fév 16 2012

Formation alpinisme hivernale

Le week- end du 11 et 12 février s’est déroulé 2 journées de formation aux techniques de progression en couloirs de neige avec 6 membres du club de montagne de Labarthe/lèze.
La 1ere journée était consacrée aux différentes techniques de progressions, d’assurances, d’encordements en couloirs de neige.
Cette 1 ere journée s’est déroulé dans la Sierra de Cadi. La Sierra de Cadi présentait un visage pas tout à fait hivernale. La grosse majorité des couloirs étaient des plus secs. Heureusement quelques pentes de neige durs ont permis de mettre en application les différentes techniques.


Le lendemain, le manque de neige nous impose de changer de destination, pour mettre en application à travers la réalisation d’un couloir: le Vermicelle dans le massif du cambre d’Aze.
C’est par un grand froid et pas mal de vent environ -15 à – 20° que nous remontons ce couloir très esthétique. D’abord en neige profonde du aux accumulations, beaucoup plus dur dans le haut du couloir. Débouché sur la crête au soleil, cela fait du bien vu la température.
La descente s’effectue sur le couloir central en neige dur ou les techniques de cramponnage et d’assurance en mouvement ont toute leur importance.




Ces 2 journées ont permis des prises de consciences sur la sécurité en couloirs de neige et l’importance des bonnes techniques adaptées à ce type de terrain
Bruno COLLA
Guide haute montagne


fév 2 2012

Découvrez le ski de randonnée avec nos Guides !

La neige s’installe sur les sommets des Pyrénées Ariégeoises, la poudreuse n’attend plus que vous, l’heure est donc à la découverte et à la pratique du ski de rando afin de découvrir ces grands espaces immaculés…

Mais au fait, qu’est-ce que le « ski de randonnée » ?

Skiez tout l’hiver avec les Guides du Bureau des Guides des Pyrénées Ariégeoises !

Rod


jan 13 2012

Ascension du grand dièdre des Valettes

Après une sortie ski de rando en initiation au col de Porte Puymorens, et au vu des conditions rencontrées, je suppose que ça doit pas être si mal dans le coin pour faire de l’alpi… Il a plu très haut en altitude et avec le froid, la neige est béton !

Direction donc en compagnie de mon ami Rémi et de mon Papa, la station de Porte Puymorens. Au dessus de celle-ci, le pic des Valette, la pointe de la Vignole et le pic de Font nègre offrent de nombreux itinéraire de goulottes mixte. Au cours de l’approche, nous reconnaissons l’itinéraire caractéristique du «grand dièdre » qui a l’air plutôt bien formé. On distingue même sur la droite, une fine ligne de glace qui semble parcourir un petit dièdre parfait…

Après les 3 premières longueurs de cette belle classique, malgré une journée déjà bien avancée, je ne résiste pas à l’envie de sortir de la voie pour aller voir sur la droite. La ligne est magnifique… Je comprends néanmoins que ça na va pas être facile…


En fait, la neige n’est pas aussi dure que je l’aurais espéré et les protections sont aléatoires… Heureusement, ce n’est pas très raide et en grimpant calmement, j’arrive petit à petit à m’élever dans ces longueurs vraiment incroyables. Mes seconds finiront la dernière longueur de nuit mais dans l’euphorie la plus totale !!!

Pour ne rien gâcher, la pleine lune nous accompagnera dans notre descente à ski sur la station ou nous avons bénéficié de pistes fraichement damées…

Une des plus belle ligne que j’ai faite dans le coin…  Et encore une longue journée d’alpinisme…

Romain Wagner


jan 11 2012

Alpinisme Hivernal au créneau d’Endron dans le Vicdessos

Nous avons gravi tous les 4 ce samedi 7 le créneau d’Endron.

Très belle ascension au cœur du vicdessos, dans des supers conditions de neige et glace avec  un beau temps et un paysage à couper le souffle.

Belle première course pour  tous les 3, une expérience authentique avec une véritable ambiance de haute montagne.

A refaire absolument !


jan 10 2012

Alpinisme dans le vicdessos

Malgré une météo bien nuageuse ce lundi, nous sommes partis voir les conditions de glace dans la vallée de Soulcem. Arrivés au barrage, nous nous sommes aperçus que la glace du panneau central était trop fine pour pouvoir grimper.

Heureusement, le ciel bleu était quant à lui bien là et nous incitait à pousser un peu plus loin dans la vallée. Après être passés près des orrys du Carla, nous avons continué jusqu’à la passerelle un peu plus haut.

La glace, à défaut d’être dans les couloirs et sur le rocher, était bien présente sur la piste transformée en vraie patinoire…

Nous avons alors décidé de monter dans un couloir qui part vers l’est pour utiliser un peu tout le matériel que l’on avait emporté : piolets, crampons, cordes, broches, coinceurs…

La neige, bien portante et bien dure, crisse sous les crampons. La progression est rapide et très agréable.

De plus on trouve quelques petits passages plus raides et même un petit mur de glace d’environ quatre mètres qui nous fait utiliser la corde et les broches.

Ensuite, le couloir devient plus large et vers 2 200 mètres, la neige est moins portante, croutée par endroit et profonde parfois.

Pour rejoindre la crête on quitte le couloir pour louvoyer entre les rochers. De cette crête vers 2 370 mètres, on surplombe le cirque de l’étang de Roumazet.

Le paysage est superbe et la neige est bien présente en altitude.

La descente se fait sans encombre mais il faut tout de même se méfier de l’alternance de neige bien dure et neige croutée dont la croute de glace maltraite nos tibias… .

On récupère le GR qui nous ramène dans la vallée aux multiples orrys puis on rejoint la voiture en se méfiant de la glace vive sur la piste…

Malgré un début de sortie qui s’annonçait incertain, nous avons finalement passé une belle journée d’aventure en montagne dans un couloir que l’on ne connaissait pas loin de la grisaille de la plaine

Sylvain


déc 30 2011

Enfin l’hiver est là !

La neige commence à recouvrir les Pyrénées, les Guides de Haute Montagne du Bureau affûtent leurs piolets et chaussent leurs crampons tandis que les Accompagnateurs en Montagne vérifient les réglages de leurs raquettes à neige et chargent les « Arva »…

L’hiver est arrivé au Bureau des Guides des Pyrénées Ariégeoises !

…et les grimpeurs/canyoneurs du Bureau, que font-ils pendant ce temps ? 4 d’entre eux s’entraînent assidument à la grimpe sur les célèbres plages de Thaïlande !!!

Mais revenons à nos flocons :

Que faire en montagne quand on veut sortir des pistes asseptisées et sur-fréquentées des stations de ski ?

« Alpinisme et couloir » par exemple : Les conditions de neige sur les couloirs du Cambre d’Ase sont très bonnes en ce moment. Les niveaux varies entre AD et TD+. Les Guides s’y régalent en ce moment avec des petits groupe ou en sortie individuelle.

Ou « cascade de glace » aussi :  Lors des premiers froids de l’hiver, la vallée d’Auzat revêt sa carapace de gel pour une durée indéterminée. Les contreforts du barrage de Soulcem, situés au dessus de la vallée,  permettent de découvrir ces rideaux de glace. Quel que soit le niveau de pratique, c’est la découverte d’un univers éphémère et magique…

« Ski de randonnée » ou « Freeride » : Découvrir le ski en dehors des pistes damées, le rêve exaucé de nouvelles sensations de glisse dans une neige poudreuse : « faire ses traces »… Initiation en toute sécurité, avec un professionnel qualifié : partage d’une passion du ski. Le ski « freeride » permet de découvrir des espaces vierges accessibles à partir des remontées mécaniques ou pour les puristes, il s’agit de sortir les « peaux de phoque » afin d’atteindre les sommets par soi-même.

Et encore, la raquette à neige : Les Pyrénées recèlent de coins merveilleux et le Capcir en fait partie. Forêts de Pins à Crochets, lacs gelés, grandes étendues et quelques jolis petits sommets adaptés à la pratique de la raquette. Nuit et restauration en refuge gardé, le soir, des moments conviviales et agréables ainsi qu’un repos bien mérité. A deux pas de la méditerranée, un véritable paradis version « Grand Nord » !

Même en nocturne, atteindre en raquettes à neige le refuge du Chioula et apercevoir ce halot de lumière en plein cœur de la montagne est un plaisir indescriptible. Et quand la porte s’ouvre sur une douce chaleur et des senteurs gourmandes, le bonheur n’est plus loin !

Toute l’équipe du Bureau des Guides vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année.

Salutations montagnardes.

Rod


juil 18 2011

S’étudier pour s’améliorer

Non, nous ne sommes pas tous les jours en montagne, jouant à cache-cache avec l’isard ou dévalant de furieux torrents !  Certains d’entre nous partent en expédition dans un but scientifique ou ludique, d’autres forment nos futurs collègues en France ou à l’étranger, d’autres encore passent beaucoup de temps derrière un clavier, en réunion ici ou là pour défendre nos métiers et inventer le tourisme actif de demain en montagne.

C’est dans cette optique que nous participons avec d’autres au « Collège pleine Nature », regroupement des 150 structures professionnelles des activités de loisirs sportifs de plein air du département de l’Ariège. Le but ? mieux se connaître d’abord pour chercher ensemble de nouvelles façons d’imaginer le tourisme vert et aider les institutions publiques (Offices de Tourisme et Agence Départementale du Tourisme de l’Ariège en tête) à mieux communiquer sur nos activités.

Et pour bien connaître notre filière d’activité protéiforme, il faut sonder, mesurer, interroger… c’est le but de l’étude des retombées économiques, sociales et environnementales initiée par le département de l’Ariège à laquelle nous participons activement. Savoir ce que l’on représente au niveau économique et social,  c’est calculer le nombre d’emplois générés, de familles vivant dans nos communes de montagne, l’implication des professionnels dans la vie politique et associative de nos vallées…

Une fois encore, l’Ariège est à la pointe de l’innovation en matière de tourisme de nature. En effet, nous sommes précurseurs sur la durée et les objectifs de cette étude, voulant mesurer non seulement le poids de cette filière mais aussi son impact, et notamment sur la prise de conscience environnementale par les gens que nous encadrons dans nos activitésd ou que nous accueillons dans nos gîtes et refuges.

C’est ce qu’ont pu constater nos politiques (Conseil Général, Confédération Pyrénéenne du Tourisme, Communauté de Travail des Pyrénées, Conseil Régional, Chambre d’Agriculture…) et la presse lors de cette présentation début juillet de notre programme d’étude.

En novembre 2011, nous aurons un premier rendu de ce travail et les trois années suivantes permettront de mettre en place un véritable observatoire des pratiques touristiques de loisir sportifs de nature dans l’Ariège.

Et comme nous sommes aussi sur un projet de charte qualité, l’Ariège et ses professionnels devraient encore innover dans les prochaines années…

Stéphane


mai 10 2011

« Big Wall » au Kinnaur… (expé)

En « phase de repos » dans l’Himalaya indien, Rod et Yann, tout juste rentrés de leur expédition canyon au Népal, n’ont rien trouvé de mieux à faire que de retourner « brasser » en haute-montagne, au porte du Tibet !

Le Kinnaur, district encerclé de « 6000 m » au nord de l’Inde et à la frontière Tibétaine

Manali, en Himalchal Pradesh, lieu calme et reposant… au programme : escalade, canyon, rando, les vacances types du « Moniteur BGPA » avant la saison !

Dans ce genre de lieu idyllique, on rencontre souvent du « beau monde », et entre autre, les meilleurs grimpeurs de la planète ! C’est comme ça que par le biais de Jean-Luc Jubert, grimpeur de renom installé à Manali, nous avons croisé Elie Chevieux qui nous a fait par de son projet : l’ascension d’un « Big Wall », au fin fond du Kinnaur, avec 3 autres alpinistes, Giovanni (Suisse), Yannick (France) et Johnny (USA)… Une escalade extrême sur 1000m de paroi située entre 4000 et 5000m d’altitude.

Il ne nous aura pas fallu longtemps pour trouver de bonnes raisons pour se joindre à cette équipe de passionnés : il y a du rocher et des blocs partout là-bas, c’est le top du « bouldering » de haut niveau, la bande de grimpeurs est super motivée et puis la vallée de la Sangla est extraordinairement sauvage et préservée, perchée au portes du Tibet à 3000m d’altitude. C’est donc tout naturellement que nous leur proposons de les rejoindre afin de leur donner un « brave » coup de main pour les sessions de portages.

Vue depuis Rakcham

Une semaine plus tard, nous voilà parti de Manali pour la Sangla Valley. Il nous faudra plus de 15h de moto en passant un col à 3500m, soit 2 jours de « ride » dans la poussière sur des pistes pourries pour atteindre notre objectif.

Rakcham (Alt.2960m), petit village au coeur de la Sangla Valley

… Une sacrée mission !!!

J2, 18h, enfin arrivés à Rakcham, peu après le village de Sangla ! Dès le lendemain matin, une bonne journée de repérage nous attend pour trouver l’accès au « Grand mur », à plus de 3400m d’altitude, les paysages sont fantastiques… Le soir, dans la « guesthouse » locale, la fête est au rendez-vous, une douzaine de grimpeurs discutent fougueusement des mouvements durs des « blocs » du coin, autour de quelques bières… Certains, comme les autrichiens, sont là depuis plus d’un mois, les alpinistes, quant à eux viennent d’arriver.

Vue de Chitkull

Le jour suivant sera consacré à la visite du fond de vallée : Chitkull, porte du Tibet. Ce village traditionnel, perché à 3400m, est superbe, tout en bois et pierre, des temples datant de plusieurs siècles veillent sur les habitants, l’ambiance bouddhiste est mystique…

Rod : la pause s'impose !

J4, l’heure est au portage… Départ de bonne heure, à 2800m d’altitude, pour atteindre le bivouac au pied de la « face », à 4200m. On monte environ 20kgs chacun, soit à 7 personnes, plus de 100kgs de matos, coinceurs, cordes et autres quincaillerie . Sept heures d’efforts sont nécessaire pour avaler les 1400m de dénivelé en terrain difficile et varié, rocher, neige, glace, etc… Le temps est au grand beau, on en prend tous plein les yeux et plein les jambes ! Chacun profite de la vue imprenable sur la monstrueuse falaise, les grimpeurs repèrent « LA ligne ». Nous terrasserons la plateforme du campement avant de redescendre rapidement avant la nuit.

Nous ne vous en dirons pas plus sur ce projet dément et confidentiel car un film réalisé par Yannick devra sortir courant de l’automne : patience !

Le dernier jour parmi le groupe sera consacré à l’escalade de bloc, superbes passage, super caillou, super ambiance…

Yann en plein effort

Deux jours supplémentaires nous permettrons de rentrer en bécane sur Manali après cette excellente rencontre.

A suivre lors des meilleurs festivals d’aventure…

Rod


Au premier plan, le bivouac, au second, le "Big wall"

Les derniers 400m : partie glacée

De G à D : Clem, Yannick, Yann, Rod, Johnny et Elie


sept 10 2010

Alpinisme aux Pics Fourcade

Vous souhaitez  faire de la belle escalade facile sur du bon caillou dans un cadre magnifique et sauvage de la Haute Ariège tout en bénéficiant de l’accueil excellent des gardiens de refuge ?

« N’hésitez plus, montez au Rulhe ! »

C’est ce que nous avons fait, Stéphane, Cécile et moi le week-end dernier en allant faire un tour du côté de chez Calou (le gardien du Rulhe !).

Arrivés en fin d’après-midi, nous avons tout de même chaussé les sandales du grimpeur sur la falaise école située sous le refuge et exposée plein ouest : lumière et douceur de fin d’après-midi sur du bon granite représentent une belle introduction à week-end vertical.

Après une superbe soirée passée en compagnie du staff du refuge, Régis et Calou, nous avons jeté notre dévolu sur une voie peu connue des pics Fourcade : 7 longueurs semi-équipée arrivant juste au sommet avec la longueur clé en 5b équipée… tranquille pour les grimpeurs moyens que nous sommes et belle première montagnarde pour Cécile.

Stéphane, ancien BE escalade, a joué le guide et nous avons pu profiter de ses bons restes en matière d’équipement des parties en terrain d’aventure : des relais béton et une vitesse propre aux professionnels : là où vous cherchez 10 minutes la bonne fissure et le bon « friend », il décoche en 20 secondes la bonne solution : impressionnant et reposant !

Le gypaete barbu en a profité pour venir nous frôlé dans l’avant dernière longueur alors que les vautours fauves se tenaient à l’affut d’une mauvaise chute, rappelant à chaque passage que la montagne est belle, mais qu’elle exige prudence et humilité !

Vivement la prochaine ascension… ben c’est demain à la dent d’Orlu !

Stéphane


juil 13 2010

Un coin de paradis et le « Doigt de Dieu »

Michel Ange est un génie.

Cette considération pourrait sembler déplacée dans un blog consacré à la montagne mais je persiste : Michel Ange est un génie !

Imaginez que vous peigniez une fresque et que quelques 5 siècles plus tard, des montagnards époustouflés par la beauté d’un sommet lui donne un nom inspiré par votre oeuvre. C’est le cas du Doigt de Dieu, pic central de la Meije, bien visible depuis le célèbre village de La Grave où les artistes du ski hors piste rivalisent chaque début avril pour relier le plus rapidement l’arrivée du téléphérique à 3200m d’altitude aux bars à bières du village !

Il y a quelques semaines, j’étais (une fois de plus) tranquillement installé sur la terrasse du refuge d’En Beys, les yeux scrutant les versants raides des Aiguilles rouges à la recherche de quelque isard à observer. Sylvain sort de la cuisine en me disant :  » au fait, tu ne sais pas la meilleure, c’est LE Piol (célèbre pour son défi Twingo qui permit voilà quelques années à 17 apprentis Accompagnateurs en Montagne de monter à bord en même temps de son frêle bolide) qui a repris le refuge de l’Aigle ! ». « Non ?! ». « Si! ». « Voilà une excellente raison d’aller enfin rendre visite à ce refuge mythique du massif des Ecrins, perché à 3450m d’altitude dont l’accès le plus facile est déjà une petite course d’alpinisme ».

Mercredi dernier, me voilà devant la gare de Grenoble. Il est 19h et il fait encore 35°C, ce qui à Grenoble est presqu’insupportable. Manu descend du train. Nous quittons au plus vite cette ville cuvette pour gagner l’Oisan puis la route du Lautaret jusqu’au dessus du village de Villar d’Arène pour un bivouac bien mérité.

Il faut 6h d’après les topos pour monter au refuge. Les 1800m de dénivelé s’effectuent d’abord sur un très bon sentier, puis il faut remonter des névés raides, franchir deux passages aux rochers délités avant d’atteindre la vire Amieux (sécurisée par un cable) qui donne accès au glacier du Tabuchet. Partis à 6h30, nous parvenons tranquillement à 11h au refuge. David (Le Piol) nous accueille avec bonne humeur dans cet endroit magique. Le petit refuge de 17 places est posé sur un petit promontoire rocheux à l’abri des avalanches et du glacier. La journée est magnifique et le vent à peine présent. Le panorama est grandiose de tout côté, entre Meije, glacier, séracs et crevasses béantes.

Vers 13h30, nous décidons de poursuivre la grimpette jusqu’au sommet oriental de la Meije, course classée Peu Difficile pour les deux rogons rocheux à franchir et la belle arête en neige sommitale. La rimaye est encore facile à passer, la neige ayant été particulièrement abondante en ce printemps dans les Ecrins.

Nous atteignons le sommet à 3891m d’altitude vers 15h45. La vue s’étale jusqu’au Mont Blanc et permet d’admirer la fabuleuse face du pic central de la Meije, le célèbre Doigt de Dieu.

De retour au refuge, nous retrouvons d’autres cordées dont la plupart sont menées par des Guides de haute Montagne.

David étant béarnais, j’avais monté dans mon sac une bouteille de Jurançon, pensant qu’il n’en possédait pas au refuge. Mais si, bien sûr, comment imaginer un gars d’Oloron sans Jurançon !

Nous permettons ainsi à nos collègues du soir au refuge de déguster deux bouteilles différentes de Jurançon, fortes appréciées, avant de goûter la traditionnelle soupe du refuge du Bastan (massif du Néouvielle dans les Hautes Pyrénées), où David a passé une saison en tant qu’aide gardien.

A 21h, tout le monde est au lit car le lever est programmé pour la dizaine d’alpiniste à 4h le lendemain. Je reste jusque vers 23h avec David pour se raconter mutuellement nos dernières années dans une lumière superbe sur la Meije.

A 4h, petit dèj à la frontale. Après hésitation et sous l’insistance des guides et de David, nous décidons avec Manu de monter au Doigt de Dieu plutôt que de rester pour aider David à réceptionner les deux bags héliportés au refuge le matin même. « C’est bon, j’ai pas besoin de vous, bande de feignant ! Allez profiter de la montagne, vous êtes en vacances ! ».

Après quelques heures d’efforts mesurés, nous parvenons au sommet du Doigt de Dieu en compagnie d’une cordée avec qui nous avons uni nos forces, non sans regretter de n’avoir pris qu’un piolet et 2 broches à glace pour la première longueur en neige et glace…

Déjà il faut redescendre pour ne pas risquer de descendre sous d’autres cordées arrivant de la fameuse traversée de la Meije, course majeure des Alpes.

Au refuge, nous retrouvons un David rassuré après l’héliportage. Et surprise, nous dégustons un bon steack avec salade, haricots verts et patates revenus dans de la graisse de canard sur la petite terrasse face à la Meije… du grand bonheur !

« Dis Stéphane, quand-est-ce qu’on y retoune ?… »

Stéphane