sept 28 2012

Week-end rando autour d’Arrémoulit

Il est des curiosités quel’on n’ose découvrir : par peur d’être déçu, par peur d’être vu dans un lieu que l’éthique renie, parce qu’on ne peut pas tout voir, tout visiter… Le petit train jaune d’Artouste fait partie pour moi de ces curiosités délaissées, certainement pour les raisons évoquées plus haut ! Un montagnard, un vrai, part du fond de la vallée pour profiter pleinement de son ascension vers les sommets ! Encore que… la voiture qui gravit lacets après lacets la route d’un col…. la télécabine qui nous rapproche d’un beau vallon à skier… pourquoi pas le train qui nous transporte tranquillement à travers tunnels et estives vers un nouvel eden d’altitude !

 

C’est ce que je proposais le week-end dernier à un petit groupe emmené par Philippe (un ami d’ami devenu ami après quelques escapades pyrénéennes) pour permettre à tout le monde de rejoindre sans trop de difficulté le cirque d’Arrémoulit, ses lacs et son fameux refuge, l’un des plus pittoresques (et donc des moins modernes !) des Pyrénées. Grâce au petit train, que nous partagions avec d’autres touristes parfois plus en adéquation vestimentaire avec une visite de musée ou des emplettes en centre ville que perché à 2000m d’altitude fin septembre, nous découvrions les joies de l’Express le plus haut d’Europe : ses tunnels donc, l’attente aux aiguillages, les coucous des personnes redescendant par une autre rame et les marmottes habituées à ce spectacle.

Une heure plus tard, nous étions à quai, au milieu d’une foule cosmopolite et vite essouflée dès les premières marches menant au barrage du lac d’Artouste. Arrivé là-haut, nous prenions le chemin du refuge et là… plus personne ! La montagne, la vraie, presque sans bruit… à quelques minutes de la fin de la civilisation !

 

Nous sommes arrivés en fin d’après-midi au refuge tenu désormais par David, un copain de longue date avec qui j’avais jadis passé le diplôme d’Accompagnateur en Montagne. Fin septembre, la saison dans les pattes, les cernes sont bien présentes. Mais le sourire est franc et les retrouvailles sincères. Comme souvent le samedi soir dans les Pyrénées, le refuge affiche complet. Nous sommes prévus au premier service et je propose à Philippe et Jean-Paul, dont le regard porte vers les sommets, une petite balade apéritive vers le col d’Arrémoulit. Pour respecter l’horaire du diner, j’opte pour un pas plus rapide qui nous mène rapidement vers notre objectif du moment. Nous débarquons au col face au premier « Grand » des Pyrénées lorsque l’on vient de l’Atlantique, l’altier Balaïtous et ses 3144m d’altitude. Les nuages et le soleil nous offrent une lumière de fin septembre de toute beauté alors que nous reprenons notre souffle, simplement heureux d’être là au milieu des grands cairns immuables.

Lorsque la compagne de David sonne l’appel de la soupe, nous sommes à nouveau tous ensemble. L’organisation dans l’espace exigu qui sert de salle à manger permet la prise de contact avec les autres convives, entre « pardon, excusez-moi » et « mais, je vous connais vous ! ». Les discussions vont bon train lorsque la garbure fumante atterrit sur nos tables. Tout d’un coup, un silence complice s’installe entre les tables, comme une respiration avant un « hum »de bonheur simple.

 

Après le dessert, l’un des meilleurs à mon gout de tous ceux que j’ai pu déguster dans les refuges jusqu’à ce jour, nous laissons rapidement la place aux participants du second service, tous heureux de prendre nos places à table. La fin de soirée se prolonge avec David pour faire le point sur nos vies, deux années après notre dernière rencontre lorsqu’il était gardien du mythique refuge de l’Aigle, dans le massif de la Meije…

Le lendemain matin, la météo est moins bonne que prévu et un bon petit vent du sud fait gonfler la toile du marabou installé près du refuge. Nous décidons de gravir un petit sommet hors sentier, le pic du lac d’Arrious. Je retrouve sans peine les sentes utilisées depuis que l’Homme occupe cet espace et cherche ses bêtes disséminées dans la montagne. Une petite grimpette plus tard, nous voilà avec Jean-Paul et Philippe sur le toit de notre « périple », bien aéré par une ventilation de tous les diables. Il est tant de redescendre et de profiter du long vallon qui ramène vers le célèbre Caillou de Soques. En chemint, nous nous arrêtons près du torrent pour partager notre casse-croûte et tremper nos pieds dans une eau déjà froide.

 

Le retour à Laruns est presque pénible. Probablement car nous mettons un terme (provisoire certes) à un pur moment de plaisir et certainement aussi par la température anormalement élevée due au vent du sud qui assèche la vallée. Il fait plus de 30°C lorsque je quitte le Béarn en direction du col d’Aubisque pour retrouver, en Val d’Azun, Tifenn, Bertille et les chevaux pour d’autres aventures… que je vous raconterai plus tard ;o)

Stéphane

P.S. : Pour tous ceux qui veulent passer un pur moment de bonheur en montagne dans un cadre grandiose et une ambiance authentique, n’hésitez pas, l’année prochaine, à rendre visite au refuge d’Arrémoulit. Voici le lien du site internet :

http://refuge-arremoulit.blogspot.fr/


sept 21 2012

Formation Canyon Internationale à Bali

Depuis toujours, chacun des membres du Bureau des Guides d’Ariège, tous professionnels indépendants, ont leurs activités personnelles, professionnelles ou leurs crédos dans lesquelles ils excellent : Gardiens de refuges, organisation de voyages, spécialistes en formations avalanche, secours, élagage ou orientation ; implications fédérales ou territoriales, expertise en milieux périlleux, construction de salles d’escalade et équipement de sites naturels… Le Bureau des guides lui-même est sollicité pour l’organisation d’évènements ou du conseil et développement en structuration, par d’autres groupements professionnels, etc.

Aujourd’hui c’est au tour des canyoneurs du Bureau des guides de s’épanouir dans leur domaine de prédilection…

 

Comme vous l’avez peut-être lu sur les réseaux sociaux, Yann Ozoux et Rod Sturm, tous deux membres actifs du collège canyon du Bureau des Guides d’Ariège ont rejoint la prestigieuse école de canyon ICOpro (International Canyoning Organization for Professionals), en qualité de « Head Training Master ».

Depuis le 10, et ce jusqu’au 30 septembre, nos deux pros canyon ariégeois, sont retournés sur les bancs de l’école pour se parfaire aux techniques d’enseignement. Au programme : 10h de cours par jour sur les méthodes psychologiques et pédagogiques d’enseignement, en vue de former les cadres supérieurs d’ICOpro, partout dans le monde… Et quand il n’y a pas cours en salle, c’est 10h de canyon pour l’application théorique de ces concepts novateurs avec des « Assistants », des « Instructeurs » et des Trainers » de l’organisation. Bien sûr, au milieu de tout ça, les temps morts sont consacrés à l’analyse de ces techniques, le test et la mise en conformité des concepts, le développement de nouveaux outils, etc.

« Un rythme intense pour une formation unique ».

C’est enrichis de ces nouvelles compétences que les deux canyoneurs, pourtant déjà très expérimentés techniquement dans cette discipline, (cf. Expés « canyon au Népal 2004-2011), rentreront en France prochainement… Pour mieux repartir dès l’automne ! Plusieurs formations professionnelles ICOpro sont d’ores et déjà programmées d’ici la fin de l’année, en Grèce, Colombie, Monte Negro et France…

Cette jeune organisation fait aujourd’hui référence dans la communauté internationale canyon, en ce qui concerne le développement et la pratique indépendante et autonome du Canyonisme,  mais aussi en terme de formation professionnelle destinée à tous les canyoneurs expérimentés, qui souhaiteraient travailler en canyon dans le monde entier.

Elle compte déjà 409 membres répartis dans 39 pays, 11 formations auront été programmées d’ici la fin 2012…

 

Nos deux cadres du Bureau des Guides, toujours portés par leur passion, s’investissent sans relâche dans le développement de l’activité canyon dans le monde. En commençant par l’Ariège (Acteurs du Bureau des Guides, ré-équipement des canyons du Vicdessos, création du Centre Test ICOpro France), puis en passant par le CREPS (formation et tutorat des DE canyon), et par le Népal et l’Inde (fondation d’ »Himalayan Canyon Team« , organisation du « Rassemblement International de Canyon en 2011, et ouverture du plus gros canyon du monde : Expé Nationale « Chamjé Khola« ).

C’est encore le cas aujourd’hui, avec leur implication au plus haut niveau d’ICOpro en vue de partager leur compétences dans le milieu professionnel international afin que l’activité Canyon se développe de manière sécuritaire, ludique et durable…

« Quand on aime, on ne compte pas » disent-ils !

 

Voici encore un bel exemple de ce qui anime chacun des membres du Bureau des Guides des Pyrénées Ariégeoises :

un investissement assidu dans chacune de leur passion, un point commun rassembleur, tel est le « fer de lance » du BGPA !

 

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En quoi se distingue les formations ICOpro des autres stages proposés dans le monde ? 

Par la garantie que le label ICOpro apporte aujourd’hui à ses formations canyon :

  • Accueil et hébergement de qualité,
  • Instructeur ICOpro hautement qualifié,
  • Enseignement technique, pédagogique et psychologique, individualisé et novateur, 
  • Standard et contenu de formation international unique,
  •  Équipement des canyons pratiqués, innovants, vérifiés et irréprochables,
  •  Entrée des stagiaires dans la communauté internationale ICOpro (« certification »),
  •  Accès à la plateforme ICOpro internationale (offre d’emploi, formation, etc.)
  • Possibilités d’emploi à l’internationale et autres avantages divers…
  • Organe de contrôle et de « feed-back » systématique…

(contact : support@icopro.org)

 

Rod

 


sept 18 2012

Journées du patrimoine en Biros…

… Ben oui, le patrimoine, ce n’est pas qu’une belle demeure ou de belles oeuvres accrochées au mur. Non, un bon moment de convivialité avec des amis, une race locale de chevaux, un refuge perché face au monde ou même un coucher de soleil sur une crête altière font partie du patrimoine que l’on se construit jour après jour. C’est pour cette raison (et parce -que cela était prévu depuis 10 jours…) que je retrouvais Anoura et Zoé un peu plus loin que le bout du monde en ce samedi matin de journées du patrimoine à Fréchendech, près de Sentein. Comme dirait Olivier de Robert, maître en l’art d’imager la vie : « tu gares ta voiture au bout du monde, tu fais quelques kilomètres à pied et tu arrives au refuge de l’étang d’Araing ! ». Car c’est bien le sentier du refuge que nous avons suivi, relativement chargés d’ailleurs, pour passer le week-end en altitude et profiter des premières lumières automnales. Pour une fois, j’étais en « congé de fin de semaine », chose aussi rare pour moi qu’un sourire de Salafiste ou une gentillesse d’assureur. Pour Anoura, le gardien du refuge, et Zoé sa compagne, il fallait remonter prêter main-forte à Guilhem déjà sur place pour préparer le repas et accueillir les quelques 55 convives du soir au refuge.

 

Après un bon déjeuner pris sur la terrasse face au Crabère, seigneur du coin avec ses 2629m d’altitude et sa cheminée tellement impressionnante vue du refuge, voilà que débarquent nos cavalières. Tifenn, Bertille et leurs fidèles destriers Cesario, Soyouz et Samba s’installent autour du refuge sous l’oeil incrédule de quelques pêcheurs et randonneurs surpris de voir si haut des chevaux attelés.

Une petite sieste plus tard, nous voici sur les flancs du Pic Crabère, remontant un à un les dizaines de lacets qui permettent de gravir cette pente raide. Au sommet, nous sommes accueillis par des rafales de vent et un vieil homme qui se propose d’héberger le lendemain soir la caravane équestre à Melles.

Nous redescendons en toute fin d’après-midi, profitant des derniers feux lumineux du ciel de septembre. Au refuge, tous les participants à la grande fête d’un week-end en refuge sont là. Et nous arrivons tout juste pour lever le verre d’apéro avec Zoé, Guilhem et Anoura qui turbinent en cuisine.

Avec Tifenn, nous profitons de la fameuse « suite nuptiale » du refuge, ancien débaras situé au dessus du sas d’entrée et réhabilité en cocon pour chanceux… La nuit est douce, caline, tellement agréable après une dizaine de jours de séparation…

Dimanche matin, nous trainassons dans notre nid avant de retrouver un soleil généreux au dehors. Prendre son petit-déjeuner torse nu un 15 septembre à près de 2000m d’altitude dans un cadre si beau me fait frissonner de bonheur.

Les chevaux préparés, nous quittons finalement les lieux et mettons cap à l’ouest en direction du col d’Auéran. Puis c’est la descente vers la cabane de la mine où nous dégustons notre déjeuner et effectuons une petite sieste supplémentaire.

Je quitte finalement Tifenn et la cavalerie dans un dernier geste de la main pour redescendre vers ma voiture pendant que s’éloignent les filles sur leurs chevaux… la classe !

Je souhaitais depuis longtemps rendre une visite à la réserve biologique de l’Isard. Avec la lumière de ce dimanche de septembre, j’ai vécu l’un des plus beaux moments de moyenne montagne de mon existence : reliefs doux aux multiples sources ferreuses se détachant au milieu de lits de bruyères et myrtillers déjà rougis par les quelques froids des derniers jours, forêt extraordinaire aux sapins multicentenaires et aux tapis de mousse apaisants, sans compter les biches aperçus furtivement… du bonheur brut ! C’est sûr, je reviendrai avec les gens que j’emmène en montagne dans ce secteur pour leur faire « goûter » la montagne…

En quittant le refuge, Anoura m’avait dit que nous nous reverrions peut-être à la chapelle de l’Isard, ce qui se produisit dans un timing aussi réussi qu’inattendu. Nous pouvions poursuivre notre amitié durant la longue descente jusqu’au parking. Et comme il fallait conclure le week-end en beauté, Anoura nous emmenait, Zoé et moi, déguster quelques glaces artisanales aux parfums envoûtants à Samortein chez Anne Larive « En terre d’Abajou », dans la célèbre vallée de Bethmale.

Pendant ce temps, Soyouz déferrait peu avant Melles et les aventures de Tifenn et Bertille dans les Pyrénées se poursuivaient au pas cadencé de leurs montures…

Si vous souhaitez monter au refuge de l’Etang d’Araing, voici le lien du site internet : www.refuge-araing.fr

Et pour les sorbets, confitures et autres produits locaux bio de Samortein : chez Anne Larive « En Terre d’Abajou » – tel : 05 61 96 19 53

Stéphane


juil 21 2012

Camp de base : le voilier…

La mer, la montagne… la montagne, la mer… ces deux milieux attirent l’Homme dans sa quête de découverte du monde et de soi. Parfois, les adorateurs de ces espaces distincts se rencontrent pour créer de nouvelles pistes d’exploration. Ce fut récemment le cas entre la célèbre navigatrice Isabelle Autissier et Lionel Daudet, alpiniste de renom, durant leur expédition en Géorgie du Sud, îles montagneuses vierges situées dans les cinquantièmes hurlants…

Plus modestement et à notre échelle, nous sommes en train de développer ce concept dans des contrées plus douces : les Baléares en Méditerranée et les Açores dans l’Atlantique au large du Portugal grâce à l’énergie et les compétences de notre skipper, Jaad Jorio.

Ces territoires maritimes forment des chapelets d’îles qui invitent à la liaison par la mer. Le voilier devient ainsi ce camp de base à la fois confortable et mobile, capable grâce à Eole de rejoindre ici une petite crique, là une marina ou un port de plaisance. Et comme les Baléares ou les Açores offrent des espaces montagneux superbes, la conjugaison « navigation » et « exploration terrestre » prend tout son sens.

Sur sa côte sud, Majorque offre des falaises connues dans le monde entier pour la pratique d’une escalade un peu particulière : le psychobloc. Cette pratique consiste à grimper en libre sans assurance au dessus de la mer. En cas de chute, c’est la mer qui fait office de matelas. Bien-sûr, on ne pratique pas le psychobloc nimporte où. C’est pour cela que Mael ou Rémi vous guideront dans des sessions de grimpe sensationnels…

La découverte à pied de Majorque, Minorque et jusqu’à 5 îles des Açores (Faial, Pico, Sao Jorge, Graciosa et Terceira) est une autre façon de passer des vacances à la fois toniques, culturelles et reposantes. Le bon équilibre entre navigation, randonnée et baignade apportera son lot de belles émotions dans des paysages souvent volcaniques éloignés de ceux que nous connaissons chez nous.  Sans parler des hôtes de ces territoires maritimes : baleines, dauphins, cachalots…

Vivre au rythme de l’eau, du vent et des envies de belles images et émotions, voici le nouveau « cocktail vacances » que nous vous proposons. A consommer sans modération !

Stéphane

 

 

 


juin 28 2012

Ré-équipement du canyon de l’Argensou sup, Ariège.

Salut

Depuis quelques temps déjà un collectif de professionnels du canyonisme (dont les pro du Bureau sont bien sur membres) travaille en étroite collaboration avec la Communauté de Commune d’Auzat et du Vicdessos afin d’entretenir l’équipement des canyons de la même vallée. La « Com Com » a allouer un budget à cet  effet et acheté du matériel, qu’elle met a disposition des professionnels du collectifs afin qu’ils effectuent le travail nécessaire sur le terrain. Un bel exemple de collaboration simple et constructive entre des pouvoir publics et des professionnels indépendants.  Les canyons de l’Artigues, de Marc, de Subra et de l’Escale ont ainsi été ré-équipés en septembre et octobre dernier grâce à cette dynamique.

Il se trouve que lors d’une descente de l’Argensou sup avec des clients la semaine dernière (vallée du Vicdessos, village de Ourre, Ariège), nous nous sommes rendu compte que les équipements en place étaient vieillissants (points rouillés, cordes de liaison des points des relais abimées…) et qu’ils méritaient un bon lifting (nombreux frottements, pas de point de main courante, pas de points de guidés…). Accompagnés de 4 clients et de Franck, un de nos collègues BE parapente de l’école ariégeoise Kymaya (comme quoi les parapentiste c’est aussi étanche, merci à lui pour les photos!) nous sommes donc allé chercher du matériel à la mairie de Auzat hier matin, avant de prendre le chemin du canyon…

Nous avons cherché à moderniser les lignes, en posant des points permettant d’équiper le désormais inévitable MC + relai, ce dernier devant être le plus en avant possible dans les cascades afin d’ouvrir le champ visuel du leader sur l’obstacle (gage de sécurité) et de limiter les frottements (les cascades de l’Argenou sup. ont toutes un profil « avançant »).

Nous avons également cherché à équiper des lignes le plus « confort » possible, qui conviennent aussi bien pour l’encadrement (facilité d’accès aux relais et guidés) que pour la pratique « amateur », en posant « juste ce qu’il faut » d’amarrages. Le schiste friable de l’Argensou nous a néanmoins empêché d’équiper certaines lignes dans leur configuration « optimales », notamment sur les obstacles n°1 et 5. Mais  nous avons quand même trouvé des solutions satisfaisantes.

Voici en détail le descriptif de notre travail. C’est assez technique. Nous avons utilisé des goujons de 10 par 70. Les longueurs données sont celles des cordes, à simple, les points de MC et les relais sont tous reliés avec de la corde 10 ou 9 mm et équipés d’un maillon rapide.

  • 1er obstacle : cascade de 20m

-          Ancien équipement : deux plaquettes annelox non reliées en rive droite. Pas de point de main courante. Ligne exposée à des frottements importants. Pas de visu sur le bas de la cascade depuis le relai. Présence de deux spits en tête de cascade en RG.

-          Nouvel équipement : en rive gauche, l’objectif étant de décaler la ligne dans l’axe de la cascade (qui fait un coude à     droite) afin d’ouvrir le champ visuel depuis le relai,  de limiter les frottements et de pouvoir équiper un guidé.

-          Points posés : relais de main courante (5m avant la cascade) et de descente, en RG donc. Nous avons été obligés de poser ce dernier assez bas car le rocher est à cet endroit très délité. Nous l’avons de plus équipé en avant de la cascade afin d’optimiser la ligne du guidé (décalage de la ligne le plus à gauche possible et limitation des frottements). Nous avons fixé deux points de guidé non reliés en RG à la sortie de la vasque terminale.

-          Note : L’ancienne ligne est satisfaisante et toujours en place.

-          Fiche d’équipement : MC de 6m, rappel de 20m, guidé de 25m.

 

  • 2ème obstacle : cascade de 15m

-            Ancien équipement : deux points (une plaquette et un annelox) rouillés en RD. Pas de points de MC.

-            Nouvel équipement : toujours en RD, l’objectif étant de moderniser l’équipement en place en rajoutant une MC d’accès et en décalant la ligne de descente le plus en avant  possible dans la cascade (limitation des frottements et ouverture du champs visuel sur la ligne), sans rogner trop sur le confort…

-            Points posés : bien en amont du seuil de la cascade, en RD, pose d’un relais d’accès au relais de descente (soit en MC bien tendue, soit en rappel). Au niveau de la cassure de la cascade, 5m en aval de l’ancienne ligne, toujours en RD, pose d’un relai diminuant les frottements et d’où l’on peut voir le bas de la cascade.

-          Note : L’ancienne ligne est toujours en place et il faudrait la démonter ! Nous n’avions pas de clé de 17…

-            Fiche d’équipement : MC 11m, rappel 14m

 

 

  • 3ème obstacle : cascade de 15m

-            Ancien équipement : mono point sur spit sur bloc en RG

-            Nouvel équipement : rocher délité, très peu d’option pour percer. Impossible d’équiper dans l’actif sans générer des frottements importants. Nous avons décidé d’équiper une ligne hors d’eau en RD

-            Points posés : aucun, mise en place d’un relai sur AN autour d’un gros arbre en RD. Débroussaillage de l’accès et de la ligne de descente.

-            Note : il reste à enlever la plaquette en place, qui ne sert a rien, on peut équiper sur un arbre si on veut descendre dans l’actif.

-            Fiche d’équipement : MC (facultative) 6m et rappel 15m

 

  • 4ème obstacle : ressaut de 10m

-            Ancien équipement : aucun

-            Nouvel équipement : mise en place d’un relais sur AN autour d’un arbre en RG.

-            Fiche d’équipement : « rappel » 15m

 

  • 5ème obstacle : cascade de 25m

-            Ancien équipement : en RD, au sol, relai d’accès sur plaquettes reliées par une cordelette (5m) + relai de descente sur chaine (23m). Gros frottements.

-            Nouvel équipement : cette cascade avance beaucoup et présente une rive gauche complètement impossible à équiper, le rocher est vraiment trop pourri. Nous avons ré-équipé une ligne composée d’un accès (MC descendante ou rappel) et d’un rappel, en décalant son départ vers l’aval et d’environ 5m vers la droite par rapport à l’ancien équipement, l’idée étant d’avancer la ligne au maximum dans la cascade pour limiter les frottements et, en plus, de permettre la pose d’un guidé (cette cascade est extrêmement glissante).

-            Points posés : un relai sur un pan de roche verticale et saine et un autre au premier tiers de la cascade, en RD. La ligne de rappel frotte à peine. Mise en place d’un AN sur arbre en bas de la longueur pour la pose d’un guidé.

-            Note : nous avons laissé en place l’ancienne ligne et changer la cordelette qui reliait les points du relai d’accès. Le mousqueton du relais de descente qui fait office de maillon est très rouillé. Il faudrait le changer.

-            Fiche d’équipement : MC ou rappel 10m, rappel 20m et guidé 25m

  • 6ème obstacle : ressaut de 7m

-            Ancien équipement : un piton et une plaquette rouillés reliés par un anneau de corde

-            Nouvel équipement : Même endroit, mise en place d’un nouveau relai (MC sur arbre).

-            Note : il reste a démonter la plaquette qui reste et éventuellement le piton.

-            Fiche d’équipement : MC et rappel 7m

 

Bref, l’équipement de l’Argensou est maintenant homogène et ce canyon constitue désormais un excellent support pédagogique pour l’initiation au rappel. Il propose en tout 13 rappels allant de 5 a 25m (avec 4 cascade permettant d’équiper des guidés), pour un dénivelé de 210m au total. Le débit, faible,  est régulé par une prise d’eau dans ses amonts et permet la descente du canyon du printemps à l’automne, sauf orages exceptionnels. Pas de nage ni de sauts mais de belles lignes simples et esthétiques dans un environnement sauvage (la partie inf est plus fréquentée) et rafraichissant. C’est vraiment une jolie rivière, idéale pour débuter. La roche encaissante, du schiste, est souvent rouge et lorsqu’il fait beau les couleurs sont éclatantes : rouge de la roche, bleu du ciel et vert fluo de la végétation. En plus l’eau est transparente comme du verre…

Au passage, au Bureau, on mets sur corde les enfants a partir de 8 ans dans la partie basse de l’Argensou. Ce canyon est vraiment parfait pour l’initiation au rappel (je me régale à l’encadrer), ils descendent en autonomie, c’est-à-dire tout seul comme des grands, les cascades en forme de toboggan que l’eau a creusé dans le rocher, jusqu’à 10m de haut! Et même pas peur!

Voila pour mon rapport, en attendant de retourner en canyon avec les collègues pour terminer la remise à jour des équipements des canyons de la vallée du Vicdessos. Gnioure? Bassiès? Cascades d’Argeint?…

Bon début d’été a vous et a+

Yann

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Equipement réalisé par Yann Ozoux et Stephane Degouge le 27 juin 2012

Envoyé par mail sur la list « pro canyon 09 » le 28/06/12

Rédaction de ce rapport : Yann Ozoux, 28/06/12

 


avr 8 2012

Despertaferro Paroi d’Aragon Montrebei 570m Abo- 7a/A1 ou 7b+ ?

Charles est un des jeunes que j’encadre au sein de l’équipe jeunes alpinistes de la FFME.

Depuis quelques semaines, il avait pas mal de temps libre et ayant pour ma part bien envie de retrouver la forme en escalade, nous avons pas mal grimpé en falaise ensemble.

Comme nous commençons à être affutés et à bien nous connaître, je lui propose de passer à la vitesse supérieure en allant en paroi d’Aragon à Montrebei. La période est idéale, il ne fait pas encore trop chaud et les jours commencent à rallonger.

Après hésitation, je lui propose d’aller faire Despertaferro. Cette  voie récente ouverte par le prolifique Albert Salvado accompagné de Joan Maria Esquirol passe à l’endroit le plus élégant de la paroi sur un  pilier déversant. Cette voie hallucinante a aussi la particularité d’avoir été volontairement très peu équipée dans les longueurs, avec obligation de pitonner en libre avec des difficultés jusqu’à 7a obligatoire et seulement 2 répétitions…

Après 2 H d’une approche un peu pénible, nous arrivons au pied de la voie dans le brouillard avec un vent de fou qui souffle dans la gorge…

Nous attaquons par les 3 premières longueurs de la « CADE ». J’ai l’onglée et je grimpe en doudoune … Vive le printemps !

Notre voie quitte cette grande classique et attaque directement dans une longueur de 6c+ impressionnante dans un dièdre qui vient buter sous un toit. Pas facile à protéger et un peu « à froid », cette longueur va me mettre dans le bain…

Charles enchaîne par une longueur de traversée en 6c où il doit pitonner à 4 reprises tellement le rocher est compact et ne se prête pas à la pose de friends et coinceurs.

Nous arrivons au pied de la longueur une diagonale déversante dans un rocher rouge cotée 7a+. Les premiers mètres en rocher douteux sont protégés par quelques spits avec un pas vraiment pas facile sur une micro réglette que je n’arrive pas à serrer… Je dois redescendre à 2 reprises sur une bonne prises en dessous pour me refaire et mieux étudier mes placements. Je ne voudrais pas tomber là et après quelques hurlements, je parviens à me rétablir dans une conque. Reste 30 m tout en continuité, le soleil est revenu et j’arrive au relais bien desséché…

Nous sommes au niveau de la vire de bivouac, mais histoire de gagner un peu de temps sur la journée de demain, Charles part dans la longueur au dessus, 6c+ expo au dessus d’une virette. Calme et sérénité sont de mise et il rejoint assez vite le relais commun à une autre voie « existancialisme ». En un rappel un peu compliqué avec un pendule sur la gauche, nous nous posons sur la vire 4 étoiles où nous allons bivouaquer. Pour une fois, ce n’est pas un lieu inconfortable, où on arrive à l’arrache, de nuit…

Nous prenons donc le temps de siroter une bière en profitant du magnifique coucher de soleil qui embrase la paroi de Catalogne.

Après une nuit réparatrice, nous remontons ( en moul’ s’il vous plait) au relais atteint la veille. Charles gravis rapidement la petite longueur en 6b qui fait suite et nous nous retrouvons au pied des principales difficultés, sur le fil du pilier.

Le début de cette 9 ème longueur annoncée potentiellement à 7b+ commence gentiment avec une fissure facilement protégeable. Ca va pas durer tout ça…

La ligne d’ascension semble aller un peu sur la gauche, mais j’ai un doute…Dans ce type d’escalade engagée, le plus stressant est de ne pas aller se mettre dans une impasse, où il serait impossible de se protéger ou de grimper.

Après quelques mouvements vibratoires, pieds à plats, protégés par quelques petits friends posés à la hâte, je parviens à accéder à une zone moins raide où je peux faire un peu retomber la pression et mettre 2 bonnes protections. La suite est déroutante sur une dalle grise ultra compacte… Le topo parle d’un piton en place mais je ne vois rien sur les 10 mètres qui me séparent du relais… Je traverse légèrement à gauche et je me rétablis sur ce rocher magnifique. La section n’est pas tout à fait verticale et j’arrive en équilibre à planter un bon universel qui me permet de faire quelques mètres très techniques sur de micro écailles typiques de ce rocher verdonnesque… Il ne me reste que quelques mètres pour atteindre une zone plus prisue et rejoindre le relais mais j’aimerais me protéger avant de sortir. J’essaye à 2 reprises de pitonner mais ces petites prises à arquer me font gonfler sévèrement les avants bras. Ne trouvant pas de solution et ne pouvant plus faire marche arrière, je finis par me poser sur un crochet… Je me rends compte assez vite que le seul emplacement pour une protection possible était en fait dans la prise que je tenais main gauche… Un peu dégouté, je place un petit coinceur et après encore quelques mouvements durs, j’atteins le relais. Dommage, il s’en est fallu de peu pour que cette longueur fasse tout en libre…

Deux BASE jumpers viennent de nous frôler en criant… Notre voie est vraiment dans leur ligne de chute et c’est vraiment hallucinant de les voir passer aussi près !

La longueur d’après est pour Charles et honnêtement, j’en suis bien content ! Un mur gris vertical rayé de strates qui nous le savons tout les 2 n’offrira que de pauvres protections… Heureusement, il excelle dans cette escalade technique et comme prévu doit se lâcher au dessus de mauvais friends placés dans ces strates bouchées…

Arrivée à R10, il nous reste encore une longueur dure. Le soleil nous cogne déjà dessus depuis quelques heures et nous commençons à avoir quelques longueurs dans les bras…

Mon élan libérateur dans cette onzième longueur est stoppé quelques mètres au dessus du relais… Impossible de se protéger en  « clean » et obligation de pitonner… Vu que c’est raté pour le libre, j’opte pour l’efficacité. J’utilise à plusieurs reprises mes crochets pour me poser et pitonner en grimpant en mi libre – mi artif en plaçant les 9 pitons que nous avions amenés ! Les dernières longueurs bien que nettement plus faciles n’en demeurent pas moins magnifiques sur un rocher de toute beauté.

Nous sortons vraiment enchantés de cette voie incroyable à l’ambiance unique. Même si nous n’avons pas tout libéré, nous avons le sentiment d’avoir donné notre maximum dans des longueurs d’une qualité exceptionnelle.

Le lendemain matin, histoire de finir en beauté (et parce que c’est toujours ainsi quand je viens à Montrebei), je reviens à la sortie de notre voie, et parachute sur le dos parcoure moi aussi en sens inverse (et en 9s !!!) la voie que nous avons mis 2 jours à gravir.

Voir une petite vidéo réalisée par Charles sur http://vimeo.com/39653493

Romain Wagner

 

 

 

 

 

 


avr 5 2012

Expédition Canyon au Nepal 2012 « objectif Daulagiri », une réussite!

canyon ariegeSalut

(cliquez sur une photo pour lancer un diaporama)

Comme promis à la fin de mon dernier article sur mon séjour à Bali en février, voici un retour sur la dernière expédition de l’Himalayan Canyon Team (que j’administre avec Rodolphe, du bureau), qui vient juste de se terminer, dans le massif du Daulagiri (8167m), au Népal. Ce cru 2012 est la 8ème expédition organisée et menée dans l’Himalaya népalais par notre asso depuis 2004 et elle a duré tout le mois de mars. Après le massif des Annapurnas (en 2004, 2005, 2007 et 2011) et celui du Manasalu (2010), le Daulagiri est le troisième massif culminant a plus de 8000 d’altitude dont nous explorons des canyon. Et autant le dire tout de suite, il a tenu ses promesses!

L’objectif cette année consistait à aller ouvrir au moins 3 canyons repérés en novembre dernier par des membres de l’équipe lors d’un repérage. Il s’agissait également de faire le point avec les autorités népalaises sur les retombées des 2 évènements internationaux mis en place l’année dernière sur le tour des Annapurnas par la Nepal Canyoning Association (fédé locale de canyon) et l’Himalayan Canyon Team : l’expédition « Chamje Khola : ouverture du plus gros canyon du monde » et le 10ème Rassemblement International Canyon.

Sur ce point, nous avons été rassurés : ces deux projets ont largement contribués à l’identification de l’activité par les népalais, grâce notamment aux très nombreux articles de presse et reportages télé diffusés dans le pays après leur réalisation. Jusqu’alors nous ne rencontrions que des regards intrigués ou interrogateurs lorsque nous disions que nous faisions du canyoning, les népalais (comme beaucoup de français et d’occidentaux en fait) confondant notre sport avec le rafting ou le kayak. Nous avons constaté une très nette différence cette année, beaucoup de locaux nous disant avoir vu des images de canyon à la télé ou lu des articles. Positif donc :-D . Et puis la NCA  nous a appris qu’elle préparait l’organisation du premier Rassemblement Natioanl de Canyon, prévu pour mi-mai… L’odyssée suis son cours…

 

Coté exploration, le contexte a été un peu particulier cette année car l’équipe, bien que composée de canyoneurs connaissant bien, voir très bien le Népal (mais n’ayant quasiment jamais pratiqué sur place), était totalement inédite et inexpérimentée en terme d’ouverture. En fait, j’étais le seul membre « historique » de la HCT et nous étions seulement 2 à avoir déjà participé à des explorations. La première partie de l’expédition à donc consisté à former l’équipe aux techniques d’ouverture : équipement sur relais dyneema, répartition des rôles de chaque équipier et fonctionnement de l’équipe en canyon, optimisation de l’organisation et de la logistique, rigueur et fiabilité de chacun afin d’assurer un rendement maximum sur le terrain… tout un programme de formation en fait…

L’équipe, 8 canyoneurs + 3 accompagnateurs, dont Minouche, doyenne de l’équipe, mon pote Julien, professionnel du canyon sur l’ile de la Réunion et mon père, Gilles (soient 11 personnes en tout), s’est donc rendue sur le secteur de la Marsyangdi, sur le tour des Annapurnas, où a eu lieu l’année dernière le 10ème Rassemblement International Canyon. Nous y avons répété Sansapu, Raindu et Babou Khola, le temps de se familiariser avec les spécificités des canyons népalais, très verticaux, ainsi qu’avec l’ambiance en montagne dans l’Himalaya. Ce temps d’adaptation et d’échauffement sur un secteur déjà équipé s’est avéré être important et plus que nécessaire afin de souder l’équipe et de caler tous les équipiers sur les techniques employées en ouverture. Nous sommes restés 5 jours sur place.

Direction ensuite Pokara, a 6h de bus, où nous avons préparé la logistique pour la session d’ouverture, engagé des porteurs et rechargé un peu les batteries. Le lendemain, départ en bus  pour Béni (8 canyoneurs + 5 porteurs), puis en jeep pour Darbang, bout de la piste et début du trek sauvage du tour du Daulagiri. Histoire de vous donner une idée, nous avons mis 8 heures pour faire 150 km… De Darbang, 1 journée et demi de marche pour rejoindre Boghara (4 maisons et 20 habitants), notre camp de base, au pied du Manapathi, crête du Daulagiri culminant a 6390m d’altitude.

Le trek du Daulagiri est technique et engagé et il est très peu fréquenté. Pas d’électricité donc, un confort minimum – mais suffisant : eau froide pour se laver et paillasse en guise de matelas – et des locaux toujours aussi souriants, accueillants, curieux et bienveillants. Ce pays est aussi remarquable pour ces paysages somptueux que pour ces habitants. Un vrai séjour hors du temps…

De Boghara nous avons ouvert Khamo et Jeltung Khola cumulant chacun 300 m de dénivelé et présentant de très beaux enchainements de cascade, même si le débit dans Jeltung était un peu bas. Nous avions également prévu d’ouvrir Amarke Khola, un beau bébé de 400m de dénivelé prenant sa source sur les contreforts du Manapathi. Engagés et techniques, ses amonts sont visibles depuis le chemin du trek, en l’occurrence une énorme cascade distante de 1 ou 2 km à vol d’oiseau se formant juste en dessous d’un glacier bien visible, à 5000m d’altitude. Température de l’eau : 6°… Un canyon engagé et encaissé, une eau glaciale, une orientation plein ouest (ce qui veut dire peu de soleil) et un enchainement de cascades visiblement technique et aérien… L’équipe manquait d’expérience pour se lancer dans l’ouverture de ce canyon. Pas là pour se mettre také comme on dit dans le milieu… Nous avons donc suivi la voix de la raison et sommes redescendus vers le bas de la vallée pour ouvrir Chaari Khola, aux dimensions plus modestes (250m de dénivelé) mais très esthétique.

canyon ariege

Nous sommes ensuite rentrés à Pokara, puis a Katmandou, en 3 jours. Retour à la « civilisation »…En tout, nous avons passé 17 jours en montagne, cohabitant à 14 dans un confort spartiate mais au milieu de décors à couper le souffle. Nous projetions d’ouvrir 3 canyons et 900m de dénivelés : à 50m près, la mission est remplie ! Le secteur est magnifique, très sauvage et prometteur car nous avons repéré au moins 3 autres courses à ouvrir, de dimension modeste, excepté Amarke Khola. Après cette première expérience, l’équipe est désormais prête à s’attaquer à cette course technique, surement l’année prochaine…

Encore une expérience humaine et sportive d’une rare intensité donc, immergé au cœur des montagnes népalaises au milieu de somptueux paysages  et entourés de gens d’une rare gentillesse. Que du bonheur donc !

Si vous en avez l’occasion, allez au Népal, vous en reviendrez transformé ! Comme nous !

Allez, prenez soin de vous et à bientôt pour de nouvelles aventures arrosées !

Merci a nos sponsors, Béal, Aventure Verticale et vade Retro et à la fédération française de spéléologie

Yann

Pour plus d’infos, le blog de l’Himalayan Canyon Team, c’est par la.

 


mar 18 2012

Traversée Puymorens Orlu

Durant tout l’hiver j’ai encadré des sorties raquettes sur les massifs ariégeois. L’été je change de métier pour accueillir avec Julien, mon collègue,  les randonneurs au refuge d’En Beys dans la réserve d’Orlu. L’ouverture du refuge se rapprochant à grand pas il était temps d’aller lui rendre visite pour voir si les grands froids de ce mois de février n’avaient pas fait trop de dégâts…

Nous en avons profité avec Julien et Stéphane pour réaliser une belle traversé en ski de randonnée entre le col de Porté Puymorens et la vallée d’Orlu. Nous sommes partis tôt du col, en passant par la Coume d’en Garcie, en espérant que la neige ne ramollisse pas trop vite avec les températures estivales des derniers jours.

La descente en direction du refuge des Bessines  s’est déroulé d’abord sur de la neige gelé puis poudreuse dans la forêt exposée bien au nord mais devant traverser en direction des étangs Moulsut nous n’en n’avons pas trop profité…

Nous avons remonté ces merveilleux vallons de Moulsut en projetant avec Stéphane, également accompagnateur du bureau des guides, de futures randonnées en raquettes dans le secteur. Le passage de la Portella du Lanoux se fait sans encombre et le paysage s’ouvre sur le grand étang du Lanoux avec en fond le Pic Carlit.

Ensuite nous effectuons une grande traversée jusqu’à la grande Porteille d’Orlu. La descente sur l’étang d’En Beys est très agréable en neige transformée juste ce qu’il faut tant que l’on évite les versants est. La traversée du lac en skating est toujours un moment particulier pour nous qui avons l’habitude du paysage sans neige…

On passe au refuge faire une petite visite. A priori pas de gros souci, l’accumulation de neige autour du refuge a du servir d’isolant.

La suite de la descente devient plus variée avec de très bons passages au début puis de la neige très lourde, du slalom entre les arbres et les cailloux puis plus de neige du tout…

On a tout de même pu avec quelques courts portages arriver jusqu’au pont du Bisp en ski.

Sylvain

 


mar 7 2012

Expédition en Papouasie: de retour au camp de base!

Des spéléologues ariégeois, dont Phil Bence, moniteur spéléo du Bureau des guides d’Ariège, se trouvent en ce moment même en Papouasie-Nouvelle Guinée, dans le cadre de l’expédition nationale de la Fédération Française de Spéléologie.

«1er mars 2012: de retour au camp de base!

Nous voici de retour après 4 jours en camp avancé à plus de 7 kilomètres de notre camps de base.

Depuis mardi dernier, les explorations continuent et vont bon train.

Une nouvelle escalade dans les plafonds du réseau Wowo a permis de découvrir encore plus de 2 kilomètres de nouvelles galeries qui s’enfoncent sous le plateau du Yan Koki.

L’accès se fait au-dessus du puits de la douche à 200 mètres de profondeur, un véritable carrefour en étages, des passages difficiles d’accès mais riches en découvertes.

Des escalades nous ont donné la chance de parcourir de nouvelles galeries féériques par la blancheur et l’exubérance des concrétions.

Le souterrain Wowo dépasse maintenant les 20 kilomètres de développement avec trois entrées connues et n’en finit pas de nous surprendre. Une belle réussite pour notre expédition!

Le gouffre Kou où nous mettions de beaux espoirs nous a fait un sale coup: juste après avoir passé les 400 mètres de profondeur, une faille géologique majeure a créé une zone de broyage importante et les dimensions des galeries ont rétréci comme peau de chagrin.

Nous avons insisté pour pousser les explorations au maximum, en passant deux voutes mouillantes avec seulement 10 centimètres d’air entre nous et le plafond.

De vrais pièges en cas de montée des eaux… La troisième a eu le dernier mot.

L’eau rejoint le plafond dans des dimensions ne permettant pas de plonger. Terminus à -423 mètres.

Une petite partie du siphon a livré quelques centaines de mètres d’un petit actif. Au bout de plusieurs heures d’efforts, une petite équipe de 3 a réussi à tailler un sentier pour descendre au fond des gorges de la Matali 800 mètre en contrebas du camp avancé.

Après deux jours de repos bien mérités, ils sont repartis à 4 pour plusieurs jours voir si une entrée pourrait donner accès à l’impressionnante rivière souterraine que l’on voit résurger sur les photos aériennes.

Nous n’avons pas de nouvelles d’eux depuis lundi. Les gorges sont trop étroites pour avoir une réception avec le téléphone satellite.

Une équipe de deux est partie 4 jours en camp avancé. De nombreuses entrées de la zone se sont toutes révélées décevantes. Impossible de descendre en dessous de moins 100 mètres.

Comme sur toutes les Karsts du monde, il y a une part de chance pour atteindre les zones profondes d’écoulement pénétrable.

Aujourd’hui, une nouvelle escalade sera réalisée dans Wowo, qui continue de révéler ses secrets»

Explos – Expédition Wowo 2012
Le site de l’expédition: www.2012.papouasie.org
(Posté par Rod)


mar 7 2012

Canyon a Bali…

Salut.

Après l’ile de la Reunion, Madagascar et la Thailande en oct, nov, dec et janvier, j’ai passé tous le mois de février en Indonésie, sur l’île de Bali, dans le cadre d’une collaboration entre l’Himalayan Canyon Team (l’asso que nous administrons avec mon collègue Rodolphe du Bureau) et les canyoneurs locaux. L’équipe est assemblée autour de l’Indonesian Canyon Team et de Mika Denissot, français très actif installé sur place depuis une dizaine d’années.

Bali est une île volcanique culminant a 3 142m d’altitude, recouverte de jungle luxuriante et soumise a un régime de pluies tropicales. Les conditions sont donc réunies pour en faire un spot de canyons… Et c’est le cas! Les locaux ont ouverts et équipés une dizaine de très beaux canyons offrant des configurations très variées : encaissements, grandes verticales, sauts, toboggans…

L’atmosphère est plutôt végétale, genre « Indiana Jones » : roches sombres et profonds encaissements, jungle impénétrable, forêt de bambou, fougères arborescentes, arbres géants, lianes et racines inextricablement enchevêtrées, chaleur humide, volcan et montagnes… Ajoutez a tout cela des plages paradisiaques, des rizières somptueuses, une multitude de temples et de statues postés a chaque coin de rue et une population très accueillante et vous aurez un petit aperçu de ce que peut être le paradis sur terre. Et la meilleure (et souvent la seule!) façon d’en visiter et d’en explorer les coins les plus reculés et inaccessibles, c’est de descendre ses rivières encaissées!

L’activité se développe sur place assez rapidement grâce au travail d’exploration, d’équipement et de formation effectué par l’Indonesian Canyon Team. La démarche est professionnelle mais Mika fait parti de ces pro habités par une forte conscience « fédérale » et qui incluent dans la mise en place de leur projet personnel les intérêts et point de vue collectif. Pour preuve, sa structure « Adventure and Spirit » organisera en 2014 le 13ème Rassemblement International Canyon qui se tiendra donc a Bali, en Indonésie.

Au programme nous avons répété Kalinudah et Kerenkali, de belles courses d’initiation parfaites pour la découverte et l’initiation sportive. Nous avons également ouvert et équipé une C100 cachées dans un renfoncement volcanique au milieu de la foret vierge. Et comme nous sommes avant tout des passionné de sport de plein air, nous sommes également fait quelques bonnes session surf et kite, histoire de découvrir les trésors cachés du littoral balinais.

Nous avons également beaucoup travaillé sur la conception d’une nouvelle structure internationale canyon,appelée l’International Canyoning Association for professionals. Ayant pour vocation première de permettre et de faciliter le développement d’un réseau professionnel de l’activité canyon a travers le monde, ICOpro a pour mission de développer et de promouvoir un réseau professionnel international de haut niveau a travers un système d’affiliation et des cursus de formation original et novateur . Son lancement est prévue pour le début de l’ete, vous en entendrait surement parler bientôt…

En attendant je suis toujours a Katmandou, au pied des Himalayas et nous nous appretons avec les membres de l’Himalayan Canyon Team, a nous rendre dans le massif du Daulagiri pour y ouvrir au moins 3 beaux canyons repérés sur place en novembre dernier… Des nouvelles de cette « Expedition Canyon au Nepal 2012 : objectif Daulagiri » a notre retour, fin mars…

A bienôt

Yann