mai 30 2010

Ouverture au refuge des Estagnous

Le Valier, seigneur du Couserans.

Il fallait à ce seigneur un troubadour capable de le mettre en valeur : Et l’homme créa le refuge des Estagnous !

La montée au refuge représente déjà une belle bambée avec ses 1300m de dénivelé. Et là plus qu’ailleurs, le proverbe montagnard qui assure qu’un randonneur pressé mettra plus de temps qu’un montagnard tranquille se réalise. Effectivement, plus on s’approche du refuge et plus ça grimpe… Mais que c’est beau ! De la hêtraie mystèrieuse à la cabane de Caoussis en passant par la source et les cascades de Nérech, le paysage change et la lumière évolue au fil des pas.

Je monte régulièrement au refuge pour partager des bons moments avec Steph et Laurent, les deux gardiens. Je fais parfois office de boulanger, de bureau de tabac ou de facteur ambulant, évoluant dans ces espaces au relief marqué que j’affectionne particulièrement.

Samedi matin, nous voilà une bonne quinzaine de copains, les sacs à dos bien remplis et ornés de pelle à neige prêt pour la montée au refuge. Aux Estagnous, il est de coutume que l’héliportage ait lieu plus tard, courant juin.

Jusqu’au pied de la cascade, nous restons tous groupés, imprimant un rythme tranquille pour ne pas subir de défaillance entre Caoussis et le refuge.

Après la pause, de petits groupes se forment et la caravane s’étire. Vers 12h, les premiers arrivent au refuge avec Stéphane, qui ouvre le refuge et vérifie qu’aucun dégât grave n’est venu s’inviter durant l’hiver. Les premiers coups de pelle sont donnés pour dégager les ouvertures : cuisine, chambre du gardien et fenêtre de la salle commune.

Vers 13h30, tout le monde est là pour partager le repas sur la terasse, face au Valier. C’est le moment pour Manu et moi de redescendre, devant être rentré à Saint Pierre pour 16h…

La saison aux Estagnous est lancée. La montée vers le Valier exige encore le piolet et les crampons mais la neige est moins importante que l’année dernière à la même époque.

Vivement ma prochaine visite au seigneur du Couserans et à son staff d’altitude !

Stéphane


mai 30 2010

Héliportage au refuge d’En Beys

Avant la transhumance des vaches, chevaux et autres brebis, a eu lieu le week-end dernier celle des gardiens de refuge.

Et qui dit refuge, dit hébergement et restauration et donc stock de nourriture et de matériel indispensables à l’accueil des randonneurs ou des grimpeurs.

Autrefois, les hommes et les mules ou les chevaux transportaient toutes ces victuailles sur le dos, en de grandes caravanes hétéroclites. Aujourd’hui, l’hélicoptère est le plus souvent utilisé pour acheminer le « gros » du ravitaillement, en début et en cours de saison.

A en Beys, Sylvain et Juju « pratiquent » cette activité depuis 7 ans et le stress des premières années s’est finalement estompé avec l’expérience. Après avoir effectué les courses et regrouper l’ensemble du stock au parking, c’est en général la veille que se préparent les « bags » et filets » établis aux alentours de 700 à 800kg chacun.

Une fois conditionnés, les colis sont pesés et répartis en plusieurs tas pour répartir les poids et les volumes. Ce casse-tête une fois réalisé, il faut vérifier une fois encore qu’aucun oubli ne sera préjudiciable (ce qui occasionne inmanquablement des portages à dos que personnellement j’adore !) et « faire » les bags et filets. Et là, le spécialiste toute catégorie du Tétris en 3D est Sylvain.

Jeudi matin, Bruno et son hélicoptère sont arrivés vers 10h. L’héliportage a duré environ une heure pour les 6 charges acheminées (trouver l’élément surprenant sur la photo précédente…). Rien ne s’est détaché et même si quelques cartons ont un peu souffert du transfert, tout est maintenant opérationnel là haut, au refuge d’En Beys, pour une nouvelle saison pleine de rencontre, d’ambiances superbes et de bons petits plats…

Stéphane


mai 18 2010

VTT et bons vins…

… autour de Saint Chinian, voilà le programme malin d’un week-end aux conditions délicates dans nos montagnes pyrénéennes. Et même si certains ont ressorti les skis et goûté à la peuf de Mai, le choix des vignes et d’une douceur relative fut fort appréciable.

Cela faisait longtemps que je n’avais plus remis les pieds sur les pédales de mon VTT. Aussi, les premières descentes furent laborieuses et le plaisir du « ride » progressif. Mais au bout de 3 jours appliqués, les lointains restes d’une jeunesse entièrement tournée vers le vélo ont refait surface et m’ont permis de jouer le papillon paparazzo, tournoyant et cliquant autour de mes amis de fortune dans les montées comme dans les descentes…

Voici quelques photos qui illustrent nos sorties en attendant que j’apprenne à monter des vidéos… ce qui ne devrait pas tarder car la qualité HD en vidéo de mon nouvel appareil photo titille mes envies de « réalisation » (ah, Cannes et la montée des marches !).

Pour ceux qui ignorent où se situe Saint Chinian, dont le bar de la Paix restera dans mes souvenirs comme symbole de réhydratation, convivialité et demies finales du Top 14, il suffit de prendre depuis Carcassonne la route qui mène à Béziers et de tourner à gauche après quelques kilomètres… précis, non ?!

Merci à Bidi, Olivier, Karl et Maître Serge pour ce superbe week-end amical et viticole.

Stéphane


mai 13 2010

Repas grottesque

Nous n’avons  pas énormément de demandes pour ces soirées « grottesques » et ca nous étonne parce que franchement, coté originalité, convivialité et ambiance, ben c’est quand même une super expérience.

Nous en avons encore eu la preuve il y a peu avec Rodolphe (mon collègue moniteur spéléo du BGPA) en organisant pour un groupe notre fameux  « repas grottesque », traduisez « un apéro dinatoire composé d’une filante fondue ariègeoise aux 4 fromages de pays et vin blanc de caractère accompagnée de sa salade printanière à la sauce persil et échalote, le tout arrosé au choix d’un vin rouge, rosé ou blanc mais toujours gai et suivi en conclusion de la fameuse croustade locale feuilletée aux pommes fondues et d’une touche finale de café (sucré ou non) »… Nos spéléologues gastronomes d’un soir se sont régalés, au sens propre comme au sens figuré!

Et la vous me dites : « Super, et alors?!?! Ils sont restés accrochés trop longtemps  à leur cordes les gars du Bureau des Guide d’Ariège ou quoi?! Ils organisent une bouffe pour des gens et ca leur fait un prétexte pour encombrer ma boîte avec leur messages! N’importe quoi! »

Oui, mais non! Parce que notre fondue  ariègeoise filante aux 4 fromages de pays et vin blanc de caractère  ben on vous l’organise dans une grotte ! Oui monsieur!… Et Madame.

Je vous refais le pitch parce que je sens que je commence à attirer votre attention (ou votre estomac, ca dépend des gens):

1 – On vous concocte tout : sacs, réchaud, popotte,  nappe, assiettes, couverts, menu, bouteilles, bougie (pour l’ambiance)… et bien sur casques, éclairages, combinaisons et bottes.

2 – Vous venez au point de rendez-vous.

3 – On y va

C’est facile non?

Après exactement 34,56 mètres de marche d’approche, une petite demi-heure de progression dans la magnifique grotte de Siech nous suffira pour atteindre la classieuse « Salle du Bivouac », où nous dresserons (disons plutôt « poserons ») notre table, à extrémité de la Galerie de l’Ours. Vos serviteurs vous emmènerons ensuite, en guise d’amuse-bouche, explorer cette cavité depuis longtemps réputée pour les délicats méandres de sa rivière et la clarté cristalline de ses concrétions. Vous serez alors « à point » pour rentrer dans le vif du sujet de cette soirée, c’est à dire entamer la dégustation de notre délicieuse et fillante fondue ariègeoise  aux 4 fromages accompagnée de sa salade printanière, bien évidemment déjà succulente en elle même, mais dont le goût et les arômes seront ici décuplés par l’atmosphère si inspirante et originale du monde souterrain.

Une petite marche digestive après le café nous permettra de retrouver la douce clarté de la lune, que chacun redécouvrira  avec l’éblouissement innocent et pur d’un regard  enfantin pour un instant retrouvé… (je suis en train de me demander si je n’en fais pas un peu trop la…).

Bref, « Soirée fondue entre ami(e)s au milieu des stalagtites et des stalagmites ». Ca sonne quand même pas mal non?! C’est original, convivial, esthétique et en plus c’est accessible à tous (7 à 70 ans). Alors qu’est ce qu’on fait?… Et bien on appelle le Bureau des Guides d’Ariège en disant « j’ai lu le super article de Yann sur votre blog et sa plume cocasse et inspirée m’a donné envie d’organiser

pour mes ami(e)s (ou collègue de travail, famille, voisin… comme vous voulez) un Repas Grottesque! Vite, je ne peux plus attendre! ». Et très sincèrement, vous ne serez pas déçu.

Allez au plaisir de se faire une fondue sous terre avec vous un de ces 4!

Bonne continuation et a très bientôt

Yann


mai 4 2010

Expedition Canyon au Nepal 2010 dans le massif du Manasalu, une réussite!!

Bon alors c’est sur qu’on y aura mis le temps a vous le faire cet article sur la dernière expé de la HCT mais bon, on a une bonne excuse vu que le printemps a été très chargé sur d’autres fronts, notamment celui des partenaires, et qu’on ne s’est pas décarcassé pour rien vu que notre projet « Chamjé Khola 2011: ouverture du plus gros canyon du monde » est lauréat du statut d’Expédition National de la Fédération Française de Spéléologie ET d’une Bourse Millet! Oui Monsieur! C’est quand même au passage ma première fois qu’un projet canyon reçoit ces distinctions et on ne vous cache pas qu’une certaine satisfaction jubilatoire doublée d’un euphorique sentiment d’être content a envahi l’ensemble de l’équipe. Bref moi je dis youpi, super et topmoumoutte.

Sinon, et pour revenir à nos moutons, l’expédition 2010 est également une réussite. Pour rappel, elle s’est déroulée pendant tout le mois de février et 4 membres de la HCT y ont participé : Mat, Grego, Hervé et moi-même.

D’abord et pour commencer, nous nous sommes régalés: c’est important car l’action « canyon au Népal »  nous demande un très gros travail et c’est un bonheur de récolter les fruits de nos efforts. Ce projet est avant tout une histoire d’amitiés et la première motivation, c’est le facteur humain : vivre des expériences hors des sentiers battus entre potes et tenter d’apporter quelque chose de constructif sur place est vraiment extrêmement motivant et gratifiant. Et puis il va s’en dire qu’avec le temps nous sommes tous devenus amoureux de ce pays magnifiques et de ses habitants si gentils et accueillants.

Nous avons donc cette année rempli les 3 objectifs que nous nous étions fixés:

- Sur le tour des Annapurnas, nous avons (enfin!) trouvé, après 2 tentatives infructueuses en 2005 et 2009, l’accès à Chamjé Khola. Gros coup de chapeau à Mat, Grego et Kabindra qui se sont fait une EEENOOOORME motivation pendant que je travaillais avec les autorités népalaises à Katmandou et qu’Hervé était dans l’avion pour nous rejoindre. Bilan : des vues à vous rendre marteau sur le Manasalu et les Annapurnas, un col à 4300 franchi et 7200 m de dénivelé cumulés avalés en 2 jours et demi! Il nous faudra donc nous acclimater à l’altitude pour accéder en sécurité à l’entrée du canyon, qui se trouve à 3200 m d’altitude, derrière le col et ainsi utiliser une technique « lourde », ou « himalayenne » pour cette ouverture, c’est-à-dire embaucher des porteurs, monter des camps intermédiaires (surement 2, peut être 3) et y faire des aller/retour. Ce type d’organisation dans les Himalayas sera une première pour l’ouverture d’un canyon.

A Katmandou nous avons effectué un gros travail avec la Nepal Canyoning Association (réunions, entretien à l’ambassade de France et rendez-vous divers) sur l’organisation de cette expédition « Chamje Khola 2011″ et sur celle du Rassemblement International Canyon (RIC) 2011. Et oui, les expéditions canyon au Népal, c’est aussi se farcir de longues réunions et « représenter » devant les officiels!. Ce RIC 2011 sera le premier du genre en Asie et il se tiendra juste après notre expédition dans le massif des Annapurnas, dans les canyon que nous avons ouverts en 2004 et 2005. 2011 sera l’année du tourisme au Népal et la communauté canyon locale est soutenue par le gouvernement népalais et fortement mobilisée pour organiser ce rassemblement, qui promet d’être une belle fête. Notez-le sur vos agendas : avril 2011, RIC dans les Annapurnas, ouvert à tous et a toutes!!

- Sur le tour du Manasalu, nous avons exploré et ouvert 3 magnifiques canyon dans la vallée de la Buri Gandaki, totalisant en tout 1800m de dénivelés.
  

Nous avons commencé par Boxi Khola (a3.v6.V), dans lequel nous avons ouvert la plus grosse cascade descendue à ce jour au Népal, et surement dans les Himalayas : au moins 200m de haut. Je dis « au moins » car en fait  nous n’en sommes pas sur : nous avons passé 4 heures dedans… dont 3 de nuit et posé 11 relais! Il nous a fallu 10 heures pour ouvrir les 800m de dénivelés de Boxi Khola! Vindiou on s’en souviendra de ce plan, je peux vous l’assurer! Le rythme est soutenu, l’ambiance tantôt minérale tantôt jungle, avec de très beaux obstacles pas forcément ultra techniques mais toujours aériens : 2xC35, 3xC50, 1xC70, 1xC100, 1xC200…
 Pour nous remettre en douceur, nous avons ensuite ouvert en 2 fois les 500m de dénivelés de Kalenja Khola (a2.v3.II), plus modeste coté dimensions mais présentant de très beaux encaissements et quelques cascade en « jeysers » particulièrement esthétiques.
 Pour finir, nous nous sommes attaqué à Naäuli Khola (a3.v4.IV), le plus  beaux des 3 canyons : jungle dans sa partie sup et minéral ensuite, varié, technique, soutenu et homogène, un vrai régal (2xC30, 1xC50, 1xC70).

Le temps a été printanier, entre 15 et 20° en après midi, mais froid la nuit. La vallée est magnifique, très sauvage et préservée (pas d’électricité, pas de route). Nous y avons passé 15 jours et le potentiel canyon est à l’échelle des dénivelés, énorme! Des cascades partout, des encaissements… et de grosses marche d’approche! Nous comptions initialement remonter haut dans la vallée et entrer dans le parc national du Manasalu mais nous avons trouvé largement de quoi nous battre à basse altitude. Pour rappel, le massif du Manasalu culmine a 8160m mais nous ne sommes jamais monté au dessus de 1800m. … Ca donne une idée du potentiel!

En cette fin d’hiver les débits étaient idéals pour équiper les lignes dans l’actif sans trop engager la viande non plus, on est chaud mais pas fou, le secteur est reculé et le premier hôpital plutôt éloigné (2/3 jours de marche + 1 de bus). Nous avons testé pendant cette expé de nouvelles combinaisons étanches Vade Retro (ca sert un peu au début mais quel confort et quel gain de poids!) ainsi qu’une technique d’équipement « light », avec relais en dyneema et maillon de 5mm sur goujons de 8/70 et 8/50, sans plaquette. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit : c’est une technique de pointe qui n’est pas recommandée par les fédérations ni par les fabricants. A ne pas mettre entre toutes les mains donc, on est bien d’accord.

Bref vous l’aurez compris, que du bonheur encore une fois pour ce cru 2010, on retournera dans ce massif du Manasalu, c’est certain, il y a trop a faire! Et puis on a bien bossé avec la NCA sur Chamje et sur le RIC 2011, il ne fallait pas moins. On vous invite d’ailleurs expressément à venir découvrir ce pays si vous aimez le canyon (ou tout simplement les voyages), vous ne serez pas déçu, c’est garanti! Par exemple et au hasard à l’occasion du RIC 2011. Tiens oui! C’est pas bête ca! Les Himalayas, de beaux canyon, un geste de soutien pour la communauté canyon locale… l’est pas belle la vie!!

Un grand merci à nos sponsors Aventure Verticale, Vade Retro, Béal, Résurgence et Five Ten qui nous font confiance et sans qui nous ne pourrions pas monter nos expéditions.

Allez faites gaffe dans les canyon et à très bientôt, on vous tient au jus.

Yann et l’équipe HCT Manasalu 2010.


mai 1 2010

Festival de l’image des sports d’aventure à Ax-les-Thermes du 10 au 13 juin 2010

Nous avons le plaisir de vous présenter la troisième édition du festival de l’image et des sports d’aventure, organisée par l’association « Explos » dont Phil, moniteur escalade et spéléo du Bureau des Guides, est le Président.

Comme pour les « épisodes » précédents, toute l’équipe du Bureau des Guides se mobilise pour aider au montage de ce ce grand rendez-vous en Ariège.

Pour consulter le programme, il suffit d’aller faire un tour sur le lien suivant : www.explos-festival.com

Nous espérons que cette nouvelle édition sera, à l’image des deux premiers opus, un franc succès et démontrera, s’il en était utile, l’énergie et l’innovation dont font preuve la tribu d’irréductibles ariégeois pour faire découvrir au plus grand nombre des films de grande qualité retraçant des explorations sportives, culturelles et humaines, inédites et spectaculaires  à travers le monde.

Venez nombreux !

Stéphane