Rappelles toi que tu es un homme (M6/6 230 m)
Avec un début de Janvier Caniculaire et la naissance de mon deuxième fils, l’hiver 2012 ne se profilait pas vraiment comme un grand cru… C’était sans compter sur le froid Sibérien de début Février. Et là, la magie d’internet opère… Du fin fond des Pyrénées, nous apprenons que plusieurs cascades mythiques sont en conditions exceptionnelles.
Je propose à mon collègue guide Bruno Colla une excursion dans l’Alpes. Mais régler nos soucis d’organisation familiaux-professionnels nous prend quelques jours et le redoux s’amorce déjà. Pour la cascade des « Moulins Marquis » c’est déjà trop tard…
Je passe un coup de fil à Christophe Moulin qui m’annonce que son chef d’œuvre « Rappelles toi que tu es un homme » a été encore fait la veille et tiendra encore quelques jours. Après 6 h de route, nous voilà à pied d’œuvre…

Lever 4 h 30 et après une heure d’approche sur les skis dans la vallée du Couleau, le « monstre » apparait… J’attaque la première longueur, la plus dure, et d’entrée, le ton est donné ! Cette longueur de M6 sans être extrême, est plutôt engagée… Après 25 m de rocher, je me rétablis sur la glace pour 15 m déversant !


J’arrive à R1 déjà bien entamé et je suis bien content que Bruno passe devant.
Avec ses 52 ans, Bruno m’impressionne vraiment… Sa motivation et sa capacité à ne rien lâcher en font un compagnon de cordée de grande valeur.


Il effectue avec rapidité et élégance les 2 longueurs suivantes sur une glace travaillée et toujours bien raide. Nous arrivons au pied de la quatrième longueur. Celle-ci avait marqué mon imagination (et celle de nombreux glaciéristes je pense…) par la fameuse photo montrant « Moulinos » pendu par ses piolets, sans les pieds, sur un cigare suspendu en plein vide !!!

Cette année, le fameux tube touche… Après quelques mètre de rocher, un écart permet assez facilement de se rétablir sur celui-ci. La suite bien que soutenue reste classique et une dernière grande longueur en 5 nous permet de clôturer l’ascension.
Quatre grands rappels vertigineux nous ramènent au sol.

Le lendemain, nous projetons d’aller à Gramusat pour faire « Lacelle qui reste ». Malheureusement, les températures sont très élevées et nous ne voulons pas passer notre journée sous des épées de Damoclès ! Ce sera donc couenne au soleil avant de rentrer à la maison un peu déçu que le printemps soit déjà là, mais tellement content de cette magnifique journée en compagnie de Bruno sur une des cascades qui m’a fait le plus fantasmer…
Romain Wagner







































































