déc 7 2013

Atome Crochus à Mérens les Vals

Sortie du 4 décembre 2013

Il a neigé, beaucoup neigé, et l’hiver est déjà là, on a vraiment l’impression que l’hiver dernier ne nous a pas quitté. Les activités hivernales reprennent du service, le ski de rando, c’est sur avec toute cette neige. Sam et David me contacte pour faire soit de la cascade soit de l’alpi hivernal. Quoi faire ? Il fait un peu froid certes mais est-ce que les cascades sont en conditions ?

Une petite reconnaissance dans la vallée du Nabre. Allons voir si Atomes peut faire ?

2 heures plus tard me voilà rassuré, la ligne est en place.

Rendez-vous est pris le surlendemain avec Sam et David. La pente sous la goulotte nous réchauffe et nous voilà à l’attaque.

Le petit dièdre est relativement bien fourni et c’est sans difficultés particulières que les 2 premières longueurs s’enchaînent.

Un beau petit mur en glace dure caractérise cette 3ème longueur.

 

Et nous voilà à la belle longueur qui termine cette voie. Ca à l’air bien fourni.

J’attaque mais rapidement je me rend compte que le bombé de glace qui me domine est en fait une grosse cloche vide et peu épaisse.

C’est avec délicatesse que je contourne cet obstacle un peu fragile. Je vois l’eau qui coule  1m 50 derrière la glace.

On cale un rappel rapidement, faut pas oublier qu’il a beaucoup neigé et que l’entonnoir qui nous domine n’a pas encore purgé.

Ca y est la saison hivernale est lancée, de la neige, de la glace, du froid, du beau temps, le bonheur…

Bruno


oct 31 2013

Pena montanesa « Lacrimas en la roca »

Cela faisait déjà quelques temps avec Bruno qu’on parlait de retourner se frotter aux voies exigeantes de la pena montanesa… Le profil majestueux du pilier de Sobarbe, véritable proue de rocher qui capte l’attention depuis la route qui mène à Ainsa ne nous avait pas laissé indifférent…

Le nom poétique de la voie (les larmes sur le rocher) avait su amadouer ma sensibilité légendaire en évoquant un magnifique rocher sculpté comme on peut en trouver à la pena.

Enfin, la lecture des difficultés ( 6 longueurs sur 9 dans le septième degré, 7a+ obligatoire pour 7b+ maximum…) ainsi que l’identité de ses ouvreurs ( Albert Salvado et Unaï Mendia entre autres…) nous donnait à penser que le combat allait être rude !

Après 1h30 d’approche un peu chiante, on arrive au levé du jour au pied de notre objectif. Le début de la voie en 6b permet de se chauffer et de se mettre dans l’ambiance… Il va falloir bien ouvrir l’œil pour se protéger !

Bruno au départ de L2 6b

Le dièdre déversant en 7a de la troisième longueur est vraiment magnifique.

La quatrième longueur en 6c nous a paru plus facile et ressemble pas mal au style d'escalade qu'on rencontre à Ordesa.

On débouche après ces 4 premières longueurs finalement assez « classiques » sur la grosse vire qui permet de descendre. C’est l’heure de manger un morceau, d’opter pour une paire de chaussons plus précis et d’admirer la beauté du rocher qui nous domine !

Départ dans la 5ème longueur 7b/7b+... Les vrais difficultés commencent

 D’entrée, il faut s’agacer dans un départ bien puissant. Quelques goujons permettent de naviguer dans cet océan de gouttes d’eau mais le problème, c’est leur éloignement… la difficulté n’est pas extrême mais il faut garder la tête froide car pas possible de rajouter quelque chose et la vire en ligne de mire garanti un atterrissage douloureux !

Bruno s’attaque à la sixième longueur en 7a+. L’escalade est moins raide sur un cailloux gris très compact qui demande beaucoup de technique. C’est le domaine de prédilection du doyen de notre cordée qui reste concentré et enchaîne cette longueur avec classe.

Bruno fait péter la technique des eighties !

Je repars dans l’hallucinante septième longueur. Je vois 2/3 spits au début puis plus rien… Nous avons 2 topos et la ligne à l’air de bien tirer sur la droite…

Début de la 7ème longueur. Jusque là, tout va bien...

Je monte toujours, traverse un peu mais ne trouve rien… Là aussi, le dernier goujons est très loin sous moi. Surtout, rester calme, observer…
Heureusement, la qualité et la beauté du rocher sont exceptionnelles et je n’ai pas peur de partir avec quelque chose dans les mains, c’est déjà ça…
Je finis par dégoter le piton caché tant espéré au fond d’une bonne prise. Impossible de le voir tant qu’on a pas la main dessus !
La pression descend d’un cran et quelques mètres plus faciles me permettent d’atteindre un goujons. Je suis sauvé, je ne vais pas me fracasser mais par contre, il va falloir s’énerver dans la suite ! Une traversée malcommode quasi descendante m’arrache quelques cris, je clippe le dernier goujons et là, il faut tout donner pour arriver au relais. Putain, c’est dur le 7a+ ! Mais cette magnifique longueur est dans la poche.

La longueur suivante est officiellement la plus dure. Ce 7b+ a une allure verdonnesque et c’est bien ce qui nous fait peur ! Je repars en tête sur ce rocher gris magnifique mais la fatigue ce fait sentir. J’explose mentalement et à la recherche désespérée d’un pied, je finis par le poser sur un goujon … Je gueule tout ce que j’ai contre mon mental de poulpe et m’en veux de ne pas m’être plus battu… Après ça, la motivation n’y est plus et je me contente d’atteindre le relais. J’encourage quand même Bruno à essayer d’enchaîner. C’est vraiment une longueur d’une beauté exceptionnelle et une fois de plus il me fera rêver en tordant la longueur en bonne et due forme !

Il repart dans la dernière longueur en 7a+ qui propose un pas d’adhérence bien retord mais heureusement bien protégé …

Mine de rien, à essayer de grimper en bon style, on est encore plus lent que d’habitude ( c’est dire…) et la journée touche à sa fin. Quatre rappels bien gazeux et un peu stressant nous déposent sur la vire de R4 à la nuit. Nous empruntons cette large vire qui contre toute attende nous ramène au pied de la voie sans même sortir la corde, incroyable…
Comme de bons mécréants, on passe la nuit sous le porche de la petite chapelle avec vue sur la paroi de pimpinus !
Pour finir de s’achever avant de rentrer à la maison on va faire quelques longueur avant que le soleil n’arrive sur la superbe falaise de Fosado située à proximité. Le caillou est vraiment original et les voies de toute beauté.

Un 7b+ d’anthologie

Romain Wagner

sept 21 2013

Dent d’Orlu : Les enfants de la Dalle

Rendez-vous pris avec Philippe, à 6h30 au village d’Orlu. Au programme une grande voie,  une très grande voie : Les Enfants de la Dalle. 1000m d’escalade, homogènes dans le 5B, 5C, avec une ou 2 longueurs dans le 6A. La marche se fait à la frontale dans le bois du Bisp.  Arrivée à l’attaque, les pluies de la veille ont laissé de vilaines traces d’humidité sur l’itinéraire convoité. Que cela ne tienne, c’est un peu plus concentré que j’attaque les premières longueurs, genre rien dans les mains et pas mal de pas d’adhérence sur un rocher parfois dégoulinant. Par moment il faut y croire un peu plus, mais ça le fait, c’est juste que ça amène un peu plus de tensions…

 

Heureusement quelques longueurs plus haut, on retrouve un rocher de plus en plus accueillant pour la grimpe. De plus, le soleil se montre généreux et maintenant c’est vraiment plaisant.

 

 

Philippe est en forme et les longueurs s’enchaînent à bon rythme. Manoeuvres de relais efficaces et bonne humeur, ça tourne…

 

La montagne est calme en ce début d’automne, l’air est pur, une véritable invitation à courir la montagne quelles que soient les activités envisagées.

 

C’est une vingtaine de longueurs plus haut et assez tôt dans l’après-midi que le sommet nous accueille, tout seul pour nous 2.

Descente paisible sur la voie normale où Françoise nous attend.

Une belle journée d’escalade…

Bruno


août 18 2013

Equipe jeunes alpinistes CAF acte 2 : Ordesa

Après les ascensions à la grande aiguille d’Ansabère et un retour tardif, on décide une pose avec levé à la cool. On fait tranquillement la transition en voiture jusqu’à Torla où on se pose en fin d’après midi dans un camping bien sympa. Là on refait le monde, prépare la journée du lendemain et prenons une leçon de slackline par Simon qui est vraiment un mutant en la matière !

Le lendemain, on prend tous le bus et on monte à la paroi de la cascade au Gallinero. Christian a bien tiré son épingle du jeux et part avec les 2 filles dans le dièdre de 73 ( TD/300m). Benoit, Florent et Max partent dans Héroïna (ED-/350m), une voie forcément classe puisque ouverte par Jesus galvez et qui m’avait laissé un très bon souvenir.

Pour ma part, j’embarque avec Benoit DS et Simon dans le dièdre des concasseurs (TD+/350m) ouverture française d’experts en la matière et responsables d’autres « hold up » dans la vallée : Bunny, D Julien, C desbats et B Puiseux.

Ben part en tête et nous faisons une longueur à rallonge (70m) pour arriver directement à R2.

Une courte mais aérienne traversée à gauche permet d’atteindre R3 sur 2 spits (les seuls de la voie) qui s’accordent mal avec le style de l’époque et de la voie…

Benoit repart en tête dans L4. Il réfléchit bien au cheminement, hésite… Et prend la mauvaise décision en traversant trop tard ! Du coup, c’est la terreur ! Il arrache une prise dans la trav mais heureusement son alien tient le coup, plus de peur que de mal… Il finit par atteindre le relai mais pour Simon et moi, c’est là que les ennuis commencent… En second, c’est vraiment le bordel. Le salaud a bien engagé et surtout, on est vraiment plus dans du 6a !!!

Bref, on finit tant bien que mal par rejoindre Ben et là, je lui glisse gentiment qu’il faut toujours passer au plus facile, bien suivre la ligne logique et surtout bien mettre des points partout…

Il lui reste un peu d’énergie et il tient à continuer… Erreur ! Là aussi, il s’agit d’une longueur qui traverse à droite et là aussi, il se fourvoie… Le temps passe, il se fatigue, me fait peur loin au dessus du point, mais finit par faire relai quelques mètres sous le relai officiel qu’il n’a pas vu…

Il est tard, le ciel s’assombrit et le garçon a tiré ses dernières cartouches… Je prends la tête, histoire de rattraper notre retard. Une superbe longueur de 6b avec quelques pitons en place nous conduit rapidement au pied du dièdre cheminée final. Au dessus, la ligne est plus directe et bien logique.

Encore 2 longueurs « made in Ordesa » entre renfougne et opposition pour atteindre le dernier relai sous quelques gouttes, il était moins une…


Nous attaquons rapidement la magnifique descente des crampons du Catatuero pour rejoindre les autres qui ont pris un peu d’avance…

On prendra même le bus sans avoir sorti la frontale !

Encore une belle classique en poche qui mérite vraiment le détour. Un conseil : bien intuiter les traversées de L4 et L5 qui ne sont pas évidentes à négocier…

Le lendemain, on fera une halte à Revilla pour couenner un peu avant de rentrer à la maison et de clôturer ce stage 100% Pyrénées qui je pense aura vraiment été bénéfique pour les jeunes.
Romain Wagner

 


août 12 2013

Equipe jeunes alpinistes CAF acte 1 : la vallée d’Aspe

 

 

Nous nous retrouvons donc tous le vendredi soir dans le camping étonnamment plein à craquer de Lescun.

L’objectif du lendemain est l’arête de Larrangus au Billare (D+/400m). Réveil à 5h30… Il pleut ! On retarde d’une heure… Il pleut toujours ! Une heure de plus… Bref, on a fait la grasse mat’ et on sort des duvets vers 9h30 sous un ciel bien plombé. C’est mort pour le Billare, il est trop tard malgré le temps qui s’améliore. On décide alors d’aller grimper pour l’après midi sur le mythique spot des années 80 de la mature. Cette grande dalle compacte coupée par ce chemin taillé est vraiment hallucinante. Avec Florent et Coralie, nous partons pour une voie en TA (« La marmotteuse » 120 m) qui suit une magnifique ligne de fissure. A part quelques spits aux rares endroits improtégeables aussi que dans le début de la troisième longueur en 7b au dessus du chemin, tout le reste se prête merveilleusement bien à la pose de protections naturelles.

Benoit, Camille et Max qui ce sont engagés dans « L’école buissonnière » (6c+/A1/120m) plus équipée mais bien plus obligatoire en dalle découvrent que faire du 6 dans ce style « Old school » n’est pas une mince affaire !

Christian, Benoit De Santignon et Simon gravissent quand à eux « La clef des champs » (6c/A1/130m) entre dalles équipées et fissures vierges.

Le lendemain, malgré un nouveau réveil un peu humide dans le brouillard, nous décidons de tenter le coup pour la grande aiguille d’Ansabère.Nous partons de nuit du Pont Lamary pour rejoindre rapidement les cabanes d’Ansabes. Un peu au dessus, le ciel se déchire enfin et les majestueuses aiguilles apparaissent.

Pour notre part, nous basculons de l’autre côté pour remonter le pierrier un peu chiant sous la face Est.Trois heures après être parti du parking, nous arrivons au pied du couloir d’accès. C’est sûrement la partie la plus risquée de la journée car il est impossible de progresser dans cette gorge graveleuse sans faire partir de pierres.. A 3 cordées là dedans c’est déraisonnable et je décide de sacrifier notre chrono à la sécurité.Ce sera donc une par une que chaque cordée va franchir ces 3 longueurs, les autres essayant de se protéger au maximum.

On finit par tous arriver « à peu près » sains et sauf en haut du socle. Tout de suite, Benoit, Camille et Simon attaquent par la plus dure, « Le dièdre Butolli (ED-/300m) et déjà ça bataille dans la première longueur en rocher très moyen…

Christian, Benoit DS et Max se lancent dans la classique face Est (TD+/300m).

Pour Florent, Coralie et moi, nous basculons en face N pour gravir le dièdre NE (TD+/300m).Après de nombreuses tentatives dès 1933 celui ci sera finalement vaincu en 1954  par… Les frères Ravier, comme d’habitude, accompagnés cette fois ci de G Santamaria. Ces deux dernières classées respectivement 89 et 90 dans « les 100 plus belles » vont tenir toutes leurs promesses…

Florent est d’ailleurs remonté à bloc pour se lancer dans ce morceau d’histoire du pyrénéisme, mais je lui propose d’attaquer, histoire de gagner un peu de temps…

Ces deux premières longueurs sont loin d’être évidentes et en tête, chargé d’un sac, sur ce rocher pas vraiment « céusien », il faut se battre pour pouvoir enchaîner en libre… Du bon vieux 5 sup à l’ancienne qui remet les pendules à l’heure !

Je passe la main à Flo qui trépigne au pied du fameux grand toit de L3 qui a vu buter les premières tentatives.

Il le gravit efficacement et enchaine par la longueur suivante qui cette fois ci se déroule sur du très beau rocher. Je reprend la tête pour finir dans un terrain plus « scabreux » et nous retrouvons les 2 autres cordées juste sous la sortie.

Suite à un petite erreur d’itinéraire, nous finissons par une dernière longueur encore plus pourrie que la longueur de sortie originale ! Nous atteignons enfin le sommet de la grande aiguille d’Ansabère et chacun apprécie de pouvoir se détendre après ces longueurs un peu stressantes.

Romain Wagner

 


juil 16 2013

Montagne & escalade à l’Aiguille d’En Beys 2632m – 9 & 10 juillet 2013

Comme chaque année, Jean-Pascal, un fidèle habitué du Bureau des Guides me recontacte pour un petit périple dans les montagnes Ariégeoises. Cette année nous décidons d’aller explorer les Aiguilles d’En Beys. La voie retenue est coté D sup et fait 200m.  Le 1er  jour , l’après-midi est consacré à la montée au refuge. Sylvain et Marine, les gardiens du jour nous réservent un super accueil, le temps est couvert et orageux. Qu’en sera-t’il demain ?

Réveil 6h grand beau, une belle journée s’annonce…

L’approche se fait en partie sur de bons névés recouvrant un infâme chaos de blocs, trop facile…

La voie est très belle empruntant judicieusement les faiblesses du pilier. Les difficultés sont raisonnables et n’excèdent pas le 5C. 6 longueurs et c’est le sommet, on aurait bien continué pour quelques longueurs de plus…

 

 

La descente toujours sur la neige vers les étangs de la Grave toujours gelés nous ramène rapidement au refuge. Une bonne assiette pleine de bonnes choses et nous sommes prêts pour la descente.

 

 

 

 

Conclusion, 2 jours d’immersion dans ces belles montagnes d’en Beys. Certes la marche d’approche reste un peu longue; Mais au-delà de la voie très belle, le plaisir de fréquenter ce milieu très enneigé à cette époque-là de l’année nous restera longtemps gravé comme un bon moment de montagne !

Bruno

 

 


juin 19 2013

C’est beau un troupeau là-haut !

Le temps qui passe ne goutte plus. Il est tant de s’évader vers des lieux où se marient le bleu du ciel et le vert des prairies. C’est précisément ce que je me disais ce matin en ouvrant les volets de ma chambre. Et ces petits points blancs immobiles à peine perceptibles sous le Picou modifièrent quelque peu mon programme matinal !

La vallée de la Barguillère recèle de petits coins champêtres et secrets où la vie s’écoule paisiblement loin des tumultes du monde. Au dessus du village de Cazals, plusieurs bouts de route rapprochent de sentiers bordés de châtaigniers qui traversent la vaste forêt du Consulat de Foix.

Le soleil est encore bas lorsque le coucou nous accueille, mon chien et moi dans cet univers végétal. J’ai besoin de me dépenser après de trop longues journées passées devant ce clavier qui me sert de plume et je quitte rapidement le chemin pour « attaquer » droit dans la pente au milieu des ébranchages d’un dernier chantier forestier vers le col du Calmil. Le tee-shirt déjà humide, je m’arrête quelques instants à la limite supérieure de la forêt. En guise de petit déjeuner, quelques gâteaux secs et une rasade d’eau feront l’affaire. Vers le haut, l’herbe encore rase de ce printemps froid et pluvieux retrouve timidement son vert de vie. Plus bas, un chevreuil s’étonne de notre présence et s’enfuit en aboyant au milieu des grands hêtres, ceux-là même que Camille Muller, le célèbre paysagiste, encensait l’autre jour durant son grand entretien avec Thomas Busnel sur France inter lorsqu’il citait l’Ariège pour témoigner de son éblouissement devant ses belles hêtraies.

Alors que deux alouettes piaillent avec panache dans un ciel d’un bleu impeccable, une nuée de mouches s’éparpillant au dessus d’une bouse indique la proximité du troupeau. Presqu’aussitôt, un premier son de cloche retentit dans la montagne, un peu plus haut. Elles sont là, près de la cabane de l’homme mort, sous la protection du dieu Picou, phare de notre vallée. Un parfum particulier se dégage du reposoir nocturne. Impossible de trouver le mot qui définit cet instant oublié depuis le printemps dernier, encore plu vivace cette année après ces longs mois de neige qui figent les odeurs comme les sons. Quelques brebis se mettent en mouvement à notre arrivée. Il va falloir reprendre les bonnes habitudes avec le chien. Ce dernier se moque totalement de tous ses congénères animaliers et domestiques qu’il fréquente en montagne. Dès leur approche, il se cale dans mes pas machinalement, sans aucune animosité, un peu apeuré. Il fait partie de ces borders Collies inaptes aux travaux avec les troupeaux. Il préfère de loin sauter comme un kangourou vers un bâton servant de pompon ou dribbler avec un ballon qu’il tente d’estourbir telles les proies de ses ancêtres sauvages venus des pays nordiques. Mais vaches et brebis sont bien plus méfiantes, notamment lorsque les veaux et agneaux sont encore jeunes et fragiles. Il faut alors apprendre à contourner le troupeau pour ne pas effrayer les bêtes et les abandonner à leur quiétude alimentaire.

Aujourd’hui, le sommet est trop haut malgré son attraction naturelle et la présence de quelques chevaux sur son flanc nord. J’imagine le lapin d’Alice me harceler avec son gros réveil. Il faut vite redescendre pour reprendre le cours « normal » de la journée, entre coups de téléphone, réflexions plus ou moins audacieuses et discussions électroniques.

A nouveau droit dans la pente, nous dégringolons dans le vallon qui nous ramène en quelques grandes enjambées plu ou moins maîtrisées jusqu’à la voiture, croisant encore des biches affolées par ce raffut peu habituel. La montagne est redevenue souriante et séduisante dan cette chaleur moite du matin annonçant déjà l’orage de l’après-midi. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour que j’en retombe amoureux…

Stéphane


mai 27 2013

Une belle journée de montagne ce printemps

Après le rude hiver et ce printemps plutôt capricieux que dis-je calamiteux, enfin une belle journée s’annonce ce 26 mai.

Pourquoi pas aller voir les montagnes du Couserannais, visiter les montagnes dans le coin de la Hilette. Une certitude, nous allons avoir de la neige.

Le pic de Couillac

 

Le cirque de Cagateille

 

La cabanne de la Hilette 1750m

La limite de la neige dans ce coin de l’Ariège démarre à 1700m. L’étang de la Hilette est encore bien dans sa parure hivernale et au-dessus on s’imagine vraiment bien ski aux pieds tellement les pentes du Port de Couillac sont une véritable invitation. Mais ce sera sans ski que nous remonterons les larges pentes du port, un véritable bonheur.

Les sommets du Certescans et Montabonne


Se retrouver en montagne avec ce ciel si bleu et toute cette neige et après toutes ces longues journées de temps pourris, on avait presque oublié que la montagne comme ça existait…
Bruno Colla
Guide haute montagne


fév 20 2013

CASCADES DE GLACE A KANDERSTEG (SUISSE)

Profitant d’une période sans travail dans les Pyrénées, nous décidons, Lara, Benoit, Matthias, et moi d’aller découvrir ce spot de cascade de glace situé en plein cœur de la Suisse dans le massif de l’Oberland.
Le déplacement est un peu long mais sa réputation en vaut la chandelle…
Kandersteg est un petit village Suisse avec une petite station de ski et notamment des pistes de luges que l’on emprunte à partir des remontées mécaniques, chose que je ne connais pas dans les stations françaises.


La météo est un peu capricieuse, il neige toujours un peu chaque jour, cela ne nous empêche pas de grimper et de réaliser de supers itinéraires dont Rubenzahl un grade 6 de 215m et 3 autres itinéraires dans le niveau 5+.



Nous avons tous en tête avant de repartir d’aller faire un tour sur le chef d’œuvre local : c’est de Crack Baby qu’il s’agit, c’est une exceptionnel cascade de 340m grade 6.

C’est pas gagné d’autant plus que la météo n’est toujours pas avec nous. Après une marche d’approche (2h) effectué sous la neige et profitant d’une petite accalmie nous décidons d’attaquer. L’accalmie est de courte durée et les coulées de spindriff se font de plus en plus fréquentes.
Les conditions un poil sévère rajoutés à la beauté de la cascade nous font prendre conscience que l’on a vécu un grand moment, lorsque le dernier rappel nous ramène à son pied.


Il est temps de rentrer vers nos Pyrénées lointaines en se disant qu’il reste tant d’itinéraires splendide à faire . Donc rendez vous est pris pour une prochaine fois au cœur de ce petit paradis glacé…
Bruno


jan 20 2013

Petit tour à Margalef

Alors que la neige étend son manteau blanc en Ariège, d’autres partent à la recherche de soleil et de rocher sec en Espagne !

Margalef , c’est un petit village de Tarragone d’une centaine d’habitants, vivant principalement de l’agriculture, implanté au beau milieu du Parc Naturel de la Serra de Montsant.

Margalef c’est un refuge du style auberge de jeunesse, entièrement  refait à neuf en plein cœur du village, géré par une figure local : Jordi Pou, le principal équipeur des falaises du coin.

Le gros point positif de Margalef, c’est sans aucun doute un site accueillant et accessible à tous ! Vous ne le croirez peut être pas mais il y a des secteurs entiers de 5+ et de 6a, sans parler des voies dans les niveaux plus dur!

C’est également  un endroit où l’on peut grimper toute l’année (la période estivale risque d’être un peu chaude mais il y a des secteurs orientés Nord à l’ombre). Des kilomètres de falaise, environ 750 voies équipés du 4a au 9b soit un immense terrain de jeu et dont tout le potentiel n’a pas encore été totalement découvert !

Si vous n’avez pas l’habitude comme moi de grimper sur des falaises à trous, et bien Margalef sera pour vous une bonne école !

 

Ce conglomérat de couleur ocre, parfois sculpté de quelques concrétions est un petit paradis pour découvrir les préhensions type bi et tri-doigts. A peine 5 min de marche selon les secteurs et de suite vous êtes plongés dans un univers de grimpe avec des dévers parfois vertigineux des secteurs au profil plus vertical et même en dalle, de quoi satisfaire toutes les envies…

De renommée internationale, grâce aux nombreux articles parus dans la presse de montagne, on entend parler toutes les langues au pied des voies dans une ambiance bonne enfant !

En bref à moins de 5h de voiture de l’Ariège, si vous ne savez pas où grimper ces 5 prochains jours, allez y faire un  tour ! D’autant qu’en hivers les conditions de « collante »sont idéales ! On grimpe en tee-shirt  avec de bonnes sensations au bout des doigts !

J’en entendais parler depuis un bon moment mais je n’avais jamais eu l’occasion d’y aller… et bien c’est chose faite !  Il ne me tarde qu’une chose c’est d’y retourner !!!

Voici quelques infos pour ceux qui veulent s’y aventurer :

–          Topo de Margalef en vente à 10€ au refuge

–          Refuge « El Raco de la Finestra », tel : 977 819 008, portable : 677 611 098, email : refumargalef@yahoo.es

–          Meilleure période pour y aller automne, hivers, printemps (hors vacances scolaires sinon il y a beaucoup de monde).

Bon hivers à tous !

Stéph D