mar 29 2010

Expédition Canyon dans le massif du Manasalu, une réussite!!

De retour dans les Pyrénées!

Comme vous le savez très  certainement maintenant, cher(e)s et fidèles lecteurs et lectrices de ce blog, Rodolphe et moi même, dévoués moniteurs canyon/spéléo du Bureau des Guides d’Ariège, menons depuis 2004 avec une paire de copains passionnés un projet de développement de l’activité canyon au Népal. Ce projet prenant sans cesse de l’ampleur au fil du temps, nous nous sommes organisés l’année dernière en association et avons créé l « Himalayan Canyon Team » (HCT) afin d’être encore plus efficaces dans notre démarche (plus info sur la HCT ici: http://www.himalayan-canyon-team.com/)

Le fait est que 4 membres de la HCT, dont moi-même, rentrons juste de notre sixième expédition là-bas (tout le mois de février) et que je vais de ce pas et en exclusivité MONDIALE (petits veinards) m’empresser de vous en faire un court mais non moins passionnant récit.

D’abord et pour commencer, nous nous sommes régalés : préparer nos expéditions nous demande un très gros travail et c’est un bonheur de récolter les fruits de nos efforts. Ce projet est avant tout une histoire d’amitié, et la première motivation, c’est le facteur humain : vivre des expériences hors des sentiers battus entre potes et tenter d’apporter quelque chose de constructif sur place est vraiment extrêmement motivant et gratifiant. Et puis il va s’en dire que depuis le temps, nous sommes tous tombés amoureux de ce pays magnifique et de ses habitants.

Nous avons donc rempli les 3 objectifs que nous nous étions fixé :

- Sur le tour des Annapurnas, nous avons (enfin!) trouvé, après 2 tentatives infructueuses (2005 et 2009),  l’accès à Chamjé Khola, un « monstre » que nous ouvrirons l’année prochaine avec une équipe internationale et qui sera alors un des tout plus gros canyons au monde : un col à 4 300 à franchir pour y accéder, 3 jours de marche, 2000m de dénivelés dans le canyon, 2 bivouacs à l’intérieur, une eau à 7°… Cette expédition « Chamje Khola » (qui sera l’objet d’un film) a d’ailleurs récemment reçu le statut d’Expédition Nationale de la Fédération Française de Spéléologie (FFS) et c’est un évènement dans le milieu car c’est la première fois d’un projet canyon est lauréat d’un tel statut.

- A Katmandou, nous avons effectué un gros travail avec l’administration locale sur l’organisation de cette expédition (Chamje Khola 2011) et sur celle du Rassemblement International Canyon (RIC) 2011, premier du genre en Asie qui se tiendra juste après, au mois d’avril, dans le massif des Annapurnas, dans des canyons que nous avons ouvert en 2004 et 2005. . Ce sera l’année du tourisme dans le pays et la communauté canyon locale est fortement mobilisée pour organiser ce rassemblement, qui promet d’être une belle fête. Notez-le sur vos agendas : avril 2011, RIC dans les Annapurnas, ouvert à tous et à toutes!

- Sur le tour du Manasalu, nous avons exploré et ouvert 3 magnifiques canyons dans la vallée de la Buri Gandakhi, totalisant en tout 1 800m de dénivelés. Le temps a été printanier, entre 15 et 20 degrés en après-midi, mais froid la nuit. La vallée est somptueuse, très sauvage et préservée  car en dehors des circuits touristiques (pas d’électricité et pas de route). Nous y avons passé 15 jours et le potentiel canyon est à l’échelle des dénivelés, énorme! Des cascades partout, de gros encaissements et…  d’énormes marches d’approche!! Les débits sur notre secteur étaient juste comme il faut pour équiper les lignes dans l’actif sans trop engager la viande  non plus, on est pas fou, la zone est reculée et le premier hôpital plutôt éloigné (2/3 jours de marches + 1 de bus). Nous avons à cette occasion testé de  nouvelles combinaisons étanches Vade Retro (ca sert un peu mais quel confort et quel gain de poids!) ainsi qu’une technique d’équipement « light », avec relais en dyneema et maillot de 5 mm sur goujons de 8/70 et 8/50, sans plaquette.  Ah oui, j’allais oublier!! Nous avons ouvert la plus haute cascade descendue à ce jour dans les Himalayas : 200 mètres! Nous avons passé 4 heures dedans… dont 3 de nuit! Sacré trip, on s’en souviendra de celui-là!

Bref vous l’aurez compris, que du bonheur encore une fois, on y retournera (l’année prochaine et après) et on vous invite expressément à aller découvrir ce pays si vous aimez les voyages, vous ne serez pas déçu, c’est garanti. Par exemple, au hasard, à l’occasion du RIC 2011. Tiens oui, c’est pas bête ca! Et pour l’acclimation me demandez-vous? Et bien je préconise un petit séjour canyon/spéléo/randonnée/escalade aux petits oignons dans les Pyrénées, l’Himalaya des massifs montagneux européens. L’est pas belle la vie?

Allez, a bientôt.

Yann


mar 13 2010

Une nouvelle discipline hivernale est née : « le Canyon on ice »

Un stage hivernal réservé à des spécialistes vient d’avoir lieu dans la vallée de Luz.

La vallée de Luz vient d’accueillir, du 11 au 14 février, le tout premier stage fédéral d’expertise de canyon hivernal dans les Hautes-Pyrénées. Il a été organisé par la Fédération française de spéléologie à destination de ses membres : moniteurs, pratiquants aguerris.

Laurent Poublan, membre d’ »Himalayan Canyon Team » et responsable des formations à l’Ecole française de canyon ; Serge Fulcrand, conseiller technique Jeunesse et Sports, ont encadré ce stage d’experts, en présence de Philippe Crétal, médecin spéléologue. Laurent Poublan évoque la finalité du stage, l’évolution de la pratique de descente de gorges et la spécificité du canyon hivernal.

Article du 18 février 2010 - "La Montagne"

Depuis quelques années déjà, certains professionnels dont ceux du Bureau des Guides d’Ariège ont descendu des canyons gelés lors de stages techniques professionnels. Le succès de cette nouvelle activité, et l’engouement des fédérations sportives pour cette discipline démontre qu’on n’a pas fini d’entendre parlé du « Canyon on ice » !

Quel est le but de ce genre de stage ?
Il s’agit de faire le point sur l’activité canyon hivernal à ce jour. On essaie d’en cerner les risques et de définir des consignes de sécurité. On étudie aussi les techniques nouvelles et on teste les nouveaux matériels.

Comment la pratique du canyon a évolué ?
Le canyon n’est plus seulement une activité d’été. C’est désormais une activité de pleine nature que l’on pratique toute l’année. Après 25 ans de pratique, elle a atteint sa maturité. Le canyon, hivernal, en neige et glace, relève cependant d’une pratique avant-gardiste, réservée à des spécialistes.

Quels sont les risques d’une pratique hivernale ?
En hiver, un incident devient vite un accident. L’été, si on se foule une cheville, on peut facilement attendre les secours, 2 heures, au soleil. L’hiver, c’est plus compliqué. Le blessé peut se retrouver en hypothermie. La nuit arrive plus vite l’hiver. Il faut anticiper les risques. Dans une eau à 1° ou 2°, la moindre défaillance d ans l’habillement – un trou dans la combinaison – peut avoir des conséquences graves. En neige et glace, on cumule tous les risques de la haute montagne : avalanche de neige, fonte ou rupture de cascade de glace. Dans un canyon, on est au fond, c’est-à-dire topographiquement au plus mauvais endroit. Si une avalanche tombe, elle va descendre au fond du canyon.

Descente du canyon de Belcaire (stage franco-canadien) Photo : Bureau des guides Ariegeois

Le plus important, c’est la maîtrise des conditions météo. Est-ce que la température va faire que la glace sera plus ou moins solide ? Est-ce que l’eau va plus ou moins couler ?

Peut-on imaginer une pratique grand public du canyon en neige et glace ?

On ne cherche pas à nier ce mouvement mais à l’accompagner. Il y a un attrait esthétique pour les magnifiques paysages du canyon en glace, mais la beauté camoufle le risque. Je crois que comme la cascade de glace, le canyon en glace peut avoir ses adeptes. Mais il ne sera pas accessible au grand public comme le ski hors-piste. Il restera une activité de spécialistes. En revanche, je pense que le canyon toutes saisons – plus particulièrement au printemps et à l’automne – peut toucher le grand public. Si on dit aux gens, venez faire du canyon, en mai, ou en octobre, sans avoir froid, dans un bel environnement, et sans la foule de l’été, je pense que ça peut marcher. Je crois même que cela peut  favoriser la pratique du canyon dans les Hautes-Pyrénées plutôt que d’aller en Sierra de Guara. Et ainsi augmenter la période de travail des professionnels.

Descente du canyon de Belcaire (stage franco-canadien) Photo : Bureau des guides Ariegeois

Quels types de canyon pratique t- on, de préférence, en hiver ?
Les canyons secs retrouvent un vrai attrait. Les canyons situés en face nord car ils ne vont pas trop présenter de fluctuations – fonte de glace, neige – dans la journée. Quel est le matériel utilisé ?
Les mêmes que ceux des autres disciplines de neige et de glace : Arva, crampons, piolets. Sur des vêtements polaires, nous enfilons des combinaisons sèches, entièrement étanches, utilisées, à l’origine, pour les grandes courses au large dans les pays nordiques. A l’intérieur, il y fait environ 25°.

Laurent POUBLAN


mar 8 2010

Alpinisme en Sierra de Cadi

Bonnes conditions ce w.e. en Sierra de cadi. Peu de monde dans le massif. Nous avons pu gravir le couloir de l’Ordiguer (450m./ D-) qui en ce moment est en super conditions, aucun passage mixte, tout est en neige jusqu’à la sortie. Les conditions de neige sont bonnes et l’enneigement est très conséquent sur le massif. Nous avons retracé la descente de la canal del cristall ce samedi qui est aussi en très bonne condition.

Dimanche, variante Est du couloir de l’Ordiguer (400m, D) en très bonne condition aussi. Le passage du bloc coincé en mixte est tout en glace. Nous sommes ensuite redescendus après le bloc coincé dans le couloir afin de réaliser des exercices à la descente.

Nuit au poulailler de l’auberge Cal Basté à Estana (www.estanacalbaste.com) et toujours un aussi bon accueil à l’auberge.

Canall del cristall et Roca de l'Ordiguer depuis le part de Cadi

Couloir de l'Ordiguer

couloir de l'Ordiguer

Descente Canall de Cristall

Sortie Ordiguer

Passage bloc coincé/ Variante Est