à l’abri à l’intérieur du cirque au milieu de gros blocs déposés là par l’ancien glacier…

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Le Papy du Léziou, Loulou Gallard, est un personnage magnifique. Véritable mémoire de cette vallée de Salau, il a connu la seconde guerre mondiale, les derniers montreurs d’ours et a participé aux travaux sur les barrages alentours. Au-delà de la transmission de sa passion de la chasse à l’isard à son fils Jean, il lui a légué les plus beaux des trésors : l’humilité, le respect de l’autre et la solidarité montagnarde.

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Aussi, quand nous sommes arrivés à l’entrée de la cabane, le dialogue s’est instauré naturellement. Les anecdotes et les analyses sur le petit monde montagnard succédèrent aux présentations,  les provisions furent sorties des sacs, des caisses et le repas du soir préparé par nos hôtes fut délicieux…

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Loin des extrémismes repris trop souvent dans la presse, l’ensemble du monde de la montagne vit et transpire des mêmes lois. Le chasseur, le berger et le promeneur profitent et subissent d’un même milieu, hostile parfois, merveilleux souvent. Sous l’éclairage fin d’un intérieur de cabane, les coeurs se rapprochent et s’écoutent. Les regards portent vers les mêmes crêtes et les pieds gravissent des pentes similaires. Et même si chacun garde en lui ses propres expériences et ses désirs personnels, les usages peuvent se combiner pour former un tout… C’est en tout cas ma certitude, une fois de plus confortée par cette rencontre lors de ces deux journées au coeur des montagnes et des hommes.

Merci Philippe pour ton humanité et ta simplicité!

Stéphane


sept 21 2009

La FFME fait sa randonnée !

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Le comité départemental de la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (F. F. M. E.) et les associations ariégeoises affiliées, organisaient le 13 septembre 2009 une journée de la randonnée en montagne autour du Pic du Rulhe.

Cette manifestation avait pour finalité d’amener à la pratique de la montagne en conditions de sécurité optimales tous ceux qui souhaitaient y prendre part.

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Le Bureau des Guides Ariège-Pyrénées avait été mis à contribution, qui avait dépêché deux Accompagnateurs en Montagne et un accompagnateur stagiaire. Le peloton de gendarmerie de haute montagne de Savignac-les-Ormeaux, également invité, était représenté par trois de ses hommes. Trois des associations du département affiliées à la F. F. M. E. enfin – le Groupe Ariégeois de Grimpeurs ( ou G. A. G.) de Pamiers, le club montagne de Luzenac-sur-Ariège et L’Amicale des Montagnards Axéens (ou L. A. M. A.) d’Ax-les-Thermes – avaient mandaté plusieurs de leurs cadres et parmi eux une accompagnatrice en moyenne montagne.


Pour les professionnels du BGPA, l’activité fédérale est d’autant plus importante que nous sommes tous impliqués dans nos pratiques amateurs à différents niveaux. De plus la FFME mais aussi le CAF nous font intervenir sur des formations ou tous simplement sur des encadrements de sorties. Le rôle de la FFME est primordial dans l’environnement montagnard en terme d’apprentissage et de découverte pour les débutants mais aussi pour les confirmés.

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Pour nous cette journée a été l’occasion d’échanger nos connaissances tout en assurant la réussite des différentes randonnées. L’ascension du Pic du Rulhe aura permis à certains de découvrir la randonnée hors sentiers et la gestion du groupe pour la sécurité. La convivialité de ce regroupement encourage tous les protagonistes à réitérer cet évènement. Le comité départemental de la FFME avec son président Sébastien Gendre veut développer ce genre de rencontre afin de faire découvrir toutes les activités liés à la fédération. La prochaine journée devrait être consacré à la découverte de la raquette et du ski de randonnée.

En espérant qu’Antoine ramènera son génépi que tous ou presque ont pu goûter avant de redescendre dans la vallée !

Et aussi, un grand Merci à Calou et Julien pour l’accueil chaleureux dans leur refuge.

Pierre


sept 16 2009

Passeurs et évadés…

La chaîne pyrénéenne est une montagne frontière. Mais comme tout obstacle, elle possède ses faiblesses. Et de tous temps, les hommes ont cherché à franchir cette barrière pour colporter des marchandises, utiliser d’autres terres pour l’élevage, faire de la contrebande ou bien encore fuir l’oppression d’un régime politique…

Pour les gens des vallées, ces itinéraires se transmettaient de générations en générations. Mais pour les fuyards provenant d’autres régions, se développa une nouvelle profession : passeur.

En novembre 1942, Pierre Dalloz, architecte du maquis du Vercors, doit quitter la France pour rejoindre l’Angleterre. Pris en charge par la branche ariégeoise de la Résistance, il se fait passer pour un ingénieur et rejoint le barrage de Gnioure en travaux situé dans la vallée de Siguer, au dessus de Tarascon. Dans la nuit qui suit, une séance de cinéma sert de diversion et permet à Dalloz, son guide, et un contrebandier espagnol de fausser compagnie discrètement à la garde allemande veillant sur le site. Mais la neige et le vent compliquent la longue remontée vers le Port de Lalbeille, 2603m d’altitude, porte de l’Andorre et début d’une nouvelle aventure en terre franquiste avant l’Angleterre.

En hommage à ces hommes qui ont permis la libération de notre pays, et à ceux qui les ont conduits hors de France à travers la montagne, nous avons, Jean, Philippe et moi-même, retrouvé le bon sentier démarrant au Bouychet et débouchant près de 1000m plus haut sur les vestiges de ces travaux titanesques qui ont permis la création du barrage de Gnioure.

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Nous avons croisé Arsène, le berger de là-haut, avec qui nous avons passé la soirée dans la cabane de Gnioure, parlant tour à tour de ses brebis, de son amour pour la montagne et de son intérêt pour la préservation de ce patrimoine montagnard riche et complexe. dsc00096

Le lendemain, dans la nuit encore bien noire, nous avons longé le vaste lac puis remonté la belle vallée sauvage qui court vers les crêtes frontalières. La mer de nuage a bien tenté de nous envelopper, voire de nous emprisonner, mais elle est restée coincée à 2200m d’altitude et c’est le souflle court mais le coeur léger que nous avons rejoint la frontière, jetant un regard admiratif vers les étangs de Tristania dans la vallée d’Ordino. Ni neige, ni vent mais un petit déjeuner copieux ponctua au col ce sentier des passeurs.

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En 2009, la fuite n’est pas de mise et le vallon de Petsiguer trop tentant pour redescendre côté andorran vers la station de ski d’Arcalis. Aussi, c’est d’abord par l’étang de la Goueille, dans ce petit morceau de montagne aux accents de bout du monde que nous débutons notre longue redescente, encore au dessus de la mer de nuage. Ce n’est que sous les étangs de Petsiguer que nous entrons dans cette atmosphère brumeuse plus que pluvieuse dans une descente parfois délicate quand le sol est détrempé.

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Arrivés au barrage d’Izourt, nous attaquons notre troisième repas de la journée et refusons pour cause de « timing » le café offert par la bergère du secteur…

Deux jours annoncés orageux et pluvieux et finalement magnifiques ;  la rencontre de gens de la montagne ouverts et passionnants ; des paysages à couper le souffle et cet hommage, précieux et réconfortant, de la solidarité face à la médiocrité et la haine : sur les sentiers des passeurs de montagne!

Steph G.


sept 16 2009

La conquête d’un sommet : précieuse et inutile !

S’il est bien un sommet dont peu de personnes, même montagnards ariégeois, ont entendu parler, c’est bien le Pic de Puntussan ! Pourquoi cela ? Aucun sentier d’accès aisé, d’autres sommets plus « charismatiques » aux alentours comme le Pic Rouge de Bassiès…

Oui mais voilà : pour Philippe, le pic de Puntussan possède la caractéristique primordiale d’être visible depuis sa terrasse, sur les hauteurs de Gabre! Et comme il faut bien se trouver des objectifs afin de susciter l’apétit, surtout s’ils sont inutiles, Philippe a décidé de rendre une visite de courtoisie à chaque sommet qu’il aperçoit de son belvédère préféré dès que le soleil illumine les sommets frontaliers.

Or, en ce mois d’août 2009, il lui reste deux sommets à gravir pour compléter sa série : Puntussan donc, et les Monts Rouch.

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Philippe a un fils, un certain Olivier, qui décide de nous accompagner pour cette belle ascension, suivie comme toujours par Arane, sa fidèle chienne. Et le 17 en début d’après-midi, le départ est donné du parking de L’Artigue, plus connu par les canyoneurs et tous ceux qui souhaitent cotoyer le massif Montcalm-Estat, si nombreux en ce mois d’août!

De notre côté, nous serons seuls pendant ces 24  heures passées dans ce magnifique massif de Bassiès au granit flamboyant au lever du soleil. L’orage nous accompagnera durant la première demie-journée, nous obligeant à assurer nos pas sur les dalles rendues glissantes dans la rude montée vers les orrys d’Aygue Nouille. Après une soirée arrosée d’un nouvel orage et d’une bonne bouteille à l’abri d’un orry en ruine, je passais une partie de la nuit la tête à l’extérieur de la tente à contempler la voûte céleste et particulièrement Jupiter, si visible en ce mois d’août.

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Le matin est limpide comme par magie. Et notre errance nous mène petit à petit, au travers d’un dédale de blocs de toutes tailles, vers ce fameux sommet. Seules quelques brebis viendront troubler le silence de ces montagnes oubliées, surprises d’apercevoir d’autres humains que le berger qui parcourent les larges estives de la haute vallée de L’Artigue.

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Au sommet, le souffle est un peu court mais le panorama tellement gratifiant! Les nuages bas nous empêchent d’observer le secteur de Gabre mais le plaisir est immense, pour tous les trois, d’avoir découvert et partagé un nouvel espace de jeu et de contemplation.

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Il faut bien redescendre! Myrtilles, framboises et coups d’oeil prolongés sur les alentours agrémenteront la longue descente vers la vallée et la chaleur moite d’un nouvel orage en préparation.

« Du fort et du simple » comme il m’arrive parfois de l’énoncer maladroitement lors d’interview au saut du lit…

Mais peut-être qu’un jour, lors d’une soirée passée en Ariège à écouter quelque conteur, entendrez-vous parler de Roland, Nique-nouille et de ces dames de mauvaises vies qui peuplent nos montagnes du côté de Borgnes-Bouquère et du Puntussan…

Steph G.


juil 31 2009

Randonnée spectacle au Chioula

Depuis 12 ans, Ax-les-Thermes s’est découvert un nouveau patrimoine : le théâtre de rue. Sous l’impulsion de Jan-Luc Castel d’Ax Animations et Jean-Marie Songy, la fin du mois de juillet voit « refleurir » des comédiens en vallées d’Ax qui nous proposent leurs créations artistiques de l’année, souvent drôles et à même la rue! Sauf pour la randonnée spectacle, qui emprunte chaque année un itinéraire différent des montagnes de la haute Ariège…

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Cette année, Opéra Pagaï s’est « lâché » sur le domaine du Chioula et a imaginé une histoire conjuguant catharisme et réintroduction de l’ours… une vraie réussite! La centaine de randonneurs présents pour l’événement s’est régalée de ces faux guides et autres « chioulas » peuplant cette forêt du pays d’Aillou…

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Vous pouvez en voir un aperçu grâce à AriègeNews qui a couvert la randonnée spectacle : http://www.ariegenews.com/news/news-9713.html

Pour moi, ce fut l’occasion d’appréhender d’un peu plus près le travail de préparation de la création artistique puisque dès le mois de juin, je les ai emmenés sur le site du Chioula pour choisir avec eux un itinéraire qui répondant à la fois à la demande en randonnée et à celle du spectacle. Avec Jérôme, de l’Observatoire de la montagne d’Orlu, nous leur avons livré des histoires et anectdotes sur le « pays ». Et c’est à partir de ce volume de connaissances transmis oralement que la troupe de théâtre a défini un thème et une approche originale. Leur talent et leur délire collectif a fait le reste!

Je me suis donc retrouvé incognito au milieu d’un groupe mené par un faux guide comédien : un nouveau rôle pour lui comme pour moi! A la fin du spectacle, j’ai repris les rênes du groupe pour un petit tour d’horizon du belvédère offert à la vue sur les hauteurs du Chioula ainsi que quelques compléments d’information sur le catharisme et les estives…

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Vivement l’année prochaine pour de nouvelles aventures sur les sentiers du festival des grands chemins d’Ax!

Stéphane


juil 26 2009

Solidarité et montagne…

Dans des conditions difficiles, deux possibilités s’offrent schématiquement dans un groupe : s’isoler pour tenter de résister seul ou s’unir pour passer l’épreuve. Or, la montagne n’est pas toujours un milieu très propice à l’homme. C’est d’ailleurs certainement une des raisons qui poussent les montagnards à lui rendre visite, parfois par vanité, plus souvent pour l’amour des belles choses et la vie au grand air!

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En montagne, de petits ilots d’humanité ont été aménagés pour servir d’abris et pourquoi pas de lieux de partage et de convivialité : ce sont les refuges!

Pour tous ceux qui ont eu la chance d’y passer au moins une soirée, l’une des premières interrogations légitimes concerne l’approvisionnement : « comment faites-vous pour proposer des repas complets à 2, 3, voire 4 heures de la route la plus proche? »

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 L’hélicoptère est devenu le moyen privilégié pour « acheminer » les produits lourds et encombrants indispensables à la vie du refuge. Les mules ou autres ânes complètent parfois le dispositif. Et l’homme, souvent, parachève la montée des produits frais comme les légumes, la viande, le beurre ou le pain… Ah!, le pain… Toute une aventure pour fournir des tranches de pain pour les repas en refuge…

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L’autre jour que je déambulais paisiblement dans la vallée, mon téléphone s’anime brusquement et le nom « refuge des Estagnous » m’indique la provenance de l’appel. Je décroche et salue Stéphane, l’un des deux gardiens du refuge. Un peu embarrassé, il m’explique la situation. L’hélico ne peut pas monter à la date prévue et les réservations affluent pour la semaine. Et le pain… « Ben, on va être juste. Pourrais-tu nous faire un ou deux portages dans les jours qui viennent? »

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(Pour ceux qui ne lisent pas tous les messages du blog, ils ignorent certainement mon attachement aux refuges de montagne, faisant moi-même partie de la confrérie des gardiens d’altitude). J’attrape mon agenda, heureusement (ou malheureusement…) peu rempli ces derniers jours et j’annonce à Stéphane ma venue pour le lendemain. Quinze kilos de pain sont commandés chez le fournisseur officiel du refuge des Estagnous, la boulangerie Simonet à Saint-Girons (et pam, un p’tit coup de pub mais la qualité des produits le vaut bien!). Le jour J, me voici dès 10h au refuge, devant un spectacle montagnard toujours aussi beau, accoudé au mur de la terrasse et savourant une bière fraîche et bien méritée. Le surlendemain, me revoici au refuge, vidé de toutes mes « quotidiennetés » valléennes, heureux, libre et fier de cette double bonne action : envers des montagnards et des amis…

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Tiens! Si vous avez décidé de passer une nuit dans un refuge, demandez donc au gardien s’il n’a pas besoin d’un petit quelquechose d’en bas. Le geste est toujours apprécié. Et s’il vous répond que non, n’hésitez-pas à amener tout de même quelques légumes ou une de vos petites spécialités culinaires, pas forcément beaucoup, simplement pour partager cette solidarité montagnarde à laquelle nous sommes tant attachés!

Stéphane


juil 24 2009

Le Bureau des Guides au JT!

Après Ariège News, c’est au tour de FR3 Midi-Pyrénées de parler de nous!

Les activités de montagne en général et vos serviteurs du Bureau en particulier ont donc été à l’honneur lors du JT regional du 23 juillet dernier : au programme, initiation via corda à la Dent d’Orlu avec Romain et initiation canyon à l’Argensou avec moi-même. Puisqu’on vous le dit que c’est accessible à tous! Et en plus, c’est magnifique.

Voyez-vous même en cliquant sur le lien que voila (avancez le curseur sous la vidéo jusqu’à 9mn pour voir directement le sujet sur le Bureau des Guides) :

http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b31a_1920&video_number=0

A bientôt!


juil 21 2009

Un étrange animal… l’Accompagnateur en montagne!

Mais à quoi peut bien servir un Accompagnateur en montagne ?!

Pourquoi se « charger » de cet animal étrange en montagne alors que tant de sentiers balisés et de topo-guides existent ?!

Voici de VRAIES questions souvent entendues qui appellent une petite réponse en plusieurs points…

1. Si vous souhaitez comprendre comment « fonctionne » l’éco-système montagnard, il faut savoir l’observer, le toucher, le sentir, voire le gouter… mais avec précaution ! Par exemple, vous observez des vaches qui paissent tranquillement à  l’estive (tiens, déjà un terme mal connu…). Vous vous demandez pourquoi elles se trouvent en montagne, comment sont-elles surveillées? Et l’ours, n’est-il pas dangereux pour ces bêtes, voire pour nous? Où fait-on le fromage? Bizarrement, sur certaines zones poussent des orties… alors que d’autres lieux accueillent une lande à myrtillers (miam!) et à rhododendrons. Attention, j’entends siffler! Quel est cet « oiseau »? Oh!, une marmotte… Et tous ces vestiges en ruines, quelle a donc été l’activité pratiquée par l’homme à cette altitude si loin des villages?…

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Bref, vous l’aurez compris, l’Accompagnateur en montagne existe pour vous RACONTER de façon ludique et adaptée la montagne, ses habitants, ses habitudes! Même les bons marcheurs ignorent souvent l’univers qu’ils traversent…

2. La montagne estivale possède des sentiers balisés et des topo-guides. Mais n’avez-vous jamais remarqué que le temps de marche ne correspondait pas à votre rythme personnel : trop court mais souvent trop long… Et la météo change vite en montagne : le terrain peut devenir vite glissant, voire disparaître derrière un épais brouillard. Et l’orage qui éclate si proche… Combien de groupes arrivant au compte-goutte et exténués au refuge d’En Beys que je gardais jadis… sans compter les secours qui auraient du être évités…

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L’Accompagnateur « étudie » et adapte l’itinéraire à votre rythme, évitant fatigue, problème de santé et mise en danger inutile… Il est en randonnée votre « ange-gardien » et gère le groupe pour qu’il reste uni et soudé. De la psychologie, un caractère bien trempé et une bonne humeur à toute épreuve!

3. Vous marchez régulièrement sur les sentiers des topo-guides mais souhaiteriez « sortir » de ces itinéraires souvent très fréquentés. Ou bien vous avez toujours rêvés de randonner dans un secteur mais vous ignorez si votre niveau le permet et quel itinéraire privilégier, dans les montagnes françaises ou à l’étranger ?

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L’Accompagnateur en montagne connait de nombreux secteurs montagneux et/ou de nombreux collègues spécialistes des secteurs qu’il ne connait pas. Par sa solide expérience des montagnes, il vous soumettra des propositions adaptées pour que vous puissiez réaliser votre rêve!

Bref, l’Accompagnateur en montagne est loin d’être indispensable en montagne. Néanmoins, dans de nombreux cas, il participera activement à la bonne réussite de vos vacances, de vos projets de trek ou de vos rêves parfois un peu fous… Et ça tombe bien, car cet animal montagnard un peu étrange possède sa propre part de rêve et une envie communicative de partage ….

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Stéphane