Exotisme toulousain…

Alors que la plupart des toulousains quittaient la ville rose en ce vendredi soir pour chercher l' »exotisme » et le dépaysement à la montagne, je circulais dans l’autre sens pour renouer avec une soirée « en ville ». En effet, cela faisait quelques mois que je n’avais plus quitté les montagnes pour assurer la gestion du Bureau des Guides tout en exerçant mon métier d’Accompagnateur en Montagne lors des sorties en raquettes à neige ou pour mon plaisir en ski de rando.

D’ailleurs, la veille au soir, je grimpais de nuit à la frontale sous le porche de Génat alors que la pluie s’abattait sur l’Ariège.

Ainsi, je ressentis un certain émerveillement en arrivant sur Toulouse, comme si je partais dans un autre pays fonctionnant différemment du mien : des jeunes jouaient au foot sur un terrain synthétique du côté d’Empalot, les jardinières municipales étalaient leurs couleurs et comble du renouveau, tous les arbres affichaient les feuilles éclatantes !

Bien-sûr, je loupais la rue pour retrouver des amis et devaient affronter les nombreux sens interdits et voies à sens unique qui agrémentent la cité… Mais comme le touriste qui cherche à se perdre dans un nouvel endroit inconnu, je prenais un certain plaisir à hésiter, à contourner, à explorer…

Programme de la soirée : apéro tapas dans un bar près de Saint Cyprien puis exploration ethnographique d’une poissonnerie faisant également restaurant. Cet ovni est tenu par un cuistot nonchaland un brin extraterrestre mais très simple dans son approche de la relation patron/clients. C’est bien simple, il me fit penser à l’approche très convivale des gardiens de refuge que je fréquente.

Titi, comme l’appelle les habitués de ces lieux aux murs couverts de vieilles pochettes de disque portant les portraits de Reggiani, Brel et Aznavour, ne nous propose par de menus écrit. Il récite tel un artiste son poême du soir : nous assortiment de moules et gambas à la Plancha, agrémentées d’une « persillade » maison où se combinent une vingtaine d’ingrédients tenus secrets. Après avoir choisi nos poissons sur l’étalage de la poissonerie, nous les retrouvons bientôt délicatement préparés dans nos assiettes, accompagnées de frites maison succulentes. J’en salive encore à l’écriture de ces quelques lignes !

Après une belle discussion sur l’évolution sociologique du quartier et les difficultés rencontrées aujourd’hui par les petits commerçants de sa génération, nous quittons dans l’affirmation d’une visite prochaine notre capitaine cuistot (comme celui décrit dans le petit roman « Le Port de la Mer de Glace » de Potart que je vous recommande) pour rejoindre la Loupiotte pour un dernier verre…

Bref, une vraie belle soirée toulousaine, exotique et poétique à renouveler bientôt !


Laissez une réponse