Bon créneau météo à la Dent d’Orlu

Jeudi 12 août 2010 : Météo France annonce de la pluie sur Bonascre dès le matin… A 8h, une petite ondée s’abat sur Ax-les-Thermes…

Pourtant, je décide de maintenir la sortie à la Dent d’Orlu ! Pourquoi ? Action purement mercantile, envie d’en faire baver aux randonneurs inscrits sur cette journée ?… Ben non ! En observant le ciel venant de l’ouest, j’ai la sensation que ça va tenir durant la matinée. Je propose aux participants de réaliser la rando sur la 1/2 journée plutôt qu’à la journée, en partant de la « poële à frire » à 1520m d’altitude. C’est la voie normale de la Dent côté nord, le versant le plus facile (ou le moins difficile !) d’accès. D’habitude, quand le temps est plus stable, je préfère démarrer du vallon de Coumegrande et faire découvrir ce vallon sauvage hors sentier. Mais comme souvent, il faut s’adapter à la montagne et non lutter contre elle.

Tout le monde est d’accord même si je sens un certain septiscisme dans le groupe. La pression exercée par les personnes, même involontaire, est la chose la plus délicate à gérer dans nos métiers. Relation commerciale et adaptation au milieu se conjuguent parfois difficilement. Personnellement, je pars du principe que ma responsabilité envers les personnes est beaucoup plus importante que l’aspect financier qui nous lie (ce qu’admet plus difficilement mon banquier!). Et comme je le dis souvent, mes prestations sont : « satisfait ou remboursé »!

Après la longue piste empruntée en voiture, nous démarrons par la rude montée en direction du col sous la pente terminale. Le sommet est encore encapuchonné lorsque nous sortons de la forêt mais le rythme des nuages me rassure. En abordant la dernière pâle bien raide, les nuages se déchirent. Le groupe marche bien, ce qui nous permet d’arriver au sommet au moment de l’éclaircie, qui durera à peine 20 minutes. Mais le pari est gagné. Malgré la météo, les personnes m’ont fait confiance et j’ai pu lire pour cette fois correctement les informations venues du ciel.

Après quelques minutes de contemplation et de discussions fort intéressantes sur la question de l’ours dans les Pyrénées, nous attaquons la descente dans la brume. La première partie est assez délicate, notamment par les grandes marches qui se succèdent sur ce sentier très linéaire. Chacun y va de sa technique. La palme artistique revient à Yvan pour son saut qu’aurait certainement aimé commenté Nelson Monfort !

Vers 13h30, nous sommes à proximité du parking où nous sortons les pique-niques du sac. Quelques gouttes écourtent la fin du repas mais nous repartons tous heureux de cette longue matinée, les participants pour l’effort et la vue du sommet, moi pour le plaisir de faire partager ces moments simples et précieux en montagne.

Stéphane


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