sept 7 2011

Un petit mot pour une grande aventure…

Récit d’un participant à une course spéléo jusqu’à 400 m de profondeur dans le gouffre Georges :

Ces premières vacances dans les Pyrénées avaient été placées très clairement sous le signe de l’effort physique…L’important c’est de participer comme disait Pierrot (ndlr : De Courbertin). Après la randonnée, le vélo jusqu’au plateau de Beille, la pétanque et la pêche (l’une des quatre mentions précédentes n’est pas un sport, cherchez l’erreur !), je cède aux sirènes de mes deux acolytes (Max et Quentin) pour une initiation de spéléologie…Ca promet !

Nous commençons alors le mercredi soir avec Rod STURM pour l’horizontale et le jeudi avec Phil BENCE pour la verticale. En appelant le bureau des guides j’avais au préalable demandé un trip un peu sportif puisqu’il s’agit du thème de la semaine…

Je ne fus pas déçu !

Arrivé le jeudi matin, RDV avec Phil au café de Vicdessos. Problème : étant un pur produit parisien difficile de trouver le café anonyme de cette jolie bourgade. J’apprendrai plus tard qu’il n’y a en fait qu’un café.
Bref nous retrouvons notre joyeux guide avec un peu de retard et partons pour l’etang de l’hers à la découverte du gouffre Georges.

Nous voilà équipés pour ce voyage au centre de la terre. A l’entrée du gouffre la bouche est fermée par une trappe en fer. Phil l’ouvre pour nous faire sentir le courant d’air…effet garanti, décoiffant et vivifiant (13°c) !

Briefing sur la descente. Visiblement le descendeur est un instrument pas trop compliqué ça devrait le faire.

Nous voilà donc parti la fleur au fusil pour un voyage d’une petite journée, bien loin d’imaginer les péripéties qui nous attendent…Engagez-vous qu’ils disaient !

La descente commence et le gouffre se découvre au fur et à mesure. Enchaînement de salles impressionnantes, d’éboulis gigantesques, on sentirait presque la puissance de la roche au dessus de nous. Une véritable atmosphère de cathédrale !

Pour ceux qui cherchent un logement le descriptif pourrait se faire en ces termes :
Souplex x pièces, beaux volumes (exploitation des combles possibles), au calme et bien isolé. Sans ascenseur. Travaux à prévoir. Visite possible de 11h à 21h.

Trêve de plaisanterie pour le moment on fait les malins mais ce que l’on descend devra être remonté (angoisse ? appréhension ? pas encore !) et nous arrivons à notre premier arrêt, la salle de la famine…Rassurant !
Motivés comme jamais et mis en confiance par l’excellent Phil nous continuons.

Quelques heures ? Minutes ? plus tard (difficile sous terre d’appréhender le temps qui passe) nos horloges biologiques nous ramènent les pieds sous terre : on casserait bien la croûte ! Après moultes rappels (dont un de 30 mètres !) et quelques exercices d’équilibriste le lieu du pique-nique s’impose à nous, ce sera au bord de la rivière souterraine. Eau fraîche à volonté.

En prime nous aurons même le petit café qui va bien pour clore ce repas. Que demande le peuple ?

Toujours intactes après cette longue descente, l’enthousiasme et la motivation de l’équipe nous pousse à aller encore plus loin. On m’avait parlé de -400 mètres, étant un fervent jusqu’au-boutiste, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin…

La descente continue donc et l’on traverse de superbes salles aux volumes gigantesques. Moi qui pensait que l’on se sentait à l’étroit en spéléo…

-400 mètres ! C’est bon c’est gagné ! Si j’avais amené un drapeau je l’aurais planté sur place… Photos et tout le tralala après tout on l’a bien mérité.

Et puis vient le temps de la remontée. Aïe !

Phil :

« Alors c’est pas très compliqué… »

Première étape :
Assis sur le baudrier, en tension donc sur le croll, je mets le pied gauche dans la pédale, le droit dans le bloqueur de pied et prend en main le bloqueur de poignée.

Etape 2 :
Je tire sur la poignée tout en poussant sur la pédale. En fait je passe de la position assise à la position debout. A ce moment c’est le bloqueur de poignée qui est en tension.Etape 3 :
Je me mets assis sur le baudrier et je pousse le bloqueur de poignée vers le haut (penser à lever le pied en même temps). Je suis alors en tension sur le bloqueur de poitrine.

Etape 4 :
J’ai fini le cycle précédent, j’entame le cycle suivant en reprenant à l’étape 2.

Et bien la seule chose qui est claire ce que je n’ai rien compris. Existe-t-il un mal des profondeurs comme en plongée sous-marine ?

Bref descendre c’était bien mais la remontée s’annonce plus compliquée. Première ascension…une catastrophe…d’autant plus que mon baudrier me scie la cuisse. Sans se départir de son calme surnaturel (caractéristique de l’homo cavernus ?) Phil me prête gentiment son harnais et récupère le mien. Ouf ça va mieux !

Retour sur le lieu du déjeuner. Tiens ! Si on prenait une photo pour fêter ça ?
Et là c’est le drame…qui a l’appareil ? Il a du rester à -400 mètres…
Tant pis pour lui ! Nous continuons la remontée avec pour ma part, contrarié par la perte de l’appareil photo, une petite baisse de moral.

Viens la difficulté principale, le fameux rappel d’une trentaine de mètres qu’il faut maintenant faire dans l’autre sens. Suspendu dans le vide le groupe passe sans difficulté et en toute sécurité grâce à Phil qui doit être un cousin de Batman ! Au passage quelle sensation géniale que de d’être suspendu dans le vide assis dans un fauteuil…pardon harnais ! J’ai adoré.

Cette remontée continue et commence à être longue…Dis Phil c’est quand qu’on arrive !? Quelle heure est-il au fait ? Perso je parie sur 17h30.

Phil dira :…plus tard je pense…

Salle de la famine…puis les halls de cathédrale…les éboulis…ça sent bon !
Dernière remontée et nous voici à l’air libre. Bizarre on dirait la tombée de la nuit…

En effet il est 21h, ça fait 10 heures que nous sommes partis !

Ravis et exténués…vivement les courbatures qui s’annoncent pour les prochains jours nous reprenons la route après cette incroyable incursion dans le gouffre.
En conclusion, nous voulions faire de la spéléo en Ariège pour découvrir cette activité. Ce qui est sûr ce que l’on a été servi. Rod et Phil ont tout simplement été géniaux.

Mention particulière à Phil qui nous a supportés pendant 10 heures, qui s’est montré attentif, patient et rassurant. Je me demande même s’il était fatigué à la fin…

Quand à nous…on avait parlé d’une initiation non ? J’ai du mal à imaginer ce que doit être la vraie spéléo, ce qui est sûr ce que j’y reviendrai !

Julien


nov 9 2010

Les participants ont la parole !

Et oui, pourquoi ne laisser la parole qu’aux seuls pros ? Pour répondre à cette question, j’offre à Perrine la possibilité de partager avec tous sa sortie de fin juillet à la Pique d’Estat. Et comme les mots sont bienveillants, cela est d’autant plus agréable de publier le texte ;o)

Cela dit, c’est pour recevoir ces retours que nous proposons nos services. Comme je le dis souvent, nous avons la chance d’exercer un métier au service des rêves de nos semblables : c’est quand même un luxe incroyable !!!

Mais trêve de blabla, place au récit de Perrine :

Mettre un commentaire nous semblait incontournable alors que nous venons tout juste de découvrir cet absolument génial blog, mais quel commentaire? Un si sympathique et il nous fallait user de notre droit de réponse! Que dire de plus quand il semble que tout soit décrit et si bien écrit (même la bonne ambiance et les franches parties de rigolade transparaissent dans ce que tu as écrit).
Alors je dirai un grand MERCI pour ce grand moment de bonheur car il faut bien avouer qu’il a bien fallu que tu nous (me) bouscules pour démarrer. Jusqu’au moment où tu as soupesé nos sacs et où nous avons refait les lacets de nos chaussures je n’y croyais pas. Par un temps maussade comme celui auquel nous avons eu droit au démarrage je m’attendais à ce que la décision soit prise de ne pas poursuivre le chemin plus loin que le parking… Pourtant, tant d’envie et d’espoir ne pouvaient être déçus! Et quel bonheur!
Quel bonheur de trouver après chaque « petit coup de nez » un « léger replat » pour respirer.
Quel bonheur de s’émerveiller devant cette faune (sans oublier le crapaud décapité) et cette flore (qui malheureusement n’a pas tellement réussie à Manu…).
Quel bonheur d’arriver dans ce refuge semblant s’être perdu au milieu des nuages (je crois que Sylvain et moi garderons longtemps en mémoire cet instant surréaliste où tu nous disais « On est arrivés! » et où sous nos yeux ébahis ne s’étalait qu’une blanche immensité nuageuse…).
Quel bonheur de goûter le fruit de notre récolte si bien préparé et suivi de ce repas chaud aussi réconfortant que réparateur (eh oui! faire une fleur avec sa purée ça fait petite fille mais au moins elle refroidit plus vite!!!).
Quels instants magiques autour d’une partie de « coinche », quelques cerise suralcoolisées et une tournée, ou deux, de « petite pomme » quand Manu pleure de rire sur une chanson de Souchon ( et je te trouve très dur avec toi-même ton « Arièja mon paìs » était très bien…).
Quel moment hors du temps quand frigorifiés sur la terrasse nous découvrions le ciel étoilé et l’espoir qu’il a fait naître pour le lendemain, après la journée que nous venions de passer…


Quelle joie immense de passer enfin le palier mythique des 3000 mètres au son des chansons fredonnées et des épisodes de Kaamelott récités.
Et puis on est arrivés! Le temps s’arrête l’espace d’un instant. On est arrivés, on y est arrivés!
Alors il faut redescendre, apprendre à faire du « culing » (énorme!), la légère angoisse au moment de traverser les névés (spéciale dédicace pour toi Sylvain!), se souvenir des endroits où il ne faut pas tomber, se souvenir aussi que ça fait longtemps que je ne suis pas montée sur une poutre, comprendre pourquoi le sac de Vaughan était si lourd, découvrir la puissance d’un hélicoptère qui n’en finit pas de nous tourner autour (alors qu’il n’était pas avec nous le blessé!).
Je crois que j’ai oublié beaucoup de choses dans ce commentaire. J’ai peut être même oublié d’y mettre l’essentiel mais l’essentiel il fallait y être pour savoir ce que c’est. Ces vues sublimes, la découverte de nouvelles sensations…un autre monde. Tout cela nous a tellement bouleversé que nous avons réussi à avoir un accident sur le parking (je ne préciserai pas ici qui était au volant mais le rétroviseur du « 81″ s’en est trouvé salement amoché tout comme notre feu arrière) et nous avons longtemps répété cette phrase devenue célèbre entre nous « qu’est ce qu’on était bien à 3000″!


Je crois que j’ai oublié beaucoup de choses dans ce commentaire mais je me souviendrai de tout. Ce fut un week-end incroyable, inoubliable! Un cadeau d’anniversaire exceptionnel (même si j’ai souffert…)!
J’espère qu’un jour on remettra ça!
Et puis, on te doit toujours un Bugarach!