mar 30 2011

Encore un peu de raquettes à neige…

En mars, l’éclosion d’une nouvelle saison végétale se propage rapidement, d’abord dans les plaines puis dans les vallées. Les bourgeons grossissent jusqu’à l’explosion et les premières fleurs habillent les arbres fruitiers. Les senteurs se multiplient sous les gazouillis joyeux et l’herbe se colorie d’un vert tendre et soyeux.

 Tandis que les grimpeurs attrapent leurs premiers coups de soleil, accrochés aux parois calcaires des versants sud, les montagnards gagnent de l’altitude pour profiter de conditions optimales de neige. Grâce aux refuges gardés, les sacs ne sont pas trop lourds et les secteurs visités plus variés. De plus, les moments de détente le soir en jouant aux cartes à l’heure de l’apéro, en dégustant les bons petits plats mitonnés par les gardiens et lors des discussions d’échange avec les autres groupes permettent de vivre aux mieux ces quelques jours loin du quotidien.

 Les Pyrénées, par la diversité de ses paysages, offrent toute une palette de séjour en altitude. Là où se concentrent les refuges, il est possible de partir plusieurs jours en totale itinérance. D’autres lieux offrent tellement de possibilité que des séjours en étoile comblent les amoureux des grands espaces enneigés aux difficultés limitées. C’est le cas des Bouillouses, espace situé au dessus de Font Romeu dans les Pyrénées Orientales tout comme celui du Marcadau situé au dessus de Cauterets dans le Parc National des Pyrénées.

J’ai l’immense privilège d’emmener dans mes traces de petits groupes fidèles aux liens familiaux ou d’amitié forts. L’entraide, la solidarité et la joie partagée unissent dans l’effort les membres de ces groupes. Plus ou moins sensibles à la météo ou à la pente, ils se nourrissent et se réconfortent les uns les autres lors de nos escapades montagnardes, nous permettant, à eux comme à moi, d’améliorer notre Indice de Développement Humain…

 

Indicateur concurrent du Produit Intérieur Brut créé dans les années 90, l’IDH s’intéresse à calculer le bien-être d’une population plutôt que sa richesse matérielle produite. J’aime à traduire ce concept dans ma vie quotidienne. S’émerveiller devant une trouée de ciel bleu libérant l’espace et les sommets environnants, franchir la mer de nuage et sortir au soleil, observer le vol des rapaces dans le ciel, partager un effort physique pour atteindre le refuge ou le sommet, faire sa trace dans une neige vierge, improviser un pique-nique à l’abri d’un rocher… Autant de moments sans utilité apparente, sans « prix », sans marketing.

 

A Perrine, Jean « Papou », Sylvain, Michel, Maurice, Florence et Philippe, à nos itinérances en raquettes comme à nos jeux de carte aux Bouillouses et au Marcadau, je dédie ce petit message et leur redit à tous un grand MERCI.

 Stéphane


fév 22 2011

Pour quelques bonheurs de plus…

Les journées de travail d’un Accompagnateur en Montagne sont partagées entre sorties encadrées, dossiers à traiter le plus souvent devant l’ordinateur et réunions (syndicales, entre partenaires, de gestion de nos structures…). Pour ceux comme moi qui ont décidé de s’investir dans le développement d’un territoire, il existe toujours de bonnes raisons pour rester « au pays » ! Néanmoins, lorsque des décisions doivent être prises au niveau pyrénéen, des réunions se déroulent ici ou là sur la chaîne. L’autre jour, c’est à Pau que mes obligations m’entraînaient. Et surprise, mon agenda était vierge pour les trois jours suivants… Le voyage pouvait commencer !

Les Pyrénées forment un massif à taille humaine dans lequel la communauté montagnarde est soudée. Les moments magiques ou autres « bavantes » tissent des liens forts entre nous. Aussi, il est toujours agréable de rendre visite à un montagnard d’une autre vallée, qu’il soit guide, pisteur, gardien de refuge ou berger…

Après une première journée de mise en jambe au dessus du col du Pourtalet et une belle soirée paloise, je rejoignais Sylvain et Stéphane, mes collègues Accompagnateurs en montagne du Bureau des Guides pour une visite au refuge du Marcadau, où nous attendaient Yannick et Guilhem, les gardiens du temple.. Situé au dessus de Cauterets et du Pont d’Espagne, en plein cœur du Parc National des Pyrénées, ce refuge, (aussi appelé refuge Wallon) invite à découvrir les 5 vallées qui le surplombent.

En ce beau jeudi de février, et malgré une neige jouant à cache-cache jusqu’au refuge, le soleil faisait planer le bonheur au dessus de nos têtes. Après un pique-nique frugal au refuge, Guilhem nous accompagnait pour nous faire découvrir un superbe itinéraire à ski près des lacs d’Arratille. Le col de l’ours atteint, une pente vierge à la neige veloutée nous tendait les spatules : du ski de cinéma !

Dans l’un des plus grands refuges des Pyrénées (120 places), nous étions une petite dizaine le soir au refuge, laissant à Guilhem et Yannick du temps pour papoter avec nous sur les conditions de neige, les petites histoires de gardiens de refuge, les voyages, les copains, les ascensions passées et futures… bref, des discussions de montagnards ! Le punch, les bières, le repas et le vin aidant, une légère fatigue nous recommandait finalement un sommeil bien mérité.

La journée du lendemain nous permit à la fois de nous régaler à nouveau à ski tout en étudiant les différentes possibilités de séjours en étoile et en itinérance à pratiquer dans ce secteur. Avec la Grande Fache et le Vignemale à proximité, les formules ne manquent pas.

Après un dernier brin de causette avec les gardiens, nous repartîmes heureux de ces quelques moments de détente avant le « coup de bourre » des vacances scolaires.

D’ailleurs, nous retournerons régulièrement rendre visite au Marcadau. Pour la montagne environnante, magnifique. Mais peut-être surtout pour le partage de moments simples et joyeux avec Guilhem, Yannick, et tous les randonneurs que nous croiserons là-bas. Une expédition est déjà prévue en mars…

Stéphane