juil 6 2011

C’était un petit cheval blanc…

J’aime les chiens. Depuis tout petit, j’ai toujours eu une réelle affection pour ces animaux joueurs, affectueux et reconnaissants. Longtemps, j’ai regardé les chevaux avec méfiance. Je n’ai pas l’habitude que l’on me regarde de haut et je n’ai jamais ressenti la fameuse « intelligence » équine que beaucoup vénèrent.

Aussi, le monde équestre a toujours été pour moi mystérieux, voire incompréhensible. Utiliser ces animaux, ânes, mûles et chevaux à l’époque des voitures, trains à grande vitesse, avions supersoniques… quelle étrangeté. Quant à l’itinérance, la marche me semblait forcément la bonne formule, le vélo en second choix.

Bref, la peur et l’ignorance me rendaient insensible aux charmes d’un galop aérien dans de verts patûrages.

Une rencontre, des moments partagés, la peur qui diminue au contact des chevaux et me voilà lancé dans une nouvelle aventure : effectuer la transhumance pour 5 chevaux dans la vallée de Luzenac !

Si je voulais poursuivre la belle histoire,  je vous raconterai le bonheur des chevaux, crinières aux vents, foulant l’herbe tendre de la jasse du Boutas, les rires face aux rouades de plaisir des Mérens en liberté dans le soleil couchant…Et bien non, la montée vers Boutas et Bertounels fut longue et difficile, nos poulinières s’effrayant de la moindre mouillère (à une époque où cette vallée pourrait être surnommée la vallée d’eau…) et refusant d’avancer tous les dix mètres ! Là où seul j’aurais mis 3 heures entre le village de Luzenac et la cabane de Bertounels, il nous en fallut 10…

Et pourtant je suis heureux. De partager cette aventure avec mon amie certes. D’imaginer les troupeaux à la hiérarchie bien définie tout l’été vivant en pleine montagne. Mais aussi de découvrir de l’intérieur une facette du monde agricole, les enjeux liés à la terre, les rapports plus ou moins francs entre éleveurs, les préconisations pas toujours très opérationnelles des syndicats agricoles ou de la Chambre d’Agriculture. Je mesure également la lourdeur du travail de ces professionnels, gérant des personnes, des animaux, des installations et des outils au cours de journées souvent interminables.

On dit parfois que l’élevage de montagne est conservateur, qu’il ne s’est pas s’adapter aux mutations de la société. Mais les agriculteurs ont-ils le temps de prendre du recul sur leurs activités, la tête dans le guidon, les banquiers en embuscade et les pouvoirs publics à la traîne ?…

Alors si vous avez de l’énergie, un brin de folie et plein de curiosité, participez quelques heures, quelques jours ou plus à la vie de ces femmes et hommes qui contribuent à notre existence à tous.

Stéphane